La vibration mystique des derviches
Malek Chebel - publié le 01/03/2011
Nous entendons tous parler des derviches tourneurs, de leurs rotations mystiques qui nous entraînent avec elles jusqu’à l’exhaustion et l’esseulement, de leur transe mystérieuse. Mais qui, vraiment, connaît l’origine du mouvement en dehors de vagues notions sur Djalâl ad-Dîn Rûmî (XIIIe siècle), le fondateur ? Qui peut comprendre dans le détail l’inspiration de cette danse et son effet exact sur l’individu ? Qui a suivi l’évolution de la confrérie mevlevi sans trébucher sur les noms ou sur les dates ?
À toutes ces questions, des réponses circonstanciées viennent d’être fournies par un ouvrage remarquable d’Alberto Fabio Ambrosio, ottomaniste dominicain vivant à Istanbul, Vie d’un derviche tourneur. L’auteur s’attache en particulier à suivre la pensée et l’action d’Ankaravi (XVIIe siècle), qui fut l’un des plus éminents disciples de Rûmî. Son ouvrage roboratif Minhaj al-fûqara (La Voie des pauvres, c’est-à-dire des soufis) est d’une richesse symbolique extrêmement élaborée. De fait, ayant pris le meilleur de son mentor et de son Mathnawî, certains passages du Minhaj sont d’une modernité qui surprendrait le non-initié. évidemment, ce n’est pas là un ouvrage complaisant ou qui flatte le goût superficiel de l’époque, mais celui qui l’approfondit s’en sort bien plus riche qu’auparavant : il sera un méditant, une station importante dans la gnose soufie. Dans ce même univers, j’aimerais signaler la parution d’une étude minutieuse de Jean During, en fait la énième dans ce domaine de l’audition mystique (le sama’). Déjà, nous étions très heureux de son ouvrage Musique et extase (Albin Michel, 1988) ; voilà que Jean During récidive pour notre plus grand bonheur. Deux auteurs, deux livres, une même pensée, une même fête pour l’esprit.
Malek Chebel - publié le 01/03/2011
Nous entendons tous parler des derviches tourneurs, de leurs rotations mystiques qui nous entraînent avec elles jusqu’à l’exhaustion et l’esseulement, de leur transe mystérieuse. Mais qui, vraiment, connaît l’origine du mouvement en dehors de vagues notions sur Djalâl ad-Dîn Rûmî (XIIIe siècle), le fondateur ? Qui peut comprendre dans le détail l’inspiration de cette danse et son effet exact sur l’individu ? Qui a suivi l’évolution de la confrérie mevlevi sans trébucher sur les noms ou sur les dates ?
À toutes ces questions, des réponses circonstanciées viennent d’être fournies par un ouvrage remarquable d’Alberto Fabio Ambrosio, ottomaniste dominicain vivant à Istanbul, Vie d’un derviche tourneur. L’auteur s’attache en particulier à suivre la pensée et l’action d’Ankaravi (XVIIe siècle), qui fut l’un des plus éminents disciples de Rûmî. Son ouvrage roboratif Minhaj al-fûqara (La Voie des pauvres, c’est-à-dire des soufis) est d’une richesse symbolique extrêmement élaborée. De fait, ayant pris le meilleur de son mentor et de son Mathnawî, certains passages du Minhaj sont d’une modernité qui surprendrait le non-initié. évidemment, ce n’est pas là un ouvrage complaisant ou qui flatte le goût superficiel de l’époque, mais celui qui l’approfondit s’en sort bien plus riche qu’auparavant : il sera un méditant, une station importante dans la gnose soufie. Dans ce même univers, j’aimerais signaler la parution d’une étude minutieuse de Jean During, en fait la énième dans ce domaine de l’audition mystique (le sama’). Déjà, nous étions très heureux de son ouvrage Musique et extase (Albin Michel, 1988) ; voilà que Jean During récidive pour notre plus grand bonheur. Deux auteurs, deux livres, une même pensée, une même fête pour l’esprit.