Nicaragua : l’Église, médiatrice mais prise pour cible
Publié le 24/07/2018 à 11h27 - Modifié le 24/07/2018 à 11h53Corine Chabaud
Esteban Felix/AP/SIPA
Le 9 juillet, des évêques, l’archevêque de Managua (la capitale) et le nonce apostolique ont été agressés dans la basilique de Diriamba. Le 17, les balles ont fusé sur Maria-Magdalena, l’église de Monimbo, un quartier rebelle de Masaya, repris par les forces antiémeute et les paramilitaires.
Nicaragua : “Les citoyens protestent contre un retour de la dictature“
Silvio Báez, l’évêque auxiliaire de Managua, blessé au bras ces jours-ci, n’a de cesse d’appeler le gouvernement à « cesser le massacre ». Sur Twitter, il se lamente de l’arrestation des leaders paysans, des jeunes torturés ou tués d’une balle dans la tête, et des tirs visant la communauté indigène de Masaya. Le cardinal Leopoldo Brenes, président de la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), n’hésite pas à désigner le gouvernement comme « unique responsable » de ces événements, lui reprochant son incapacité à dialoguer avec l’opposition.
Médiatrice dans le conflit actuel, l’Église a demandé au Président d’organiser des élections générales en 2019, au lieu de 2021. Mais elle n’a plus l’oreille de Daniel Ortega et subit aussi ses violences. La CEN a appelé à un jeûne le 20 juillet pour dénoncer la profanation des lieux de culte.
Si Ortega, dans les années 1980, s’était montré hostile à l’institution, autrefois soutien de la dictature de Somoza, il s’est ensuite posé en fervent catholique et s’est marié religieusement – le pays compte 58% de catholiques et 23% d’évangéliques. En 2006, il a fait voter l’interdiction totale de l’avortement, pourtant autorisé de longue date dans le pays. Aujourd’hui, les prêtres subissent aussi la répression féroce du régime.
Publié le 24/07/2018 à 11h27 - Modifié le 24/07/2018 à 11h53Corine Chabaud
Esteban Felix/AP/SIPA
Alors que la répression de la contestation entamée le 18 avril a fait environ 300 morts et 2000 blessés, l'Église catholique tente d'apaiser le conflit. Mais la confiance avec le président Daniel Ortega est rompue et l'Église subit elle aussi les violences.
Le 9 juillet, des évêques, l’archevêque de Managua (la capitale) et le nonce apostolique ont été agressés dans la basilique de Diriamba. Le 17, les balles ont fusé sur Maria-Magdalena, l’église de Monimbo, un quartier rebelle de Masaya, repris par les forces antiémeute et les paramilitaires.
Nicaragua : “Les citoyens protestent contre un retour de la dictature“
Silvio Báez, l’évêque auxiliaire de Managua, blessé au bras ces jours-ci, n’a de cesse d’appeler le gouvernement à « cesser le massacre ». Sur Twitter, il se lamente de l’arrestation des leaders paysans, des jeunes torturés ou tués d’une balle dans la tête, et des tirs visant la communauté indigène de Masaya. Le cardinal Leopoldo Brenes, président de la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), n’hésite pas à désigner le gouvernement comme « unique responsable » de ces événements, lui reprochant son incapacité à dialoguer avec l’opposition.
Médiatrice dans le conflit actuel, l’Église a demandé au Président d’organiser des élections générales en 2019, au lieu de 2021. Mais elle n’a plus l’oreille de Daniel Ortega et subit aussi ses violences. La CEN a appelé à un jeûne le 20 juillet pour dénoncer la profanation des lieux de culte.
Si Ortega, dans les années 1980, s’était montré hostile à l’institution, autrefois soutien de la dictature de Somoza, il s’est ensuite posé en fervent catholique et s’est marié religieusement – le pays compte 58% de catholiques et 23% d’évangéliques. En 2006, il a fait voter l’interdiction totale de l’avortement, pourtant autorisé de longue date dans le pays. Aujourd’hui, les prêtres subissent aussi la répression féroce du régime.