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Le scandale pédophile et Mgr Barbarin

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Marmhonie

Marmhonie
MODERATEUR
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Rappel du premier message :

Le Primat des Gaules, Monseigneur Marbarin, a protégé un curé pédophile.

Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 Image-4e76abc

En tant que catholique, pas d'état d'âme, qu'il soit chassé de l'Église immédiatement. Dehors cette racaille.
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Accusé d'avoir couvert les actes pédophiles d'un prêtre, le cardinal Barbarin pourrait démissionner
Février 2016

Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 Image-4e7697f

RELIGION -
Philippe Barbarin est dans la tourmente. Dans un entretien à La Croix paru mercredi 10 février, le cardinal a reconnu avoir été mis au courant des "comportements" d'un prêtre lyonnais, mis en examen pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts entre 1986 et 1991, "vers 2007-2008". Il a pourtant choisi de le conserver dans son ministère jusqu’en 2015.

"Une personne qui avait grandi à Sainte-Foy-lès-Lyon m’a parlé des comportements du Père Preynat, vers 2007-2008. J’ai alors pris rendez-vous avec lui pour lui demander si, depuis 1991, il s’était passé la moindre chose. Lui m’a alors assuré : 'Absolument rien, j’ai été complètement ébouillanté par cette affaire'", raconte l'archevêque de Lyon et primat des Gaules à propos de ce religieux, qu'il dit avoir "cru".

Des faits connus par les autorités ecclésiastiques dès 1991?
Mais selon son avocat, le père Bernard Preynat a déclaré "que les faits étaient connus par les autorités ecclésiastiques depuis 1991". Résultat, La Parole Libérée, association de victimes du Père Preynat, veut attaquer Philippe Barbarin pour "non dénonciation de faits d’agressions sexuelles". La démission du cardinal est même désormais évoquée par son entourage selon Lyon Mag.

Une plainte contre le cardinal Barbarin? par TLM
Interrogée par la télévision locale TLM (voir à la fin de la vidéo ci-dessus), Régine Maire, que Lyon Mag qualifie de "voix du diocèse dans ce dossier épineux", a affirmé que le cardinal avait "pris conscience" de la gravité des faits et "était libre pour assumer les conséquences, jusqu'au bout, si dramatiques soient-elles". "La démission, peut-être, quelque chose comme ça", a-t-elle admis alors qu'on l'interrogeait à ce sujet.

"Au moins trois plaintes seront déposées dans les prochains jours" contre le cardinal Barbarin, selon Lyon Mag. Elles émaneraient de victimes du Père Preynat et non de l'association La Parole Libérée, cette dernière ne pouvant "se constituer partie civile avant 5 ans".
http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/16/cardinal-philippe-barbarin-actes-pedophiles-pretre-demission_n_9242756.html

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Les dernières déclarations de l’archevêque n’ont pas tardé à faire réagir les victimes présumées du prêtre. Les quatre anciens scouts, pour lesquels les faits ne sont pas prescrits, devraient déposer plainte prochainement à l’encontre du Primat des Gaules pour « non dénonciation de faits de pédophilie ».
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Cette plainte viserait également Régine Maire, membre du conseil épiscopal du diocèse de Lyon et chargée par le cardinal de recevoir les victimes, mais aussi le cardinal Gerhard Ludwig Müller et Mgr Luis Francisco Ladaria Ferrer, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, auxquels le cardinal Barbarin avait référé de cette affaire.
«Cette plainte était d’actualité avant ses déclarations car nous avions les preuves que la hiérarchie du prêtre était au courant. C’est assez surprenant que l’archevêque ait fini par parler spontanément, qu’il change radicalement de version. Avec ses mensonges, son discours de vérité ne tient plus », estime Bertrand Virieux, membre actif de La Parole Libérée.
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 Image-4e7694a

Les déclarations contradictoires de l'archevêque
En janvier, le jour même où des victimes présumées organisaient une conférence de presse pour médiatiser l'affaire, le diocèse publiait sur son site internet un nouveau communiqué. Le cardinal assurait alors avoir reçu les premiers témoignages au sujet de ce prêtre à l’été 2014. « Il a donc demandé que soit conduite une enquête (…) C’est à l’issue de cette enquête, et quoique les faits reprochés soient anciens, qu’il a décidé de lui retirer toute forme de ministère au 18 mai 2015 », indiquait l’archevêché.

Finalement, le 11 février dernier, soit trois semaines après la mise en examen du prêtre pour « agressions sexuelles sur mineurs », l’archevêque reconnaissait, dans une interview  publiée dans La Croix, avoir été alerté des agissements du curé dès 2007-2008. Des déclarations répétées dans une interview accordée à RCF, depuis laquelle le cardinal, actuellement en déplacement en Afrique selon son entourage, refuse tout autre sollicitation médiatique.
http://www.20minutes.fr/lyon/1787923-20160216-pretre-soupconne-pedophilie-comment-barbarin-retrouve-pleine-tourmente


papy

papy
Abus sexuels : L’Église américaine en état de choc
Publié le 28/08/2018 à 18h24 - Modifié le 28/08/2018 à 18h40Henrik Lindell
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 92426_analyse-eglise-americaine-sous-choc-pape-francois
Le pape François, ici en prière à Knock Shrine, en Irlande le 26 août, a demandé pardon pour les décennies d’abus commis par l’Église locale. ©️ AFP PHOTO/WMOF18/MAXWELL

Les révélations sur les affaires d’abus sexuels suscitent une profonde crise de confiance chez les catholiques américains, y compris dans une partie du clergé.



« Nous traversons maintenant la plus grave crise que le catholicisme américain moderne ait connue. » L’affirmation est de Rocco Palmo, un des spécialistes de l’Église et des chroniqueurs les plus respectés outre-Atlantique, après la publication le 25 août par l’ancien nonce Carlo Maria Vigano d’une lettre affirmant que le pape aurait couvert le cardinal Theodore McCarrick – accusé d’abus sexuels et de pédophilie – pendant cinq ans, avant de le sanctionner seulement cet été sous la pression. Le document culmine avec un appel à la démission de François. Il est le dernier rebondissement spectaculaire d’une crise qui frappe l’Église américaine ces dernières semaines.
Le malaise provoqué par les scandales de pédophilie et d’abus sexuels est tel qu’il suscite des scènes inédites aux États-Unis : à Washington, à Philadelphie et dans d’autres grandes villes, des catholiques manifestent devant des cathédrales, appelant tel ou tel prélat à...

Josué

Josué
Administrateur
Bono a abordé ce mercredi avec le pape François les nombreux scandales d’agressions sexuelles imputables au clergé dans le monde, et évoqué « la douleur » sincère du souverain pontife argentin à ce sujet.
« Comme j’arrivais tout juste d’Irlande nous avons parlé des sentiments du pape sur ce qui s’est passé dans l’Eglise et j’ai expliqué que nombreux étaient ceux qui avaient l’impression que ceux qui commettaient les abus étaient plus protégés que les victimes », a précisé Bono au cours d’un point de presse au Vatican.

« J’ai tant souffert »


« Vous pouvez voir la douleur sur son visage. Et j’ai eu le sentiment qu’il était sincère. C’est un homme extraordinaire dans des temps extraordinaires », a commenté la pop star de 58 ans. « J’ai tant souffert » en parlant avec huit victimes irlandaises d’abus sexuels, avait lui-même confié le pape François​ après un voyage de deux jours en Irlande fin août.
Bono s’est entretenu durant une demi-heure ce mercredi avec le pape dans sa résidence Sainte-Marthe, au Vatican, accompagné du président du réseau éducatif argentin Scholas Occurrentes, José Maria del Corral. Ce réseau a été lancé avec quelques jeunes à Buenos Aires et le soutien très actif de Jorge Bergoglio, alors archevêque de la ville. Il fédère aujourd’hui 400.000 écoles publiques et privées sur les cinq continents.

MONDE

Le pape évoque sa «honte» de «l'échec» de l'Eglise face aux «crimes ignobles» du clergé en Irlande


Josué

Josué
Administrateur
[size=33]Pédophilie: Le pape exclut de l’Eglise un prêtre chilien condamné[/size]

SCANDALE Fernando Karadima est réduit à l’état de simple laïc, la plus lourde sanction possible pour un ecclésiastique…

20 Minutes avec AFP
 
Publié le 28/09/18 à 20h10 — Mis à jour le 28/09/18 à 21h18


Le pape François a réduit vendredi à l’état laïc Fernando Karadima, un ancien prêtre charismatique chilien condamné pour pédophilie, une affaire qui avait empoisonné le voyage du chef de l’Eglise catholique au Chili en janvier. « Le Saint-Père a pris cette décision exceptionnelle en conscience et pour le bien de l’Eglise », a expliqué le Vatican dans un communiqué.
Fernando Karadima, désormais âgé de 88 ans, a été condamné par la justice chilienne pour des actes de pédophilie en 1980 et 1990. Parallèlement, il avait aussi été condamné en 2011 par la justice religieuse à se retirer pour « une vie de prière et de pénitence » à l’issue d’une procédure canonique au Vatican.

Fernando Karadima n’a plus le droit de dire la messe ou d’administrer les sacrements


C’est cette procédure que le pape François a complétée en alourdissant la peine à son niveau maximal, par un décret signé jeudi et notifié vendredi à l’intéressé. Ce dernier est ainsi « dispensé de toutes ses obligations ecclésiales » et n’a plus le droit de dire la messe ou d’administrer les sacrements.
En avril 2011, l’Eglise du Chili avait demandé pardon pour toutes les agressions sexuelles d’enfants commises par des membres du clergé et pour son manque de réactivité. L’affaire était cependant revenue au premier plan en 2015 avec la décision de François de nommer Mgr Juan Barros évêque d’Osorno, alors qu’il était soupçonné d’avoir couvert les agissements de Fernando Karadima. Au cours de sa visite au Chili en début d’année, le pape argentin avait d’abord pris la défense de Mgr Barros, réclamant « des preuves » de son implication, avant de présenter ses excuses et d’engager l’Eglise du Chili dans une vaste opération de remise en question.

Le pape a reçu au Vatican trois victimes de Fernando Karadima


Fin avril, le pape avait longuement reçu au Vatican trois victimes de Fernando Karadima, avant de convoquer mi-mai tous les évêques du Chili pour trois jours de réflexion, à l’issue desquels ils avaient tous remis leur démission. Depuis, le pape a accepté sept de ces démissions, dont celles de Mgr Barros et de plusieurs évêques directement soupçonnés d’agressions sexuelles. 

Josué

Josué
Administrateur
[size=33]Pédophilie: L'archevêché chilien déconseille aux prêtres d' «embrasser sur la bouche» les enfants[/size]

SCANDALE L'Eglise chilienne a très vite retiré son guide de bonne conduite...

20 Minutes avec AFP
 
Publié le 02/10/18 à 03h40 — Mis à jour le 02/10/18 à 03h40


En plein scandale de pédophilie au sein de l'église catholique chilienne, l'archevêché de Santiago a publié brièvement sur Internet un guide destiné aux prêtres leur conseillant d'«éviter» de pratiquer des «massages», d'«embrasser sur la bouche» les enfants ou de «toucher leurs parties génitales».
Ce document, intitulé «Orientations pour développer une bonne relation et une saine coexistence pastorale» et signé de l'archevêque de la capitale chilienne Ricardo Ezzati, a été publié sur le site officiel de l'archevêché, avant d'être retiré en fin de semaine dernière face au tollé.
Mgr Ricardo Ezzati doit être entendu mercredi par le parquet régional de Rancagua afin de répondre aux accusations de dissimulation d'agressions sexuelles, en plein scandale de pédophilie et d'omerta qui ébranle le clergé chilien. Son audition par la justice, initialement prévue pour août, avait été reportée à la demande de ses avocats.

«Façons inappropriées de démontrer son affection»


Sur ces neuf pages, un passage est consacré aux «marques d'affection». On peut y lire: «si notre mission consiste à montrer l'amour du Père et favoriser la rencontre avec le Christ, il existe des façons inappropriées de démontrer son affection et sa proximité, lesquelles doivent être évitées».
Le texte recommande ainsi d'«éviter» les «étreintes trop prolongées», «les tapes sur les fesses, de toucher les parties génitales ou la poitrine», de «s'allonger ou de dormir à côté d'enfants ou d'adolescents».
L'archevêché déconseille également de «pratiquer des massages», «les jeux qui impliquent des contacts inappropriés», «embrasser sur la bouche les enfants, les adolescents ou les personnes vulnérables».

«Etat de choc»


La Défenseure chilienne des enfants Patricia Muñoz s'est déclarée en «état de choc» après la lecture de ce document. «Nous avons commis une erreur et nous allons la réparer», a expliqué l'évêque auxiliaire de Santiago, Cristian Roncagliolo.
«Nous avons demandé pardon. Il y avait des erreurs (dans la version du guide retirée), peut-être que notre erreur est d'avoir voulu apporter des choses d'autres cultures. Nous sommes en train de les réparer, très prochainement nous allons pouvoir le porter (à nouveau) à l'attention de l'opinion publique», a ajouté l'archevêché.
L'Eglise catholique chilienne est en pleine tourmente depuis la visite du pape François en janvier et la multiplication des enquêtes judiciaires - actuellement au nombre de 119 - pour agressions sexuelles présumées commises par des membres de l'Eglise sur des mineurs et des adultes depuis les années 1960.

Josué

Josué
Administrateur
A la CDF, le cardinal Coccopalmerio recommandait l’indulgence à l’égard des prêtres prédateurs sexuels
3 octobre 2018 12 h 30 min·
cardinal Coccopalmerio indulgence pretres prédateurs sexuels CDF

Un nouvel essai dû à la plume de Benjamin Leven, théologien et éditorialiste allemand, s’intéresse au rôle joué par le cardinal Francesco Coccopalmerio dans la mise en place d’une politique d’indulgence au sein de la Congrégation pour la Doctrine de la foi (CDF) à l’égard des prêtres convaincus d’agressions sexuelles. L’essai est à paraître dans le numéro d’octobre de la revue allemande Herder Korrespondenz, et il est le fruit des recherches de Benjamin Leven qui vit à Rome et possède de bons contacts au sein de la Curie. S’intéressant plus largement au rôle joué par le pape François dans l’occultation ou la levée de sanctions à l’égard de prêtres prédateurs sexuels, l’auteur met en évidence certaines démarches attribuées au cardinal, et qui ont manifestement été suivies d’effet.

Citant des sources vaticanes, Leven rappelle par exemple l’affaire de Don Mauro Inzoli, le tristement célèbre « don Mercedes » connu pour son amour des voitures de luxe et ses prédations sexuelles sur des garçons à peine âgés de 12 ans, jusque dans le confessionnal : le prêtre italien avait été soumis à des sanctions canoniques que le pape François s’est empressé de lever. L’ecclésiastique avait été condamné, suspens a divinis par un tribunal ecclésiastique en 2012. Contre l’avis et les mises en garde du cardinal Müller, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, François a permis à Inzoli de reprendre ses fonctions sacerdotales en 2014, notamment en raison de l’insistance des amis de ce dernier, Mgr Vito Pinto et le cardinal Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs et membre de la CDF depuis 2010.


L’indulgence à l’égard des prêtres prédateurs sexuels soufflée au pape par un cardinal au jeu trouble

Depuis lors, Inzoli, qui avait reçu l’ordre de ne pas approcher les jeunes, a participé à une conférence sur la famille en Lombardie en 2015 (mais oui !) avant d’être rattrapé par son passé qui lui a valu une condamnation pénale devant la justice italienne pour agressions sur mineurs. Tout cela n’a pas empêché le cardinal Coccopalmerio d’être nommé en 2015 par le pape François membre d’un nouveau bureau de la CDF chargé d’examiner les appels de prêtres accusés d’abus sexuels. Dans son témoignage publié fin août, Mgr Carlo Maria Viganò désignait Coccopalmerio comme faisant partie du lobby homosexualiste au Vatican. Le cardinal venait de présenter sa démission au pape François quelques mois plus tôt, en avril, démission acceptée de la part de cet homme de 80 ans, et qui n’a rien d’une disgrâce.

Dans son récit, Benjamin Leven raconte l’abominable orgie « slam » – sexe gay et cocaïne – qui s’est déroulée dans un appartement situé dans le palais du Saint-Office loué à l’époque par Mgr Luigi Capozzi, secrétaire du cardinal Coccopalmerio. Il confirme en passant que c’est bien le pape François qui est intervenu pour que Capozzi se voie attribuer cet appartement pourtant « destiné à un autre collaborateur » de la CDF, ajoutant que plusieurs mises en garde à propos du personnage avaient été faites auprès du pape qui n’en avait pas tenu compte.


A la CDF, le cardinal Coccopalmerio récusait la peine de réduction à l’état laïque

Leven souligne également que le cardinal Coccopalmerio lui-même s’affirmait en général « contre la réduction à l’état laïque » des prêtres méritant une punition. « Ce cardinal de Curie voyait dans cette réduction à l’état laïc une sorte de “peine de mort” pour le prêtre. » Peine qui est, nous le savons depuis la modification du Catéchisme de l’Eglise catholique par le pape François, « inadmissible ».

Selon Benjamin Leven, c’est une position défendue par le cardinal Coccopalmerio depuis le moment où il est entré à la CDF en 2010. Celle-ci dispose depuis 2001 de l’autorité judiciaire en vue de l’examen des affaires d’abus sexuels, rappelle l’auteur, ajoutant que Coccopalmerio « proposait régulièrement des sanctions légères » dans les dossiers dont il avait à connaître.

Alors que le cardinal Müller a déclaré récemment à LifeSiteNewsque certains « confidents du pape » estimaient qu’il faisait preuve de « manque de miséricorde » en traitant des affaires d’abus sexuels à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, ces réflexions de Benjamin Leven laissent à penser que le cardinal Coccopalmerio lui-même a bien pu résister à son confrère allemand, dont on a aujourd’hui tout lieu de croire qu’il a été chassé de son poste de préfet en raison de sa sévérité et de son intransigeance dans ses dossiers.

Müller a expliqué à LifeSite qu’« un certain groupe de personnes accusait la Congrégation de faire preuve de trop de sévérité et d’un manque de miséricorde en matière de procès canoniques, notamment en ce qui concerne les punitions imposées. Seuls 20 % étaient frappés d’une réduction à l’état laïc, le reste se voyait infliger d’autres punitions, mais c’en était déjà trop pour certains confidents du pape », disait le cardinal allemand en qualifiant ceux-ci de Papsteinflüsterer. C’est-à-dire : des hommes qui murmurent à l’oreille du pape.

On n’en a pas la certitude mais le cardinal Coccopalmerio semble décidément taillé pour le rôle.


Des orgies gays du secrétaire de Coccopalmerio à l’action contre les ecclésiastiques chargés de l’examen des dossiers d’abus sexuels

Mais il y a plus grave encore, puisque tout cela renforce l’impression que nous avons affaire à un pape qui refuse d’agir contre certains prédateurs sexuels, voire qui les protège.

Selon Benjamin Leven, c’est du fait d’une intervention du pape que plusieurs prêtres travaillant au département disciplinaire de la CDF chargés de cas d’abus sexuels ont été jetés dehors – chose dont s’était vivement plaint le cardinal Müller avant d’être lui-même viré de manière abrupte. Il ajoute que, selon ses sources, ces postes sont restées vacants depuis.

Benjamin Leven révèle également que c’est le pape lui-même qui a mis fin au projet de « mettre en place une cour criminelle permanente » chargée de juger les évêques soupçonnés d’être impliqués eux-mêmes dans des affaires d’abus sexuels. Il se trouve en effet que la CDF n’a pas juridiction sur les évêques : « Pour ce qui les concerne, c’est le pape lui-même qui est juge. » Et c’est donc François qui selon l’éditorialiste allemand a décidé de « laisser tomber » le projet d’organe judiciaire spécifique.

L’auteur en tire cette conclusion : « Il semble que nous soyons devant une situation ambivalente : le pape affronte le problème, il est également capable d’intervenir, et il rencontre régulièrement des victimes d’abus. Mais dans le même temps, il détourne le regard dans des cas spécifiques et se montre imperméable aux conseils. »

Au fond, c’est la marque de notre temps et plus encore de ce pontificat : la marque de la confusion et même des contradictions qui chez certains, finissent même par annihiler le sens critique plus que jamais nécessaire.


Jeanne Smits


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Josué

Josué
Administrateur
[size=36]Le cardinal Müller confirme : l’enquête sur une agression sexuelle imputée au cardinal Murphy-O’Connor a bien été interrompue[/size]
5 octobre 2018 11 h 00 min·
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 Cardinal-Muller-enquete-agression-sexuelle-cardinal-Murphy-Connor-interrompue-e1538737820565
 
Quelque peu poussé dans ses retranchements par un journaliste de LifeSiteNews, le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, a reconnu qu’une enquête en cours dans le cadre de ce dicastère à l’encontre du cardinal Murphy-O’Connor a bien été interrompue faute d’approbation du pape François, dont l’accord est indispensable pour toute procédure d’investigation visant un cardinal. Voilà qui vient renforcer l’idée que le cardinal britannique ait pu bénéficier d’une protection pontificale.
 
La chose est d’autant plus remarquable que le dit Murphy-O’Connor faisait partie du « groupe de Saint-Gall » – ou « mafia de Saint-Gall » comme aime à le désigner un autre de ses membres, le cardinal Danneels – constitué pour éviter l’élection du cardinal Ratzinger ou d’un cardinal conservateur à la chaire de Pierre, et pour promouvoir un homme du style de Bergoglio.
 

Le cardinal Müller dit ne pas vouloir rompre le “Secret pontifical”
 
C’est à l’occasion d’une réunion à Washington DC, la conférence du Napa Institute sur la réforme catholique authentique que le cardinal a répondu au moins partiellement à la question précise d’une journaliste de LifeSiteNews. Avait-il oui ou non été interpellé par le pape François en vue de mettre fin à une enquête en cours contre Murphy-O’Connor, accusé d’agression sexuelle par une femme britannique parlant de faits remontant aux années 1960 alors qu’elle avait 13 ou 14 ans ?
 
Dans un premier temps, le cardinal Müller a répondu qu’il était « lié par le Secret pontifical », ajoutant cependant qu’il faut « l’approbation du pape pour une enquête » visant un cardinal.
 
On lui rappela que certaines sources d’information laissent penser qu’il avait mené à bout cette enquête, plutôt que de l’avoir interrompue en l’empêchant de se poursuivre. LifeSite lui demanda dans la foulée s’il voulait bien confirmer publiquement que l’enquête avait été stoppée, et non menée à bien : sur ce point, le cardinal Müller a accepté de répondre « oui ».
 

Une enquête ouverte contre le cardinal Murphy-O’Connor pour agression sexuelle a bien été interrompue
 
Prises ensemble, ces déclarations mettant en parallèle l’obligation du respect du Secret pontifical et la confirmation d’une décision prise, même sans que la raison de celle-ci en soit donnée, rend pour le moins vraisemblable l’existence d’une intervention ou à tout le moins d’un refus d’approbation de la part du pape François quant à l’enquête menée un propos d’un cardinal – aujourd’hui défunt – que l’on peut compter parmi ses soutiens.
 
Le fait de savoir si le cardinal Murphy-O’Connor a participé à l’agression sexuelle dont la femme britannique a certainement été victime de la part d’un prêtre pédophile notoire, Michael Hill, si bien que le diocèse d’Arundel et Brighton lui avait versé une compensation, est une autre question. On sait en tout cas que le cardinal britannique a transféré ce prêtre vers un nouveau poste comme aumônier de Gatwick où il est de nouveau passé à l’action.
 
On sait aussi, d’après une source anglaise sérieuse citée par LifeSite, qu’une enquête policière a été ouverte en Angleterre contre le cardinal, que la crédibilité de la victime n’a pas été d’emblée écartée, mais que, faute de preuves concordantes, les investigations sont restées au point mort, sans jamais être closes toutefois. On sait aussi que l’archidiocèse de Westminster a carrément refusé d’examiner la plainte de cette victime, au mépris des protocoles établis par l’Eglise, et que c’est par le biais de deux autres diocèses, Portsmouth et Northampton, que l’affaire a atterri sur le bureau de la Congrégation pour la Doctrine de la foi en 2011. Mais à cette époque-là, la victime elle-même n’avait pas été interrogée personnellement par les responsables de ce dicastère, dont le préfet était alors le cardinal William Levada.
 

Le cardinal Müller a reçu des ordres du pape en septembre 2013 à propos d’un cardinal ami de celui-ci
 
C’est en 2013 que l’évêque de Northampton, qui connaît la victime et l’estime « crédible » en tant que personne, a insisté pour que la CDF rouvre l’enquête, selon une source anglaise longuement citée par LifeSiteNews. Et c’est alors que le cardinal Müller l’a relancée.
 
Pour la voir tuée dans l’œuf par le pape lui-même ? François a fait irruption, selon le vaticaniste italien Marco Tosatti, en septembre 2013, lors d’une messe célébrée par le cardinal Müller pour lui faire part avec irritation de « quelques ordres à propos d’un dossier concernant un de ses amis, un cardinal »…
 
Tout cela tend à justifier l’accusation lancée par Mgr Carlo Maria Viganò dans son deuxième témoignage à l’encontre de François, où il parle de la décision de ce dernier de « mettre fin à l’investigation d’allégations d’abus sexuels à l’encontre du cardinal Cormac Murphy-O’Connor ».
 
La question n’est pas, répétons-le, de savoir si celui-ci était coupable ou non, mais de noter qu’une enquête qu’il aurait fallu mener du fait des accusations visant ait été interrompue de manière irrégulière.
 

Josué

Josué
Administrateur
[size=33]Affaire Barbarin: Le Vatican refuse de comparaître au procès[/size]

IMMUNITE Les victimes dénoncent une manoeuvre pour «esquiver la justice»...

C.G. avec AFP
 
Publié le 18/10/18 à 10h13 — Mis à jour le 18/10/18 

Le Vatican a refusé de délivrer à l’un de ses responsables une citation à comparaître dans l’affaire de non-dénonciation d’agressions sexuelles concernant le cardinal Philippe Barbarin, invoquant une « immunité » que les parties civiles dénoncent comme une manœuvre « permettant d’esquiver la justice ».
D’anciens scouts de la région lyonnaise avaient cité à comparaître l’Espagnol Luis Francisco Ladaria Ferrer, pour complicité, début janvier devant le tribunal correctionnel de Lyon.

L’homme ne pouvait ignorer les faits


Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican avait été consulté en 2015 par le cardinal Philippe Barbarin sur le cas d’un prêtre de son diocèse, mis en cause par les plaignants.
Le prélat espagnol avait alors conseillé à l’archevêque de Lyon de prendre « les mesures disciplinaires adéquates tout en évitant le scandale public », dans un courrier saisi en perquisition par les enquêteurs. C’est-à-dire « de ne pas saisir la justice », selon les avocats des victimes.

Immunité pénale


Leur citation à comparaître, après quelques péripéties de procédure, avait été transmise durant l’été au Vatican par les autorités françaises.
Dans une « note verbale » adressée le 17 septembre au Quai d’Orsay et transmise à la justice lyonnaise, que l’AFP a pu consulter, les autorités romaines soulignent que le prélat espagnol a échangé avec le cardinal Barbarin « dans l’exercice de fonctions souveraines », en sa position au sein de l’organisation du Saint-Siège, et que le droit international reconnaît une immunité pénale aux agents publics pour les actes accomplis au nom du Souverain pontife.

Le Vatican intouchable


« Le Tribunal du Vatican a donc considéré l’instance inacceptable et a établi qu’il ne procéderait pas à la notification de la citation au Cardinal Ladaria », conclut le document.
Pour François Devaux, un des fondateurs de l’association lyonnaise La Parole Libérée qui a initié la procédure, cette décision « met bien en évidence le problème particulier de l’Eglise : un système permettant d’esquiver la justice, un Etat permettant de protéger le système ».
Les plaignants reprochent à Mgr Barbarin de ne pas avoir dénoncé les agissements du père Bernard Preynat, le prêtre mis en cause, quand il en fut informé au milieu des années 2000 par un tiers, puis en 2014 par une victime ; et de l’avoir maintenu en fonction, au contact d’enfants, jusqu’en 2015 au sein du diocèse de Lyon.
Ils souhaitaient que le prélat du Vatican pût comparaître aux côtés du Primat des Gaules et de cinq autres responsables religieux devant la 7e chambre du tribunal correctionnel de Lyon, afin d’y dénoncer les silences de l’ensemble de l’institution catholique sur les faits de pédophilie.

Josué

Josué
Administrateur
Abus sexuels : “Tout évêque convoqué se rendra devant les parlementaires”
Publié le 17/10/2018 à 15h25 - Modifié le 17/10/2018 à 16h54Sixtine Chartier et Sophie Lebrun
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 93780_eveque-de-dos
©️ M.MIGLIORATO/CPP/CIRIC

Plutôt qu’une « commission d’enquête », le Sénat se dirige vers une « mission d’information parlementaire » sur les abus sexuels sur mineurs dans l'Église et d'autres organisations. La Conférence des évêques de France, les Scouts et guides de France et des intellectuels catholiques ont réagi pour La Vie.


La commission des lois au Sénat a jugé irrecevable, mercredi 17 octobre, la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la pédophilie dans l'Église, portée par le groupe socialiste. On se dirige à présent vers une mission d'information parlementaire, moins contraignante, et élargie à d'autres organisations en lien avec la jeunesse.
Abus sexuels : Une mission d’information parlementaire élargie au-delà de l'Église
À la Conférence des évêques de France (CEF), on annonce sans détour « On est dans une coopération totale avec la justice, nous serons en coopération totale avec la mission d'information. Bien évidemment que tout évêque convoqué se rendra devant les parlementaires », explique Vincent Neymon, directeur de la communication. La CEF s'était étonnée, à la parution de la tribune pour une commission d'enquête parlementaire sur la pédophilie dans l’Église, du champ restreint de cette proposition. « Nous avions alerté avec d'autres sur le sujet de cette commission : nous pensions et nous pensons toujours qu'on peut attendre du Parlement qu'il soit juste et s'occupe de l'ensemble de la société », ajoute le directeur de la communication des évêques, avant de préciser : « Maintenant notre questionnement reste le même : est-ce que ce mode choisi suffira à remplir la mission qu'on lui donne ? »
Lors de leur prochaine assemblée plénière à Lourdes, qui débute le 3 novembre, les évêques échangeront notamment sur la création d'une commission d'enquête indépendante. « La question pour nous n'est pas seulement de faire la vérité sur les faits mais que ce soit aussi une vérité utile, qui serve à lutter pour le présent et le futur contre la pédophilie en analysant les raisons qui ont amené que ces faits soient commis mais aussi qu'ils aient été couverts », précise Vincent Neymon.
Le fait que la mission soit élargie à tous les lieux d'accueil d'enfants est une bonne nouvelle.
- Les Scouts et guides de France

Pour les Scouts et guides de France, « le fait que ce soit élargi à tous les lieux d'accueil est une bonne nouvelle, souligne leur délégué à la communication François Mandil. Nous serons pleinement disponibles pour contribuer. Il faudra d'ailleurs un jour également travailler sur la question des agressions au sein des familles et les processus publics de protection de l'enfance. »
Commission d'enquête parlementaire : ce qu'en disent les victimes
Aux yeux de Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, « cela aurait été une erreur de faire une commission d'enquête parlementaire uniquement sur les cas dans l'Eglise »« Pour sortir des comparaisons vaseuses qui circulent régulièrement, c'est très important de regarder cette question des abus sur mineurs partout en France et observer comment cela touche la famille, les milieux sportifs, l'éducation au même titre que l’Église. On a beaucoup d'images d'Épinal autour de l'abus sexuels sur mineurs – quel que soit le contexte, la situation, l'âge de l'enfant – et cette mission d'information peut clarifier les choses. » Cette approche choisie par les parlementaires ne nie-t-elle pas la différence fondamentale entre le prêtre et l'éducateur ? « Cette mission d'information va peut-être même montrer que cette différence existe, répond Jean-Louis Schlegel. L'avantage dans la démarche aujourd'hui est qu'une parole officielle va venir donner des indicateurs et cela nous permettra de dépasser nos ressentis et impressions – même s'ils sont justes. »
L'avantage de la démarche actuelle est qu'une parole officielle va venir donner des indicateurs et cela nous permettra de dépasser nos ressentis et impressions.
- Jean-Louis Schlegel, sociologue

Le sociologue rappelle l'ampleur du débat et les prémisses déjà présents dans la société : « Lors d'un récent travail législatif, on a vu ressortir des débats houleux autour du consentement des filles de moins de 15 ans. » Preuve s'il en fallait une de plus, à ses yeux du besoin urgent de clarification.
« Il n’est jamais mauvais de faire rentrer de la lumière dans les recoins de notre société », estime Jean-Noël Dumont, philosophe, auteur en 2017 de Pour une alternative catholique (Cerf). « C’est le pari de notre société de la transparence. » Avec le risque néanmoins d’un « lynchage ou d’une épuration où chacun se donne bonne conscience » sans vraiment résoudre le problème. « Quand on projette une lumière, celui qui est le plus caché est celui qui tient le projecteur », fait-il observer.
Il n’est jamais bon qu’une assemblée d’élus prenne une posture de juge, ce qui reviendrait à une forme de tribunal révolutionnaire.
- Jean-Noël Dumont, philosophe

Quant à la mission d’information parlementaire en tant que telle, « il faut encourager ce travail » car « on ne lave pas le linge sale en famille ». Le philosophe se montre cependant « perplexe devant l’idée que des parlementaires aient une fonction d’enquête parce que c’est une confusion du juridique et du législatif. » « Il n’est jamais bon qu’une assemblée d’élus prenne une posture de juge, ce qui reviendrait à une forme de tribunal révolutionnaire. » Le cadre de la « mission d’information » devrait donc être plus adapté que celui de la « commission d’enquête ».
Et la possible instrumentalisation politique dans le contexte de la révision des lois de bioéthique où l’Église tente de faire entendre sa voix ? « C’est inévitable à partir du moment où un débat, quand il est mis sur la place publique, prend une dimension politique, et donc fait appel à des rapports de force, reconnaît le philosophe. Ce qui me scandalise, ce sont ceux qui font mine de l’ignorer. »

Josué

Josué
Administrateur
Abus sexuels : “Les Églises d'Afrique devront aussi affronter leurs démons”
Publié le 29/11/2018 à 14h54 - Modifié le 29/11/2018 à 17h39Bernard Ugeux
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 94745_eglise-africaine-000-par8340864-1
Des religieuses lors d'une visite du pape François à Nairobi en 2016. ©️ GIUSEPPE CACACE / AFP

À la suite d'une déclaration commune de l'Union internationale des supérieures générales contre les abus dans l'Église, publiée le 23 novembre, le père blanc Bernard Ugeux, missionnaire en Afrique sub-saharienne, témoigne de la lutte pour la protection des mineurs et des personnes vulnérables dans son quotidien.


La déclaration de l’Union internationale des supérieures générales (UISG) sur les « abus de toutes sortes » à l’encontre des consacrées m’apporte un grand soulagement. Cette question se pose dans le monde entier, mais je me situe ici dans le lieu où j’exerce mon ministère, c’est-à-dire en Afrique Sub-saharienne, où je circule beaucoup pour la formation permanente des consacrés. Engagé dans la formation de prêtres délégués à la protection des mineurs et des personnes vulnérables (en lien avec l’Université Grégorienne à Rome), j’ai toujours insisté sur le fait que face à un prêtre, particulièrement en Afrique, les religieuses (et les autres femmes et jeunes filles) sont aussi des personnes vulnérables, vu le « pouvoir sacré » et le capital symbolique que représente un prêtre largement sacralisé dans nos régions. 
Alors qu’il est si difficile de parler d’abus sur mineurs, dans les écoles, et encore plus dans les familles, les abus du clergé sur les religieuses souffrent d’une omerta totale. Pour la religieuse qui tombe enceinte, c’est l’exclusion immédiate de sa congrégation, pour le prêtre c’est au maximum un déplacement de lieu, car il est bien souvent considéré comme la victime d’une entreprise de séduction de la part d’une Sœur. Certes, il faut reconnaître qu’il y a des religieuses qui cherchent à séduire des prêtres. Cela se rencontre plutôt chez les membres de congrégations diocésaines locales qui souffrent de manque de moyens pour aider leur famille. Il y a aussi d’autres raisons qu’on peut rencontrer partout où on vit la mixité.
Ce qui importe, c’est d’abattre le mur construit par les prédateurs pour réduire les victimes au silence, avec la complicité de leurs responsables. Jusqu’à présent, les Églises d’Afrique ont été à l’abri des journalistes d’investigation. Ce qui a permis de camoufler bien des malversations, souvent avec la complicité des « bons catholiques » au nom du respect pour l’Église. Nous savons que c’était le cas il y a encore peu de temps en Europe ou en Amérique, mais maintenant les murs ont cédé sous le poids de l’investigation, comme on le voit dans la film Spotlight à propos du diocèse de Boston aux Etats-Unis. 
À Rome, des religieuses africaines préparent des thèses de doctorat sur l’abus sur mineurs par le clergé en Afrique.
La vérité commence à sortir et, ce qui est important, c’est que ce sont les Africaines elles-mêmes qui s’expriment. À Rome, il y a des religieuses africaines qui préparent des thèses de doctorat sur l’abus sur mineurs par le clergé en Afrique (ils ne sont pas les seuls !) ainsi que sur les abus sur les religieuses. Bientôt, une émission télévisée d’Arte va donner la parole à des religieuses qui ont été abusées.  
L’impunité souvent liée au cléricalisme tant décrié par le Pape ne durera par indéfiniment. J’an ai parlé avec des évêques africains de passage au Vatican. Ils en sont d’autant plus inquiets que leurs Églises n’ont pas les moyens de payer des compensations financières aux victimes. Je pense à cette femme qui a été abusée par un prêtre comme jeune professe et qui est tombée enceinte et donc chassée de sa congrégation. Elle a survécu en faisant des ménages mais actuellement sa fille née du viol voudrait poursuivre des études supérieures et la maman demande de l’aider à la financer, puisque le père refuse d’assumer ses responsabilités. Les nouvelles règles du Vatican à ce propos ne tolèrent plus cette attitude négationniste, mais encore faut-il que les évêques s’engagent.
Tout commence par une emprise de pouvoir pour terminer avec une intimité forcée.
Cette déclaration arrive avec retard, mais a le mérite d’exister. Il y a quelques décennies, une supérieure  générale d’une congrégation missionnaire a tenté de dénoncer cette situation au Vatican, en vain. Heureusement, les temps sont en train de changer. Les Supérieures Générales spécifient clairement : « L’abus sous toutes ses formes – sexuelle, verbale, émotionnelle, ou tout usage inapproprié du pouvoir dans une relation. » En effet, tout commence par une emprise de pouvoir pour terminer avec une intimité forcée. Elles déclarent : « Nous apportons notre soutien aux femmes et aux hommes qui ont eu le courage de dénoncer des abus auprès des autorités. Nous condamnons celles et ceux qui entretiennent la culture du silence et du secret, souvent sous le couvert de la “protection” de la réputation d’une institution ou en affirmant qu’elle ”fait partie de notre culture”. » Il s’agit bien de rompre la culture du silence et de cesser de se référer à « la culture » (souvent patriarcale) pour justifier l’injustifiable.
Il s’agit bien de justice et de guérison. 
Demandant une dénonciation « transparente civile et criminelle des abus », elles insistent : « Nous demandons que toute religieuse ayant été abusée dénonce cet abus auprès de la responsable de sa congrégation, et auprès des autorités ecclésiales ou civiles selon le cas. » L’UISG s’engage a soutenir les victimes « à guérir du passé à travers un accompagnement et en réclamant justice ». Car il s’agit bien de justice et de guérison. Ce n’est pas une revanche ou une vengeance. C’est travailler à la restauration de la personne – blessée à vie – qui a été méprisée et abusée comme un simple objet de plaisir. Elles terminent en disant : « Nous désirons tisser des liens de solidarité dans ces situations déshumanisantes et contribuer à une nouvelle création dans le monde entier. »
Personnellement, me faisant peu d’illusions sur l’impact réel d’une telle déclaration en Afrique, je me réjouis que la démarche soit entreprise à une échelle mondiale, ce qui concerne 500.000 religieuses consacrées ! Nous avons lu la Lettre au Peuple de Dieu du mois d’août 2018, du pape François qui écrit : « Il est essentiel que, comme Eglise, nous puissions reconnaitre et condamner avec douleur et honte les atrocités commises par des personnes consacrées, par des membres du clergé, mais aussi par tous ceux qui ont la mission de veiller sur les plus vulnérables et de les protéger. » Désormais, tous ceux et celles qui veulent participer à cette « création nouvelle »laïcs et consacrés, qui sont informés d’un abus, sont invités à discerner en profondeur et à prendre leurs responsabilités, où qu’ils-elles soient. Après la honte, il y aura la purification qui permettra ensuite une cohérence réelle dans un témoignage évangélique qui, ainsi, redeviendra crédible. 

Marmhonie

Marmhonie
MODERATEUR
MODERATEUR
Cela n'a rien a voir avec le sujet sur le scandale français de Mgr Barbarin.

C'est un tout autre sujet, et qui ne concerne que l'Eglise conciliaire. Merci de ne pas tout mélanger.

Mikael

Mikael
MODERATEUR
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Mais c'est à y perdre son latin.
N'a t-il pas une seule église catholique et universelle ?

Rene philippe

Rene philippe
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Mikael a écrit:Mais c'est à y perdre son latin.
N'a t-il pas une seule église catholique et universelle ?
Ben non, je crois que Marmhonie nous explique cela depuis un bout de temps. C'est compliqué.

Marmhonie

Marmhonie
MODERATEUR
MODERATEUR
C'est à y perdre son latin



N'a t-il pas une seule église catholique et universelle ?
C'est à y perdre son latin, effectivement !
Du reste, le latin a été perdu dans le monde catholique, sauf en France qui résiste. C'est un autre sujet, il est vrai.

Pour résumer, du premier concile catholique en 325 de Nicée au 20e Concile de Vatican 1 en 1870 qui dure jusqu'en 1965, depuis 1640 ans, la messe fut la même, la Bible catholique fut la même, le missel fut le même, le rituel fut le même.

Avant 325, c'était pareil encore, mais sans unité ni unification des meilleures sources, et en divers dialectes mélangés : araméen de Galilée, de Jérusalem, latin local populaire, grecs divers populaires, dialectes hébreux divers...

En 1965, il y a eu un renversement révolutionnaire identique a 1789, dans la Sainte Eglise. Le pape Jean XXIII provoqua cet effondrement, parce qu'il était un homme simple, irresponsable, manipulé. Il est mort de chagrin en suppliant d'arrêter son erreur irresponsable. Non, la possibilité franc-maçonne de pénétrer de l'intérieur l'Eglise et frapper au coeur pour la détruire. Il fut donc élu Paul VI qui mit fin a 2000 ans de catholicisme, pour :
- changer la messe
- changer la Bible catholique
- changer le rituel
- interdire le latin
- s'ouvrir aux langues du monde entier (sauf le latin).

Les curés démissionnèrent en masse ou moururent de chagrin. On les changea pour des curés francs-maçons, communistes ou pédophiles, puisque ils ont tout foutu en l'air.

Puis arrive Jean-Paul 1 qui est assassiné, puisqu'il voulait de suite revenir dans le droit chemin. Le commanditaire de son exécution est le cardinal américain Marcincus, aucun secret.

On élit Jean-Paul II, fragile (signalé jeune avec des pulsions pédophiles et efféminé), faible et lache. Il ouvre ses bras au Coran, demande aux catholiques de prendre exemple sur Mahomet et de lire le coran. On croit halluciner.

Il meurt, les 5 dernières années inconscient et retrouvant ses pulsions pédophiles. Vient son bras droit, Ratzinger, qui dévoile en anonyme un livre sur la vie scandaleuse de Jean-Paul II. Il signale que tout est illégal, que la messe de toujours devenue interdite, est un interdit illégal puisqu'elle fut canonisée par le pape Pie V. Il est obligé de démissionner, et les cardinaux replacent un révolutionnaire, Bergoglio, dit pape François. Il renie être le vicaire du Christ, impose le droit de vote pour élire, impose l'Islam comme la vraie religion, et jette dehors les derniers catholiques authentiques.

Voici la situation. C'est catastrophique !

On a donc maintenant en 2018, les deux mondes catholiques, celui de toujours, qui ne cesse de remplir les églises, vendre des Bibles, former des curés. Et de l'autre, le monde oecuménique qui a vidé les églises, qui a fait un échec total avec sa Bible Oecuménique TOB, puis la Bayard qui, en plus, est une fausse traduction ! Quand on accuse les tj d'avoir une Bible TMN fausse, on oublie de dire que ces traductions du Monde nouveau sont toutes différentes, correctes, et corrigent bien des erreurs. Et gratuites ! Alors que la Bayard est chère, fausse, falsifiée. La TOB fut un échec cuisant.

La messe "de toujours" s'appelle aussi messe "tridentine" ou messe "saint Pie V" qui l'a canonisée. Elle est bilingue toujours, depuis 325, en latin et la langue vernaculaire, ou le patois du lieu.

La messe "oecuménique" est dite aussi messe "Paul VI" ou messe "invalide".

Cela vous semble plus clair, désormais ?
Information
https://www.abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com/Chronologie_des_conciles_oecumeniques.pdf

Rene philippe

Rene philippe
MODERATEUR
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Un peu plus clair, merci. Plusieurs choses me choquent et m'interrogent, mais ça n'a pas beaucoup d'importance. J'ai trouvé réponse à toutes mes interrogations dans ma religion, mûrement choisie.

BARUQ - JW

BARUQ - JW
Marmhonie a écrit:Puis arrive Jean-Paul 1 qui est assassiné, puisqu'il voulait de suite revenir dans le droit chemin.
J'ai eu écouté à la radio, il y a peut-être une dizaine d'années, la vie de Albino Luciani. Je pense que c'était un homme bon & sincère. Il y a toujours un grand mystère autour de sa mort.

https://www.baruq.uk

BARUQ - JW

BARUQ - JW
Marmhonie a écrit:[color=tomato]N'a t-il pas une seule église catholique et universelle ?
Il y a un peuple de Dieu, le peuple chrétien. En suite de cela, chacun sera jugé personnellement sur la base de ses actions et non de son appartenance à une organisation ou une autre.
Mais on sort du sujet.

https://www.baruq.uk

Rene philippe

Rene philippe
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BARUQ - JW a écrit:
Marmhonie a écrit:[color=tomato]N'a t-il pas une seule église catholique et universelle ?
Il y a un peuple de Dieu, le peuple chrétien. En suite de cela, chacun sera jugé personnellement sur la base de ses actions et non de son appartenance à une organisation ou une autre.

Voici ce que dit Jésus :

Matthieu 7:21 : « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : “Seigneur, Seigneur”, qui entreront dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est au ciel. 22 Beaucoup me diront ce jour-là : “Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, expulsé des démons en ton nom et accompli de nombreux miracles en ton nom ?” 23 Mais je leur répondrai : “Je ne vous ai jamais connus ! Éloignez-vous de moi, vous qui pratiquez le mal !”

Marmhonie

Marmhonie
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Si on revenait au sujet sur Mgr Barbarin...

Josué

Josué
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LE RÉCIT DE L'EXPRESS
Philippe Barbarin, au nom de l'Église 
Henri Tincq,publié le 15/12/2018 à 07:00

Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 Philippe-barbarin-5_6135852
[size=33]Le Cardinal Barbarin a personnellement demandé pardon aux victimes d'abus sexuel en 2016.[/size]
 
[size=33]REUTERS/ Robert Pratta[/size]

Début janvier, le cardinal Barbarin comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Lyon pour non-dénonciation d'abus sexuel.


Je croyais rencontrer un homme abattu, portant comme une croix sur ses épaules le crime des abus sexuels dans l'Église. Un archevêque, vu comme le plus brillant de sa génération, devenu le symbole d'une pédophilie doublement criminelle, car commise par des hommes de Dieu. Mais face au tribunal de l'opinion et à la justice civile,Philippe Barbarin se tient droit. Il cite la neuvième béatitude du ­Sermon sur la montagne : "Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute, si l'on vous calomnie à cause de moi !" Et ajoute, sans provocation : "Mon seul juge, c'est Lui", parlant d'un Dieu auquel il a consacré sa vie. 
Un temps, je me dis alors que je viens de retrouver le jeune aumônier que j'ai connu il y a longtemps dans le Val-de-Marne, un surdoué toujours à vif, séducteur mais raide, brillant mais clivant, souvent dans l'affect, porté à l'hubris comme ceux à qui tout réussit. Adoré ou détesté. Une ­liqueur trop forte pour les petits appétits.  

Mikael

Mikael
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[size=33]Le procès du primat des Gaules et de son entourage pour « non-dénonciation d'abus sexuels », initié par une association de victimes, débute lundi à Lyon.[/size]


De notre correspondante à Lyon, Catherine Lagrange
Modifié le 05/01/2019 à 12:02 - Publié le 05/01/2019 à 11:14 | Le Point.fr 


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Le cardinal Barbarin est jugé à partir de lundi, à Lyon, pour non-dénonciation d'abus sexuels.
© ERIC CABANIS / AFP


C'est un procès inédit qui va s'ouvrir lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon. Pendant trois jours, un haut responsable de l'Église de France va comparaître pour « non-dénonciation d'abus sexuels ». Monseigneur Philippe Barbarin, cardinal-archevêque de Lyon, est poursuivi pour ne pas avoir dénoncé les agissements d'un prêtre de son diocèse dont les agressions se seraient déroulées avant son arrivée à la tête du diocèse de Lyon. Le père Bernard Preynat est soupçonné d'avoir abusé sexuellement de quelque 70 jeunes scoutsdont il avait la responsabilité dans les années 1970 à 1990, à Saint-Foy-lès-Lyon, sans jamais avoir été éloigné du contact des enfants.



[url=https://www.teads.tv/viewable-outstream-formats/?utm_source=inread&utm_medium=credits&utm_campaign=invented by teads]inRead invented by Teads:pp: [/url]

Josué

Josué
Administrateur
[size=48]Barbarin: le jour du jugement des hommes
Par Anna Benjamin,publié le 07/01/2019 à 07:00 , mis à jour à 10:07
[/size]
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 Philippe-barbarin-7_6135860
Aux côtés du cardinal Barbarin sur le banc des accusés, il y a cinq autres responsables religieux.
 
REUTERS/ Robert Pratta


Ce lundi, le cardinal Barbarin comparaît devant le tribunal correctionnel de Lyon pour non-dénonciation d'abus sexuel.


Dans les médias, il est devenu l'incarnation française du silence de l'Église face à la pédophilie. Mais c'est maintenant à la justice de se prononcer. Le cardinal Philippe Barbarin comparaît ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon. En cause : la non-dénonciation des agissements du père Preynat, accusé d'abus sexuels sur 70 scouts dans les années 1980 et 1990 à Sainte-Foy-lès-Lyon, banlieue coquette de la capitale des Gaules. Des faits qui n'ont été révélé publiquement qu'en 2015. Aux côtés du cardinal sur le banc des accusés, cinq autres responsables religieux. Qui savait et depuis quand ? En savaient-ils seulement assez pour dénoncer le prêtre à la justice ? Ont-ils fait preuve de simple négligence ou s'agit-il d'une omerta institutionnalisée ? 
LIRE AUSSI >> Philippe Barbarin, au nom de l'Église  

Dès 1990, le cardinal de Lyon de l'époque, Albert Decourtray, est le premier à entendre les rumeurs d'attouchements visant le prêtre originaire de la Loire. Une quinzaine de parents lui demandent la mise à l'écart du père Preynat. Les parents de François Devaux, aujourd'hui membre fondateur de l'association de victimes La parole libérée, sont de ceux-là. En 1991, le jeune garçon décrit les gestes déplacés dont il a été la victime. "Mes parents ont exigé que le père Preynat ne soit plus en contact d'enfants. Résultat, il a été mis à l'écart six mois avant d'être réintégré", s'insurge François Devaux.  

Une mise à l'écart "dérisoire et absurde"


Albert Decourtray éloigne en effet le père Preynat. Après avoir été "muté" chez les Petites Soeurs des pauvres, il est affecté dans des paroisses de la Loire et du Beaujolais. Personne ne porte plainte pour pédophilie contre lui, ni l'évêque ni les familles de victimes. Quand le cardinal Babarbin est nommé à Lyon en 2002, il est informé de certains agissements du père Preynat. Puis, les années passent. 

En 2014, tout bascule. Alexandre Dussot, un quadragénaire victime d'attouchements, aperçoit le père Preynat dans une fête organisée par le diocèse. Il apprend que le prêtre est resté curé, au contact d'enfants. A ce moment-là, le prélat de 68 ans prend-il la mesure des actes commis ? En tous cas, il ne semble pas entrevoir le déferlement médiatique qui s'annonce. Les policiers l'auditionnent en juin 2016 pendant dix heures. Selon nos informations, lorsqu'ils l'interrogent sur la courte mise à l'écart du père Preynat, Barbarin concède que cela est "dérisoire et absurde". "Ca arriverait maintenant on le relèverait immédiatement", explique celui qui a pris ses fonctions à Lyon plus de dix ans après la révélation de faits commis un quart de siècle plus tôt. 
LIRE AUSSI >> Pédophilie: les victimes face à la justice de Dieu 
Pendant son ministère, le père Preynat va encadrer le patronage Saint-Clair et l'IME de Thizy qui accueille des enfants handicapés. "Aujourd'hui il ne le ferait pas, assure le cardinal. (...) Les faits étaient anciens, réglés par mes prédécesseurs et je n'ai pas modifié leur décision en veillant à ce que les enfants ne soient pas en danger." "Comment pouvez-vous être sûr qu'il n'y avait aucun risque de récidive de la part de Bernard Preynat ?", l'interrogent les agents. "J'en avais la conviction interne", répond l'évêque.  

Rencontre "guérison et de pardon"


Autre reproche adressé par les victimes au cardinal Barbarin : il ne les reçoit pas personnellement et les oriente vers Régine Maire, une psychologue, membre du conseil épiscopal de Lyon. "J'ai trouvé qu'elle menait bien son affaire et je n'ai pas eu le sentiment qu'elle demandait de l'aide - j'étais disponible et nous avions des contacts fréquents", se défend le cardinal devant les policiers.  
Cette proche de Barbarin fait pourtant une curieuse proposition à Alexandre : organiser une rencontre qu'elle intitule de "guérison et de pardon", consistant à prier avec son agresseur d'autrefois. La rencontre a lieu le 11 octobre 2014. Deux jours après ce rendez-vous, Régine Maire envoie un mail à Alexandre : "J'espère que cette rencontre a eu pour vous un goût de paix et de guérison d'un passé douloureux qui laissera toujours une cicatrice, certes, mais qui avec la grâce se ferme si nous ne la grattons pas trop."  
Alexandre refusera d'en rester là. Il écrit des mails au cardinal et le rencontre enfin pour obtenir la mise à l'écart du prêtre. En vain. Alexandre décide alors d'écrire directement au pape en avril 2015. C'est uniquement à partir de cette date que le cardinal Barbarin semble réellement agir. Le père Preynat est suspendu le 31 août 2015. 

"Alexandre est un adulte"


Le cardinal Barbarin aurait-il dû appliquer le principe de précaution et écarter plus tôt le père Preynat ? "Pour des faits contemporains, je sais ce que je dois faire. Pour des faits anciens, je n'ai pas eu de réponse claire", affirme-t-il durant son audition, attendant des instructions claires de Rome. "Quand j'ai reçu Alexandre, il était aussi en colère contre lui-même. Pas une seconde, il ne m'est venu l'idée d'aller dénoncer le père Preynat à la police, ajoute le cardinal. Je crois que lui-même n'a jamais pensé que j'aurais dû le faire. Alexandre est un adulte, c'était à lui de le faire et quand ils étaient enfants, leurs parents auraient pu le faire."  
Le procès qui s'ouvre aujourd'hui fait suite à une enquête sur ces faits de pédophilie ouverte et classée sans suite en 2016 par le parquet de Lyon. Ce dernier a fait valoir la prescription pour la période antérieure à 2014 et a écarté toute volonté d'entraver la justice de la part du prélat, soulignant que l'ancien scout pouvait effectivement porter plainte contre le prêtre. Ce qu'il a fait finalement, malgré la prescription. Après ce classement sans suite, neuf victimes ont choisi une voie de recours : la citation à comparaître. Cette procédure leur a permis de saisir directement le tribunal pénal. Il y a ainsi procès sans enquête de police préalable, mais les victimes ont l'assurance d'avoir accès à une audience publique. 

"Aucun pare-feu n'a fonctionné"


Car, ces victimes n'intentent pas ce procès contre un seul homme, selon elles. Mais contre toute l'Église. "Tout le monde à son échelon a participé, y compris au sein du Vatican. Aucun pare-feu n'a fonctionné, le vicaire général, le responsable direct de Bernard Preynat, la responsable de la cellule d'écoute, les laïcs", estime Nadia Debbache, avocate des plaignants. Concernant le cardinal Barbarin, elle pense cependant qu'"un système de filtrage a été mis en place, en faisant en sorte que les victimes n'arrivent à lui que rarement. On est encore en 2015 dans un déni de responsabilités, érigé en système de défense. Le cardinal parle de faits anciens, mais il n'a pas à faire de distinction entre une victime nouvelle et une victime ancienne. Il faut que la hiérarchie de l'Église prenne conscience de ce qu'est une victime." 

Josué

Josué
Administrateur
[size=62]Procès Barbarin : "franchement, je ne vois pas de quoi je suis coupable"[/size]
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 PlaceholderJugé avec cinq autres personnes pour non-dénonciation d'agressions sexuelles, l'archevêque de Lyon a lu une déclaration lue à la barre.  (Credit:KONRAD K./SIPA/)

Lors de la première journée, le cardinal Barbarin a écarté toute faute dans la gestion du cas Bernard Preynat, le prêtre soupçonné d'agressions sexuelles sur mineurs. Il a cependant été mis en difficulté par les questions des avocats des parties civiles.

Par David Le Bailly
Publié le 08 janvier 2019 à 07h58

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    Barbarin : "Je n'ai jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles"










A entendre le cardinal Barbarin se défendre à la barre du tribunal correctionnel de Lyon, il est difficile de deviner l’homme de pouvoir. Voûté, voix un peu nasillarde, le prélat joue la carte de l’humilité, lui, à qui, souvent, on a reproché l’arrogance. Mais c’est une humilité calculée. Il a d’abord prononcé une déclaration spontanée. Il y évoque la souffrance des victimes, les actes « effroyables » et « honteux » de Bernard Preynat, ancien aumônier de la paroisse Saint-Luc, à Sainte-Foy-lès-Lyon, accusé d’avoir abusé plus d’une soixantaine de scouts, de la fin des années 70 à 1991. Il salue le courage d’Alexandre Hézé, qui l’avait sollicité en 2014 et qu’il dit avoir encouragé à déposer plainte, trente ans après les faits.
« Je n’ai jamais, ô grand jamais, cherché à cacher les faits reprochés à Bernard Preynat, encore moins à les couvrir », se défend l’archevêque de Lyon, regrettant de ne pas avoir toujours utilisé les mots « les plus justes » et « les plus adroits ».
Et puis, le cardinal devait s’en tenir là, à l’instar de son ancien directeur de cabinet, Pierre Durieux, qui, juste avant lui, avait refusé de répondre aux questions du tribunal. A-t-il pris conscience de l’effet désastreux de cette attitude ? Toujours est-il qu’au dernier moment, Barbarin changea de stratégie. On voulait l’interroger ? Très bien.

[size=42]Partition répétée. Trop peut-être

Philippe Barbarin ressemble à un paysan madré. Jamais sa voix, mielleuse par moments, ne marque le moindre agacement, ni d’ailleurs de sentiment de supériorité. Seules les mains dressées à hauteur de visage, ses mains de prêcheur, traduisent la volonté de convaincre, d’emporter l’adhésion. « Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’erreurs, mais franchement, je ne vois pas de quoi je suis coupable. » La partition a été répétée. Trop peut-être. A vouloir tellement maîtriser sa parole, à vouloir tellement justifier son action, il manque au prélat l’empathie qu’on attend dans ce genre d’affaires. Les mots sont froids, mécaniques.
Certes, Barbarin dit reconnaître des « erreurs », mais ce sont avant tout celles de ses prédécesseurs, Monseigneur Decourtray et Monseigneur Gillet, qu’il cite abondamment - « je me suis fié à leur sérieux » -, et qui, eux non plus, n’avaient pas dénoncé Bernard Preynat à la justice, malgré la plainte déposée par les parents d’une victime. Certes, Barbarin dit « être incompétent » sur les procédures canoniques, mais c’est pour mieux justifier son inaction, comme le fait, par exemple, de ne pas avoir diligenté d’enquête sur les agissements du prêtre soupçonné de pédophilie. Certes, il déplore « la conjuration du silence », mais c’est pour mieux pointer du doigt une responsabilité collective, celle des parents et des proches qui savaient, et même des victimes qui n’ont rien dit des années durant.
Une avocate des parties civiles insiste : comment a-t-il pu, en mai 2015, laisser le père Preynat célébrer des premières communions alors que, six mois plus tôt, il avait recueilli le témoignage d’Alexandre Hefez, témoignage qui, dit-il, l’avait bouleversé ? « Vous ne comprenez pas l’inquiétude des parties civiles quand ils apprennent que Preynat continue à être au contact d’enfants ? », demande-t-elle.

[size=42]Un costume d'exécutant zélé[/size]

Barbarin met en avant la procédure. Il a alerté le Vatican en décembre 2014, dit-il, faisant parvenir à Rome le témoignage circonstancié d’Alexandre Hefez. Il a respecté à la lettre les instructions qui lui ont été données par courrier : mettre fin aux fonctions de Bernard Preynat tout en évitant un « scandale public ». Il fallait, justifie-t-il, afin de ne pas inquiéter les paroissiens, attendre la période des nominations, qui prenait effet au 1er septembre.
« Franchement, j’ai l’impression que j’ai obéi aux instructions. J’ai même fait plus sévère, puisque j’ai retiré à Bernard Preynat tout ministère. »
Ce costume d’exécutant zélé laisse la présidente du tribunal dubitative.
« Monsieur Barbarin, tout le monde sait que vous êtes un homme de pouvoir, vous prenez des décisions, vous les assumez. Pourquoi toujours vous abriter derrière le Vatican ? »
L’idée de saisir la justice française ne lui « a même pas traversé l’esprit, plaide l’archevêque. Alexandre Hefez m’a dit lui-même que les faits le concernant étaient prescrits, qu’il s’en voulait d’avoir réagi trop tard. Je l’ai encouragé à trouver d’autres victimes, plus jeunes, et à engager une procédure judiciaire". Il ajoute :
"D’une certaine façon, si ce procès peut avoir lieu, c’est grâce à la conversation que nous avons eue ».
La matinée qui venait de se dérouler avait contredit cette assertion un tantinet gonflée : elle fut consacrée à l’examen des requêtes en nullité et en irrecevabilité déposées par les avocats de la défense.
« Pourquoi avoir nommé Bernard Preynat doyen en 2013 ?, demande la présidente. Cette décision a mis le feu aux poudres d’une certaine manière. N’était-ce pas imprudent ?
-J’ai regardé les choses avec beaucoup de sérieux et de précision. Les faits qui lui étaient reprochés avaient été réglés bien avant ma nomination. Etait-ce imprudent, demandez-vous ? Les faits vous donnent raison. J’aurais dû lui demander de rester dans l’ombre, d’être discret, de ne pas apparaître dans les manifestations publiques. »

[size=42]Version contredite[/size]

Et pourtant, les avocats des parties civiles finissent par briser l’assurance matoise du cardinal. Me Jean Boudot revient sur son « entretien » avec le père Preynat en mars 2010. Interrogé par les policiers, ce dernier avait affirmé ne rien avoir caché au prélat de la gravité des faits, ni de ses tentatives de se soigner. Version qui contredit complètement celle de Barbarin. Celui-ci raconte :
« Je lui ai dit : « Mon père, comment de telles choses sont possibles ?-Ce n’est pas la peine que je vous explique, vous ne comprendriez pas. »
Je n’ai pas eu la curiosité de lui demander de me décrire les faits. Ma seule préoccupation, c’était de m’assurer qu’il n’avait pas recommencé après 1990. Il m’a juré que non et je l’ai cru. Ce fut peut-être une erreur. »
L’avocat cependant persévère : « Quand vous voyez Preynat à cette époque, vous comprenez qu’il vous parle d’agressions sexuelles sur des mineurs, et qu’il parle de plusieurs cas ? ». Barbarin hésite à répondre, regarde son avocat, déboussolé, silhouette fatiguée après trois heures d’interrogatoire. Celui-ci lui fait signe de ne rien dire. Mais Barbarin finit par lâcher :  « Oui, je savais que c’était de cet ordre-là. » Reconnaissant, peut-être, qu’il en savait plus sur l’ampleur des agissements du père Preynat que ce qu’il a bien voulu en dire jusqu’à présent.
David Le Bailly[/size]

Josué

Josué
Administrateur
[size=62]Au procès Barbarin : "Je crois encore en Dieu, mais je ne crois plus en ces hommes d’Eglise"[/size]
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 PlaceholderLe cardinal Barbarin, au premier jour de son procès (JEFF PACHOUD / AFP)

Le témoignage de Christian Burdet, victime du père Preynat, dont le cardinal est accusé de n'avoir pas dénoncé les agressions sexuelles sur mineurs, a bouleversé le tribunal mardi.

Par David Le Bailly
Publié le 09 janvier 2019 à 11h34

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C'est un moment rare, un moment fort. Il était un peu plus de 19h ce mardi 8 janvier quand Christian Burdet s'avança à la barre du tribunal. L'homme est plus âgé que les autres victimes, il a 53 ans. Très vite, le silence s'est fait autour de lui, un silence lourd, rempli d'images, des images simples et abominables. Très vite, tous, nous avons oublié le cardinal Barbarin, l'Eglise et ses prélats, les arguties juridiques sur l'intérêt à agir, la liberté de garder le silence, la prescription. Très vite, nous avons été emportés par cette voix qui racontait, bouleversée, comment le père Preynat avait ravagé sa jeunesse, son innocence de petit garçon.
Cette voix, elle avait du mal à sortir, elle était parfois hachée, on ne comprenait pas tous les mots, mais il y avait en elle une force, une obstination, une rage ; une rage enfantine, et ce fut peut-être cela le plus émouvant : entendre la voix ressuscitée de l'enfance.
Il y a d'abord cette mère très croyante qui confie Christian à Bernard Preynat, en charge des scouts de la paroisse Saint-Luc. Nous sommes alors en 1976. "Mon fils souffre d'un problème auditif", dit-elle au prêtre. "Ne vous inquiétez pas, on va prendre soin de lui ", répond celui-ci.
Un an plus tard, un soir, Christian, 12 ans, est convoqué par Bernard Preynat. "Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?", se demande le garçon. La nuit qui suit est un cauchemar : attouchements, masturbation, fellation, corps à corps. A la barre, Christian parle des odeurs, de son dégoût. Il est pétrifié.

[size=42]"On n'oublie jamais de telles souffrances"

Il cite les mots de Preynat : "Tu es mon garçon, je t'aime. Mais il ne faut le dire à personne, c'est notre secret". Preynat le fait jouir. "J'ai eu honte", dit-il. Cela recommença. Toujours sous des prétextes divers, Christian est "appelé" par le père Preynat. Ils se retrouvent dans son "repère", qu'il appelle le pigeonnier.
"Qui suis-je ? Qui suis-je vraiment ?", se demande Christian Burdet. Et c'est comme s'il posait la question au tribunal : "Pourquoi cet homme m'a choisi, moi ? Combien sommes-nous de victimes ?"
Il dit encore : "Je crois en Dieu, mais je ne crois plus en ces hommes d'Eglise", ceux-là mêmes qui disent "qu'il faut pardonner quand personne ne nous a demandé pardon. (…) On n'oublie jamais de telles souffrances, et seul ce petit récit de vérité me permet de me tenir droit aujourd'hui."
Les faits sont prescrits, et Christian Burdet ne pourra jamais obtenir réparation pour ce qu'il a subi.
"C'est comme si j'étais atteint d'une maladie incurable. Mes souffrances auraient pu être abrégées si ces faits avaient été dénoncés plus tôt. Peut-être ma vie aurait-elle été différente. Ma femme ne l'a appris qu'en janvier 2016. Peut-être qu'elle n'aurait jamais eu à se poser certaines questions sur moi."
Comment reprendre l'audience après cela ? Comment interroger Christian Burdet ?
"C'est compliqué", admet la présidente, chamboulée elle aussi.

[size=42]Cruauté supplémentaire[/size]

"- Je ne suis pas là par esprit de revanche. Si je témoigne aujourd'hui, c'est pour moi mais surtout pour les autres, parce que je sais que beaucoup de personnes n'ont jamais parlé. J'ai le sentiment que beaucoup de personnes savaient et qu'on se renvoie la balle.
- Qu'est-ce que vous auriez aimé entendre ?, demande la présidente.
- J'aurais aimé entendre pourquoi un tel pervers est resté si longtemps dans le circuit."
Il y a les blessures, encore à vif, provoquées par le père Preynat. Mais aussi les douleurs familiales, l'incompréhension, l'impossibilité de raconter. Au cours de l'enquête judiciaire sur les agissements du prêtre pédophile, ouverte il y a seulement trois ans, Christian Burdet a découvert un courrier adressé en 1991 par sa mère à l'archevêque de Lyon, Monseigneur Decourtray. Courrier dans lequel, comme une cruauté supplémentaire, celle-ci contestait vigoureusement la "sanction" prise contre le père Preynat, exfiltré de la paroisse Saint-Luc après la découverte de ses agressions sexuelles. Christian Burdet raconte :
"Preynat venait régulièrement à la maison. Il y avait son couvert. Mon père lui faisait des chèques. Quand, en 1991, l'affaire est plus ou moins sortie, je me sentais vraiment tout seul. Personne ne m'a tendu la main en disant : 'Et toi, qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?'"
David Le Bailly[/size]

Josué

Josué
Administrateur
[size=62]Le cardinal Barbarin s’en veut, il n’avait jamais envisagé des choses pareilles"[/size]
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 PlaceholderLe cardinal Philippe Barabin au tribunal de Lyon, lundi 7 janvier. Jugé avec cinq autres personnes pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs, l'archevêque de Lyon a lu une déclaration à la barre.  (Credit:KONRAD K./SIPA/)

Au dernier jour du procès Barbarin, son avocat a regretté que son client soit devenu le symbole de la pédophilie. La décision a été mise en délibéré jusqu'au 7 mars.

Par David Le Bailly
Publié le 10 janvier 2019 à 19h42

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    Procès Barbarin : "Franchement, je ne vois pas de quoi je suis coupable"










Jean-Felix Luciani est un homme en colère. De sa haute taille, l’avocat du cardinal Barbarin fait tonner sa voix haute, légèrement chantante. Il assène ses vérités comme autant d’évidences. Il dénonce les ravages de l’émotion - "en quoi l’émotion est-elle un titre de Droit ?" -  le règne de la transparence "qui va tout brûler", cette procédure de citation directe qui revient à s’affranchir de la saisine d’un juge d’instruction. Il leur oppose le droit, le respect dû au secret, et plus généralement aux libertés publiques.
"A quel titre, aujourd’hui, est jugé le cardinal Barbarin, demande-t-il au tribunal ? En tant que personne ou comme incarnation de l’Eglise, comme symbole de ce que l’on souhaite dénoncer et poursuivre ?"

[size=42]"Oui, on n’a pas été bons !"

A la logique du bien et du mal, Jean-Felix Luciani veut substituer la complexité des situations, des appréciations. Il fait mouche, en ce dernier jour d'audience, peut-être parce qu’il ne cherche pas à dissimuler les "erreurs de gouvernance" du cardinal : les investigations qui n’ont pas été poussées, les questions qui n’ont pas été posées : qu’y avait-il derrière ces rumeurs ? Quel était ce passé terrible que l’on disait être celui du père Preynat ?
"Philippe Barbarin s’en veut, plaide Luciani. Il n’avait jamais envisagé que ça puisse être des choses pareilles. C’est un homme d’Eglise, et sur Preynat, il n’a pas compris les choses. Oui, on n’a pas été bons ! Cela justifie-il le torrent de boue qui lui est déversé sur la tête, le fait que son nom soit presque devenu un symbole mondial de la pédophilie ?" Et Luciani de se dire "affecté" par les insultes contre son client :
"On l’a traité de menteur ! Etait-ce nécessaire ? Mon client a fait, en conscience, du mieux qu’il a pu."
Et de rappeler comment, en avril 2010, il avait poussé une femme à porter plainte contre un prêtre pour les mêmes agissements. "Tant pis si c’est une honte supplémentaire pour l’Eglise, avait-il dit (…) Mettez les choses dans l’ordre, parce que c’est un cancer qu’il faut extirper."

[size=42]Pas à lui de dénoncer les faits[/size]

Sa ligne de défense, Luciani la présente de façon très simple : le cardinal Barbarin n’a pris conscience de la réalité des actes commis par Bernard Preynat qu’en juillet 2014, quand il a découvert le mail envoyé par Alexandre Hezez à l’archevêché. Et quand, enfin, il a su, "il a estimé que ce n’était pas à lui de dénoncer les faits à la justice." Notamment à cause de leur prescription, ce qu’Alexandre Hezez ne cessait de mettre en avant auprès de ses interlocuteurs (Plus tôt dans la matinée, Eymeric Molin, l’avocat de Xavier Grillon, dernier supérieur hiérarchique du père Preynat, avait cité un SMS de Hezez à son client : "Le Saint-Esprit me guide, mais je suis déterminé, même s’il y a pour ma part prescription.")
Comment parler d’entrave à la justice alors que la justice elle-même était entravée à cause de la prescription ?, se sont demandés, l’un après l’autre, les avocats des prévenus. Quant aux faits non prescrits, peut-on porter plainte à la place d’une victime devenue majeure et en pleine capacité de le faire elle-même ? Citant les propos de Laurent Duverger, une partie civile- "sans mon accord, je ne l’aurais pas très bien vécu"-, Jérôme Chomel de Varagnes, l’avocat de Thierry Brac de la Perrière, ancien évêque auxiliaire de Lyon, a conclu ceci :
"Il appartient seul à la victime majeure de décider si elle veut exposer aux yeux du monde ce qui appartient à son intimité"
De façon générale, il fut beaucoup question, dans les plaidoiries de la défense, de libertés individuelles, y compris celles des proches qui savaient, mais ont préféré se taire : parents, paroissiens, psychologues. 

[size=42]Une faute morale ne fait pas une infraction pénale[/size]

Jean-Felix Luciani a rappelé le contexte de la rencontre entre Alexandre Hezez et le cardinal Barbarin, à l’automne 2014. A l’époque, cette victime du père Preynat avait 41 ans. A-t-elle fait comprendre qu’elle souhaitait que l’Eglise dénonce les agissements de Preynat à la Justice ? Rien ne l’indique. "Frapper à la porte d’un évêché, ce n’est pas frapper à la porte du Parquet de Paris", tranche Luciani, qui, à l’obligation de dénonciation, oppose l’inviolabilité du secret ecclésiastique- plus large que celui de la confession-, reconnue par la jurisprudence comme "une obligation absolue et d’ordre public."
Alors, bien sûr, au-delà de ces aspects juridiques, il reste cette question, la plus troublante : pourquoi avoir permis, vingt-cinq ans durant, à un prêtre dont on ne pouvait ignorer le passé, et qui d’ailleurs ne le cachait pas à sa hiérarchie- de rester au contact d’enfants ? Une faute morale, peut-être, mais pas une infraction pénale, ainsi que l’a rappelé mercredi la procureur adjointe de la République : "Aucun élément ne montre que Bernard Preynat a poursuivi ses agissements délictueux après 1991." Allant plus loin encore, Jean-Félix Luciani, s’adressant aux parties civiles, a plaidé pour le droit de chacun à pouvoir s’amender :
"J’entends dire que Preynat reste un danger, trente ans après les faits… Tant qu’il me restera un souffle de vie, je me battrai contre ce genre de raisonnements ! Cela veut donc dire que les hommes ne changent jamais ? Cela veut donc dire que vous êtes enfermés à vie dans votre statut de victime alors que tout ce que vous avez fait, tout ce que vous avez réussi, prouve le contraire !" 
Il faut dire, pour finir, combien ce procès fut passionnant. Grâce à la dignité des victimes - et à la force de leurs témoignages -, mais aussi à celle des prévenus, dont la position fut loin d’être facile. "Tous, ils sortiront de ce procès autrement que comme ils y sont entrés", a résumé Eymeric Molin. Il faut souligner également la qualité des débats, qui, face à un fléau comme la pédophilie, démontrent qu’il n’existe pas de réponses simples ni évidentes, davantage encore quand il s’agit de rendre justice aux victimes devenues majeures.
Quelques minutes après la levée de l’audience, Philippe Barbarin, seul, s’est avancé en direction des avocats des parties civiles, qui, pourtant, ne l’ont pas ménagé durant ces quatre jours d’audience. S’en est suivie une longue conversation. On les vit sourire, parfois davantage. On ne réussit pas à en savoir plus, sinon que, selon les mots de l’avocat Jean Boudot, le cardinal s’était adressé à eux "dans un esprit d’ouverture et d’apaisement. C’était un moment rare."
"Nous perdrons tous ensemble ou nous gagnerons tous ensemble, avait rappelé, à la fin de sa plaidoirie, Jérôme Chomel de Varagnes. Après les batailles, vient toujours le moment de la paix."
La décision a été mise en délibéré jusqu'au 7 mars.[/size]

Marmhonie

Marmhonie
MODERATEUR
MODERATEUR
L'affaire était entendue depuis longtemps. C'est bien trop tard maintenant. Il fallait intervenir au moment des faits et des accusations, sous Jean-Paul II. Il est mort et enterré depuis longtemps ! Honte à des évêques de France, mais c'est trop ancien. C'est en cela toute l'hypocrisie d'une affaire scandaleuse ancienne qu'on a fait tarder jusqu'à ce que le temps efface naturellement les vrais responsables. Les enfants ont plus de la quarantaine, à quoi joue la Justice humaine ? Les plaintes reçues par les policiers qui ont fait leur travail, se sont entassées sur un bureau de Justice à l'oubli.
La seule chose digne que pouvait faire l'Église de France, c'était de demander la démission immédiate de Mgr Barbarin, nommé curieusement par le pape Jean-Paul II... Cet archevêque n'a aucun sens de l'honneur, et ses amis conciliaires sont trop solidaires avec lui, puisqu'ils sont pour une islamisation de la France. Le pape François a pris position en faveur de Mgr Barbarin. L'affaire était entendue. Mais qu'ils viennent dire leur suprise, là c'est énorme !

Josué

Josué
Administrateur
[size=45]Procès Barbarin : « Toujours un intérêt à faire circuler la parole »[/size]

Recueilli par Céline Hoyeau , le 12/01/2019 à 11h27 
Mis à jour le 13/01/2019 à 15h51



 

 




[size=20]Le Père Christian Delorme, figure du diocèse de Lyon où il est chargé des relations interreligieuses, revient sur le procès du cardinal Philippe Barbarin et de son entourage dont il a suivi cette semaine l’intégralité des débats, au tribunal correctionnel.

Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 Pere-Christian-Delorme-repondant-questions-journalistes-marge-audience-tribunal-correctionnel-Lyondu-proces-Barbarin_0_728_486ZOOM 
Le Père Christian Delorme répondant aux questions des journalistes en marge de l'audience du tribunal correctionnel de Lyon lors du procès Barbarin /  Maxime Jegat/Le Progrès/MaxPPP


On ne vous attendait pas au « procès Barbarin ». Est-ce à la demande du cardinal que vous avez suivi tous les débats ?

Père Christian Delorme : C’est vrai que cela a été une demande du conseil épiscopal, afin de montrer que l’Église de Lyon était bien présente, que le cardinal et ses co-cités à comparaître n’étaient pas seuls. J’avais pour mission de faciliter la discussion autour de cet événement, au cas où le climat aurait été tendu. Je redoutais que des personnes viennent manifester leur haine à l’encontre du cardinal, car il a soulevé ces dernières années beaucoup d’animosité. Heureusement, ces réactions ne se sont pas manifestées dans l’enceinte du tribunal. Au contraire, le climat était paisible, sans haine. Je suis admiratif des victimes, quelle dignité !

Qu’est-ce qui vous a marqué ?

P. Christian Delorme : La densité de l’événement. C’était une épreuve. Je rentrais chez moi les épaules lourdes des témoignages entendus. Ces témoignages des victimes étaient bouleversants, parce que tellement véridiques. Leur avocate, Me Loizzo, a dressé une sorte de martyrologe impressionnant. Je sentais leur souffrance, et j’avais envie d’aller leur serrer la main.

Vous l’avez fait ?

P. Christian Delorme : J’ai parlé avec Alexandre Hezez, j’ai aussi serré la main de François Devaux mais j’avais une certaine pudeur. Et puis c’est trop facile de serrer la main en disant”je vous admire’’. Savoir comment se positionner dans un procès est compliqué. Ça l’était encore plus pour les prévenus, car ils étaient animés à la fois d’un désir de justice - ils ont fait l’objet de poursuites injustes et sont très meurtris d’avoir été traînés dans la boue, depuis deux ans, assimilés à des pédophiles -, et en même temps, d’une compassion réelle pour les victimes. Or il est très compliqué de faire entendre une parole sincère, car très vite cela semble un langage convenu de curé. Comment être authentique ? Régine Maire a dit à un moment : « Mon rapport avec l’Église, c’est ’’je t’aime, moi non plus’’ », elle ne triche pas. Quand Xavier Grillon a pris la parole, il avait envie de pleurer, on l’a entendu, là aussi c’est authentique.

Procès Barbarin : parler ou se taire, l’hésitation des prévenus

Le choix du silence de la défense a été très mal perçu par les victimes...

P. Christian Delorme : Je crois que la plupart des prévenus avaient envie de parler mais, aujourd’hui, avec les médias, vos propos sont livrés instantanément hors du prétoire sur les réseaux sociaux, avec le risque d’être déformés. Les cités à comparaître voulaient éviter cela. Mais ce choix n’a pas été bien compris effectivement, d’autant que la présidente du tribunal n’a pas laissé l’avocat de Pierre Durieux (l’ancien directeur de cabinet du cardinal, NDLR.), le premier à s’exprimer, expliquer son choix. Aussi lorsqu’elle a vu que le silence était mal perçu, la défense a changé. Heureusement le cardinal a répondu. Et les autres aussi, quasiment à toutes les questions. C’était plus respectueux des victimes, venues pour parler mais aussi pour entendre.

Les avocats de la défense ont affirmé qu’il n’y avait pas de faute pénale, tout en reconnaissant des erreurs de gestion du cardinal. Est-ce que ça n’aurait pas été plus fort que l’archevêque le reconnaisse lui-même à l’audience ?

P. Christian Delorme : Le cardinal a reconnu déjà à plusieurs reprises des erreurs dans la gestion du diocèse, mais pas au procès car, pour la défense, ce procès devait être le lieu d’un jugement sur des arguments de droit et pas celui d’un mea culpa.

Au procès Barbarin, « ne pas réparer une injustice par une autre injustice »

Qu’attendez-vous du délibéré, qui sera rendu le 7 mars ?

P. Christian Delorme : Quel qu’il soit, j’espère qu’il y aura plus de parole partagée. S’il ne porte que sur des arguments procéduraux, ce ne sera pas satisfaisant. Il faut espérer que le tribunal, s’il va dans le sens de la relaxe, développera son argumentation.

Qu’avez-vous retiré de ce procès ?

P. Christian Delorme : Je suis ressorti pas tout à fait pareil, surtout à l’égard de la Parole libérée. Je ne comprenais pas très bien leur combat contre le cardinal que je connais. J’entendais sa souffrance, son désarroi. Je les ai vus dans leur vérité et ils m’ont beaucoup ému. On a toujours intérêt à faire circuler la parole. Et le fait que tous aient pu prendre la parole, les victimes, qui avaient choisi cet espace, comme les mis en cause, est déjà un acquis remarquable.

Ensuite, j’ai été frappé de voir le décalage entre le monde du cardinal et le monde des victimes et des journalistes, qui ne fréquentent pas l’Église et n’en ont pas les codes. Les incompréhensions que cela soulevait. Même la présidente du tribunal, qui ignorait ce qu’est une officialité (tribunal d’Église, NDLR.). L’Église s’enferme dans des codes qui deviennent incompréhensibles pour la société. Nous devons travailler à partager nos codes.

Et pour l’Église, quelles sont les leçons de ce procès selon vous ?

P. Christian Delorme : La question du cléricalisme soulevée par le pape François, c’est-à-dire ce sentiment de toute-puissance du prêtre, est un vrai chantier. Ce qui a permis ces crimes, c’est notamment le comportement de toute-puissance et d’impunité du prêtre.

On peut y répondre en augmentant le contrôle collectif entre prêtres, comme certains le suggèrent. Mais pour moi, c’est encore une forme de cléricalisme. Il s’agit plutôt de travailler avec les autres, avec la société, avec les laïcs sur un pied d’égalité. Acter que certes, les prêtres ont un ministère spécifique, mais tous les baptisés sont à égalité, ce qui signifie développer d’autres formes d’organisation dans nos diocèses. On se trompe lorsqu’on pense que toute responsabilité d’importance doit être coiffée par des prêtres.

Affaire Preynat, le procès du cardinal Barbarin

Recueilli par Céline Hoyeau[/size]

Josué

Josué
Administrateur

Comment une colère légitime s’est-elle retournée contre les mauvaises personnes, au mauvais moment ? Le président des Entretiens de Valpré regrette que le retard dans la dénonciation des actes infâmes du père Preynat et les effets de la procédure aient entraîné un déplacement de l’accusation ainsi qu’une haine médiatique, à la recherche d’un coupable à tout prix. La justice et le pardon y trouveront-ils leur compte ?

« Vous souffrez depuis trois ans ; moi je souffre depuis trente ans ! » Ces mots prononcés à la barre par une des victimes resteront ceux qui bouleversèrent le cardinal Philippe Barbarin, comme il l’indiquera dès les premiers instants après son procès. Les trois jours et demi vécus dans la salle du tribunal correctionnel de Lyon ont contrasté par la hauteur et la profondeur des débats, avec la tempête médiatique haineuse traversée par les prévenus depuis 2016. À l’heure où l’État semble contesté dans ses fondements mêmes, c’est l’honneur de notre pays et de notre démocratie que d’avoir permis que la justice puisse se rendre dans les meilleures conditions possibles.
Ce procès a été celui d’un juste combat mené malheureusement contre les mauvaises personnes et au mauvais moment. Par un processus en effet diabolique, il se trouve que les actes abominables du père Preynat, « serial violeur » d’enfants à Sainte-Foy-lès-Lyon dans les années 1980, ne seront pas jugés avant 2020, et ce n’est même pas sûr nous dit-on. Autre circonstance insupportable : pour un nombre important de victimes du père Preynat, la prescription des faits leur interdira d’obtenir la reconnaissance indiscutable des infamies qu’ils ont subies devant la justice.

La torpille a changé de cible

Alors comment ne pas fulminer de rage ? La toute légitime colère des victimes a besoin de trouver un exutoire. Cette douleur enfouie parce qu’inavouable — et notamment d’abord à ses propres parents — se compare à une explosion volcanique à retardement que rien ne peut plus contrôler, qui vire à l’irrationnel, savamment attisée par des lobbies ou des confréries plus animés par la destruction de l’Église que par la lutte contre la pédophilie. Et quoi de mieux qu’un prince de l’Église comme cible ? Après tout le chef doit payer, même s’il était jeune prêtre dans le diocèse de Créteil à l’époque des faits.
Pourtant, après des mois d’enquête, le parquet conclut le 1er août 2016 au classement sans suite des plaintes pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs et de non-assistance à personnes en péril, visant le primat des Gaules. Alors, cette soif de vengeance, cette nécessité de parler et surtout d’être enfin écouté, va trouver son expression dans cette procédure « en citation directe » permettant de mettre quasiment à genoux l’un des plus beaux symboles de l’Église en France. Cardinal, ami de longue date du pape François, brillant pasteur, défenseur de la vie dès sa conception jusqu’à la mort, de l’amour conjugal entre un homme et une femme, des chrétiens d’Orient oubliés, des Roms, de l’écologie, du christianisme social, de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux… La torpille lancée initialement contre une cible, le père Preynat, symbole absolu de la négation des valeurs de l’Évangile, en a « accroché » une autre, bien plus parlante. Que verra-t-on en effet in fine au procès de Preynat pour l’instant remisé aux calendes grecques ? Une condamnation acquise contre un vieil homme qui est déjà passé aux aveux.

Un mélange des genres

Depuis trois ans, nous assistons à un épouvantable mélange des genres entre le droit et la morale, entre la faute et l’erreur, entre les mots de la justice et ceux de la religion. Ces confusions ont entraîné la condamnation médiatique du cardinal Barbarin, foulant au pied la présomption de l’innocence, dont chacun s’accorde à dire qu’elle a de fortes chances d’être à nouveau reconnue le 7 mars prochain quand le verdict sera prononcé par la présidente du tribunale
Alors qu’il aurait pu facilement se retrancher d’ailleurs sous la double cuirasse de la prescription et du secret professionnel, acquise aux ministres du culte par la loi, le cardinal Barbarin lui-même, et par la voix de ses avocats, a dit n’avoir pas été réellement informé avant 2014 et surtout n’avoir jamais entravé la bonne marche de la justice. Ceux qui l’accusent aujourd’hui de ne pas avoir écouté la rumeur très floue qui circulait au sujet du père Preynat avant 2014, sont souvent ceux-là mêmes qui avaient des informations sérieuses et qui n’ont jamais rien dénoncé. Le cardinal a eu raison, car les bruits ne sont pas le fondement de la vérité. On a accusé le cardinal de ne pas dénoncer les abus sexuels alors que la première victime qu’il rencontre, majeure, père de famille, et en pleine possession de ses moyens lui annonçait en 2014 qu’il allait porter plainte, après que le cardinal l’encouragea justement à chercher d’autres victimes du prédateur. Il a eu raison de respecter la liberté individuelle qui est un fondement du droit.

Une exceptionnelle déclaration de repentir

Est-il possible de contrer une telle haine médiatique continue depuis trois ans ? On dira ici qu’il a reçu des dizaines de victimes d’abus sexuels depuis quatre ans, qu’il les a écoutées avec compassion. On rappellera qu’il a prononcé une exceptionnelle déclaration de repentir le 21 novembre 2016, reconnaissant les crimes des prêtres de son diocèse, les erreurs de ses prédécesseurs, et surtout les siennes avec une très grande humilité. On confessera sa douleur personnelle intime face à tant d’ignominies perpétrées par un homme de Dieu, sa colère, son incompréhension devant tant de scandales, même si l’Évangile selon saint Marc l’annonçait déjà : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. » On y ajoutera enfin la solitude qui a été la sienne, souvent abandonné en rase campagne face aux calomnies.


Procès sociétal, procès médiatique pour faire avancer la cause du combat contre les crimes sexuels, procès d’une Église, et non de l’Église, coupable il y a trente ans de gérer « en famille » les agissements de brebis galeuses, symbole d’un cléricalisme combattu par le pape François, qui a heureusement quasiment disparu de l’Église de France aujourd’hui. Mais est-ce donc le rôle de la justice que de devenir la tribune d’une cause, la chambre d’enregistrement des évolutions législatives souhaitées ? Si c’est le cas, soit, mais qu’elle dise avec force que des victimes innocentes ne peuvent entraîner la condamnation d’autres innocents.

Que la prière redouble

Au final, le plus grand mal que cette affaire aura fait, c’est celui d’avoir divisé les croyants, et même y compris les évêques de France, qui auront fini de perdre les repères du bon sens et du droit, abreuvés par la haine, le mensonge et l’amalgame. Gageons que ce verdict leur apportera un éclairage apaisant. C’est celui que le pape François lui-même a donné au cardinal Barbarin à plusieurs reprises depuis le début 2016, dans la force de leurs échanges, du discernement et de l’amitié, sous le regard de Dieu, en refusant sa démission. Philippe Barbarin est un homme de Dieu, debout, marqué à jamais dans son cœur, non pas par la calomnie, mais par les paroles des victimes de Bernard Preynat. Que la prière redouble d’intensité pour demander que tous ces hommes brisés reçoivent des torrents de grâce du Ciel. C’est un acte de foi que de croire que c’est déjà le cas y compris à travers ce procès. Mystère ineffable de l’Amour de Dieu.

Rene philippe

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Il vient d’où cet article ?

Josué

Josué
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Rene philippe a écrit:Il vient d’où cet article ?
https://fr.aleteia.org/2019/01/28/le-cardinal-au-tribunal-de-laccusation-mediatique/
 Site catholique.

Rene philippe

Rene philippe
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Merci

Josué

Josué
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[size=49]François Ozon : « L’Eglise est en train de prendre conscience du problème » de la pédophilie
Le père Preynat a assigné le réalisateur de « Grâce à Dieu » en référé, au nom du respect de la présomption d’innocence. Alors que son procès doit se tenir fin 2019, le prêtre demande le report de la sortie du film, qui raconte le sort de plusieurs victimes.[/size]

Propos recueillis par Jacques Mandelbaum Publié aujourd’hui à 14h03, mis à jour à 14h04

Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 D8d2b2d_0sRs88Qfx91VCCsT2_9LYa2tLe réalisatrançois Ozon (au centre), avec les acteurs Melvil Poupaud (à gauche) et Bernard Verley (de dos) sur le tournage du film « Grâce à Dieu ». MARS FILMS
François Ozon, cinéaste prolifique (dix-huit longs-métrages en vingt ans de carrière) et éclectique (thriller, comédie, comédie musicale, mélodrame…), se lance avec Grâce à Dieu dans la reconstitution d’un dossier judiciaire en cours. L’affaire est d’autant plus brûlante qu’elle traite de la pédophilie dans le milieu de l’Eglise.

Notamment interprété par Melvil Poupaud et Denis Ménochet, ce film choral évoque le sort de plusieurs victimes qui ont mis en cause le prêtre Bernard Preynat, 72 ans aujourd’hui, pour agressions sexuelles sur des mineurs durant son ministère à la paroisse de Sainte-Foy-lès-Lyon. Maintes fois dénoncé depuis 1978 pour un comportement qu’il a reconnu, le prêtre n’en a pas moins été maintenu par sa hiérarchie jusqu’en 2015.

A cette date, d’anciennes victimes du prêtre, scandalisées par l’inaction de l’Eglise et prêtes à assumer publiquement le viol de leur intimité, fondent une association, La Parole libérée, grâce à l’action de laquelle deux instructions judiciaires vont s’ouvrir. Celle de Bernard Preynat lui-même, dont le procès pourrait avoir lieu au cours de cette année, et celle du cardinal Philippe Barbarin et de cinq autres membres du diocèse de Lyon pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs, dont le procès s’est tenu début janvier.

C’est dans ce cadre que les producteurs, le distributeur et l’auteur ont été assignés en référé, notamment pour différer la sortie en salle du film, prévue mercredi 20 février. L’audience s’est tenue vendredi, et le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris donnera sa décision lundi. Entre temps, le film a été récompensé, samedi, du grand prix du jury du festival de Berlin.

Comment comprenez-vous les attaques dont votre film, avant même sa sortie, a fait l’objet ?


Je les comprends pour ce qu’elles sont, c’est une stratégie de la défense des parties mises en cause qui justifie de son action en faisant valoir que le film, s’il sortait aujourd’hui, porterait atteinte à leur présomption d’innocence. Il faut d’abord rappeler que notre tournage s’est déroulé en mars 2018, et qu’à ce moment, nous pensions que les procès auraient lieu plus rapidement, que le verdict tomberait en janvier 2019, et que nous sortirions le film dans la foulée. Cela ne s’est pas passé ainsi. Mais cela n’enlève rien au fait que le film s’est construit sur des documents qui existent, depuis le dossier monté par les victimes jusqu’aux aveux du Père Preynat, qui a déjà reconnu sa responsabilité. Il n’y a aucun scoop dans ce film. Il n’invente ni ne dit rien qui n’ait déjà été porté à la connaissance du public par la presse, les livres ou les documentaires consacrés déjà à cette affaire. Je pense que la raison de l’attaque marque aussi la puissance du cinéma.





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Marmhonie

Marmhonie
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Quand on touche à la boue, toujours on s'y salit.

Mikael

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Pourquoi le journaliste se salit d'après toi?

papy

papy
[size=62]Verdict attendu dans le procès du cardinal Philippe Barbarin[/size]
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 PlaceholderLe cardinal Philippe Barbarin le 7 janvier 2019, à Lyon. ((JEFF PACHOUD / AFP))

Le cardinal Philippe Barbarin va savoir ce jeudi si le tribunal de Lyon le condamne pour ne pas avoir dénoncé les agressions pédophiles d'un prêtre de son diocèse.


Par L'Obs
Publié le 07 mars 2019 à 07h54




  • Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 16704812


    "Le cardinal Barbarin s’en veut, il n’avait jamais envisagé des choses pareilles"



Silence coupable ou "erreur d'appréciation"? Le cardinal Philippe Barbarin va savoir ce jeudi si le tribunal de Lyon le condamne pour ne pas avoir dénoncé les agressions pédophiles d'un prêtre de son diocèse.
L'audience de début janvier avait marqué les esprits, tant le prélat incarne depuis trois ans en France la crise de l'Église face à la pédophilie, qui vient de faire l'objet d'un sommet inédit de la hiérarchie catholique au Vatican.
A l'issue des débats, la procureure Charlotte Trabut n'avait pas requis de peine à l'encontre de l'archevêque, ni des cinq anciens membres du diocèse poursuivis avec lui, tout en assurant de son impartialité: "le ministère public ne s'oppose pas aux parties civiles, pas plus qu'il ne soutient mordicus les prévenus".
Une position délicate à tenir après les témoignages, crus et poignants, livrés à la barre par d'anciens scouts à l'origine de l'affaire. Mais un avis conforme à celui du parquet, qui avait classé sans suite une première enquête en 2016. Les six accusés encourent trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

"Le cardinal Barbarin s'en veut, il n'avait jamais envisagé des choses pareilles"

Josué

Josué
Administrateur
[size=62]Barbarin condamné à 6 mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d'abus sexuels[/size]
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 PlaceholderLe cardinal Barbarin, au premier jour de son procès (JEFF PACHOUD / AFP)

Un jugement symbolique car le prélat incarne depuis trois ans en France la crise de l'Eglise face à la pédophilie.


Par L'Obs
Publié le 07 mars 2019 à 10h09

La procureure n'avait pas requis de peine contre lui. Mais le tribunal en a décidé autrement. Le cardinal Barbarin a été condamné ce jeudi 7 mars par le tribunal correctionnel de Lyon à 6 mois de prison avec sursis pour la non-dénonciation des agressions pédophiles d'un prêtre de son diocèse.
En l'absence du cardinal, la présidente du tribunal Brigitte Vernay l'a "déclaré coupable de non-dénonciation de mauvais traitements" envers un mineur entre 2014 et 2015.
L'un des plaignant a salué "une grande victoire pour la protection de l'enfance". Les avocats de Mgr Barbarin ont toutefois d'ores et déjà annoncé qu'ils feront appel de sa condamnation.

[size=42]Un procès symbolique[/size]


L'audience, qui s'était tenue début janvier, avait marqué les esprits, tant le prélat incarne depuis trois ans en France la crise de l'Eglise face à la pédophilie, qui vient de faire l'objet d'un sommet inédit de la hiérarchie catholique au Vatican.
A l'issue des débats, la procureure Charlotte Trabut n'avait pourtant pas requis de peine à l'encontre de l'archevêque, ni des cinq anciens membres du diocèse poursuivis avec lui, tout en assurant de son impartialité : "Le ministère public ne s'oppose pas aux parties civiles, pas plus qu'il ne soutient mordicus les prévenus."
Une position délicate à tenir après les témoignages, crus et poignants, livrés à la barre par d'anciens scouts à l'origine de l'affaire. Mais un avis conforme à celui du parquet, qui avait classé sans suite une première enquête en 2016. 

Josué

Josué
Administrateur
Il va demander sa démission au pape et d'un autre coté il fait appel de la décision de justice.

Lechercheur


Pas besoin de démissionner il suffit qu'il reconnaisse qu'il a manqué de jugement et c'est humain après tout.
Par contre il ne devrait pas faire appel.
Enfin c'est mon humble avis.

Josué

Josué
Administrateur

Condamné à six mois de prison avec sursis ce jeudi, le cardinal Barbarin a annoncé son intention de remettre sa démission au pape.

Il tire les conséquences de sa condamnation. Le cardinal Barbarin, condamné à une peine de six mois de prison avec sursis, pour non-dénonciation d'agressions pédophiles commis par un prêtre dans son diocèse, a annoncé dans la foulée qu'il allait remettre sa démission au pape. 

"J'ai décidé d'aller voir le Saint Père pour lui remettre ma démission. Il me recevra dans quelques jours", a indiqué devant la presse l'archevêque de Lyon après avoir dit "prendre acte de la décision du tribunal". "Indépendamment de mon sort personnel, je tiens à redire toute ma compassion pour les victimes", a-t-il ajouté dans une brève déclaration de moins d'une minute. En avril 2016, aux débuts de l'affaire, le prélat avait déjà proposé sa démission mais celle-ci avait été refusée par le Pape. 


"Trop tard" pour une association de victimes

Le cofondateur de l'association de victimes "La Parole libérée", François Devaux, a jugé que la démission du cardinal Barbarin arrivait "trop tard". "Il était temps. Fallait-il aller aussi loin pour prendre une telle décision ?", a-t-il ironisé. "Ca arrive trop tard pour l'Eglise. Nous on a pas bougé: ça fait quatre ans qu'on dit la même chose et que personne ne voulait entendre. La décision aurait dû être prise depuis très longtemps. C'est le Pape qui aurait dû prendre cette décision", estime-t-il. 
LIRE AUSSI >> Barbarin: le jour du jugement des hommes 

Dans un communiqué transmis quasi-instantanément à la presse, la Conférence des évêques de France (CEF) a également "pris acte de la décision de justice" et estimé que le choix du primat des Gaules de présenter sa démission au Pape François relevait "de sa conscience personnelle". "Il appartiendra au Pape de lui donner la suite qu'il jugera opportune", a encore estimé la CEF. 

LIRE NOTRE DOSSIER COMPLET

Le cardinal Barbarin


  • Non-dénonciation : six mois avec sursis pour le cardinal Barbarin, qui fait appel
  • Soupçons de pédophilie: un prêtre dénoncé à la légère?
  • "Grâce à Dieu": "De fervents catholiques nous ont remerciés"


Immédiatement après l'annonce du jugement, la défense de l'archevêque de Lyon avait annoncé son intention de faire appel de cette décision. Alors que le parquet avait classé sans suite une procédure contre le cardinal Barbarin, et que celui-ci était poursuivi en citation directe par "La Parole libéré", le tribunal s'est montré sévère à 
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Josué

Josué
Administrateur

Le pape n’a pas accepté la démission du cardinal Barbarin « invoquant la présomption d’innocence ». Le plus haut dignitaire catholique français a toutefois annoncé qu’il se mettait en retrait.

Le pape François a refusé la démission du cardinal Barbarin. « En invoquant la présomption d’innocence, il n’a pas voulu accepter cette démission », a indiqué l’archevêque de Lyon dans

©️ Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/france/eglise-le-pape-refuse-la-demission-du-cardinal-barbarin-19-03-2019-12236335.php#GVLxU8rjD0Ju44vf.99

Rene philippe

Rene philippe
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Il a fait appel du jugement ?

Mikael

Mikael
MODERATEUR
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Donc il ne se sent pas coupable.

Josué

Josué
Administrateur
[size=62]Le pape refuse la démission de Barbarin : "l'erreur de trop" pour les victimes de pédophilie[/size]
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 PlaceholderFrançois Devaux, président de la Parole Libérée, le 7 mars 2019 à Lyon, au procès du cardinal Barbarin pour non-dénonciation d'abus sexuels. (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

L'association La Parole libérée, qui regroupe des victimes d'un prêtre pédophile dans le diocèse de Lyon, dénonce une décision "choquante".

Par L'Obs avec AFP
Publié le 19 mars 2019 à 16h06


François Devaux, cofondateur de l'association La Parole libérée qui regroupe des victimes d'un prêtre pédophile, a jugé que le refus par le pape de la démission du cardinal Philippe Barbarin était "l'erreur de trop".

Les victimes du prêtre Preynat : "On n'a jamais voulu se mettre en avant"

"Cela me paraissait improbable, que [le pape] puisse faire une telle erreur. C'est incroyable", a réagi auprès de l'AFP François Devaux."Je crois que cet homme-là [le pape] va réussir à tuer l'Eglise. C'est l'erreur de trop. Cela montre à quel point on a raison et que le problème est intrinsèque au dogme."
Le cardinal Philippe Barbarin a été condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agressions pédophiles commises dans son diocèse par le père Bernard Preynat dans les années 1980/1990.

[size=42]Une décision "choquante"[/size]

Reçu lundi matin en audience privée au Vatican, le primat des Gaules a vu sa démission refusée par le pape François. Il reste donc archevêque de Lyon en attendant son procès en appel, mais il a annoncé qu'il se mettait "en retrait pour quelque temps".

La Conférence des évêques "s'étonne" de la situation "inédite" du cardinal Barbarin

Un autre porte-parole de La Parole libérée, Pierre-Emmanuel Germain-Thill, a dénoncé une décision "choquante" et "un faux pas de plus" de la part du pape. La condamnation de Mgr Barbarin en première instance, "ce n'est pas pour rien", a-t-il estimé, avant d'ajouter :
"On va continuer de se battre. Pour les victimes, moralement c'est difficile, car quatre ans après, le père Preynat n'est toujours pas condamné et nous n'avons pas de date de procès."

Josué

Josué
Administrateur
[size=44]Démission du cardinal Barbarin : comment expliquer le refus du pape François ?[/size]
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 Barbarin-pope-francis
HO / VATICAN MEDIA / AFP


I-Media | 20 mars 2019

Le pape François a refusé le 19 mars 2019 la démission présentée par le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, condamné en première instance pour non-dénonciation d’abus sexuels sur mineurs. Si la décision a pu surprendre, elle vise avant tout à éviter de créer une jurisprudence.


Comme il était possible de s’y attendre, la décision du chef de l’Église catholique de refuser la démission du cardinal Barbarin a surpris beaucoup et déçu certains. Les porte-parole de l’association « La parole libérée », regroupant des victimes du père Preynat, ont ainsi parlé d’une décision « choquante », d’un « faux pas de plus », de « l’erreur de trop ».

Le pape François refuse la démission du cardinal Barbarin
En réalité, le pape François avait annoncé dès 2016 quelle serait sa position dans « l’affaire Barbarin » : « on verra après la conclusion du procès », avait-il annoncé. Et en homme qui ne compte certainement pas se laisser imposer des décisions par la pression médiatique, le souverain pontife s’est tenu à cette position. Le cardinal et le parquet ayant fait appel, la décision de première instance est réduite à néant et le haut prélat présumé innocent. Le Pape acceptera une éventuelle démission à la fin des procédures judiciaires et pas avant.

Les cas Wuerl et Wilson


En maintenant le primat des Gaules — pour qui il a respect et amitié — à sa charge, le pape François a respecté stricto sensu la justice française et son fonctionnement. Mais son choix a probablement aussi dicté par le souci d’éviter de créer un précédent. Quoiqu’en disent certains, le cardinal Barbarin n’a semble-t-il pas cherché à dissimuler la vérité sur l’affaire Preynat. Si lui-même n’a pas dénoncé le prêtre à la justice, il a encouragé les victimes à le faire. Son cas n’est donc pas celui de Mgr Philip Wilson dont le pape avait accepté la démission de l’archevêché d’Adélaïde (Australie) après sa condamnation pour couverture d’abus sexuels. Le cardinal Barbarin n’est pas non plus le cardinal Wuerl, qui avait dû démissionner de l’archevêché de Washington (États-Unis) après sa mise en cause pour sa gestion des cas d’abus.

Tant le cardinal Wuerl que Mgr Wilson ont été accusés pour leur gestion personnelle des cas d’abus. Le cardinal Barbarin a, lui, hérité d’une situation et des décisions de ses prédécesseurs. En première instance, la justice française lui a reproché de ne pas avoir dénoncé et non pas d’avoir dissimulé. Si la nuance est faible, elle n’en demeure pas moins importante. Si le pape François avait accepté la démission de l’archevêque de Lyon, un poste prestigieux au sein de l’Église catholique, il en aurait fait jurisprudence. Il aurait alors été injustifiable de ne pas exiger la démission de tout évêque n’ayant pas dénoncé un prêtre accusé d’abus sexuels, même commis il y a plusieurs décennies. Cela aurait alors créé un grand risque pour nombre d’évêques ayant hérité, comme le cardinal Barbarin, des décisions de leurs prédécesseurs.

L’indépendance du pape


De même, dans certains pays les évêques hésitent à dénoncer de tels faits, car ils se méfient de la justice de leur pays et des réactions de la foule. Torture, lynchage ou encore justice expéditive sont des réalités dans de nombreux endroits du monde. Ou encore, quid des évêques qui n’ont pas rapporté à la justice des accusations qu’ils n’ont pas jugées crédibles ? Existent encore des cas où les évêques ne dénoncent pas, par respect envers les victimes qui ne veulent pas voir l’affaire être étalée sur la place publique.

Accepter la démission du cardinal Barbarin comme conséquence immédiate et directe d’un jugement en première instance aurait entraîné un risque trop grand sur la responsabilité des évêques uniquement devant le pape quant à leur charge. Si le souverain pontife avait accepté la démission du haut prélat français, il aurait couru le risque de devoir accepter la démission de tout évêque accusé par le tribunal médiatique. Ainsi, si le pape François veut lutter contre les abus sexuels et ceux qui étouffent de tels scandales, il n’est pas pour autant prêt à sacrifier l’indépendance du successeur de Pierre dans la nomination des évêques.

Josué

Josué
Administrateur
[size=62]Cardinal Barbarin : le pape insiste sur la « présomption d’innocence »[/size]
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 PlaceholderLe pape François a répondu à des journalistes dans l’avion qui l’a ramené du Maroc, le 31 mars. (ALBERTO PIZZOLI/AFP)

« Dans la jurisprudence mondiale classique, il y a la présomption d’innocence tant que le cas est ouvert. Il a fait un recours, et le cas est ouvert », a commenté le pape François.

Par L'Obs avec AFP
Publié le 01 avril 2019 à 10h29




Le pape, critiqué pour avoir récemment refusé la démission proposée par le cardinal français Philippe Barbarin, a insisté dimanche sur la règle juridique universelle de « la présomption d’innocence », dans l’avion qui le ramenait du Maroc.
Le prélat a été condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les abus sexuels d’un prêtre de son diocèse.
LIRE AUSSI > « Le pape ne veut pas perdre le cardinal Barbarin »
Au lendemain d’une audience avec le pape au Vatican, le prélat français avait annoncé le 19 mars que sa démission avait été refusée dans l’attente du résultat de son procès en appel. Le cardinal de 68 ans reste pour l’instant archevêque de Lyon, mais il s’est mis « en retrait », laissant la conduite du diocèse au vicaire général.

[size=42]« Présomption d’innocence tant que le cas est ouvert »

Le Vatican avait confirmé sans toutefois en détailler les motifs, alors que cette annonce avait provoqué l’indignation des victimes de pédophilie dans le diocèse de Lyon.
« Le cardinal Barbarin, un homme d’Eglise, a présenté sa démission. Moi, je ne peux pas moralement l’accepter car juridiquement, aussi dans la jurisprudence mondiale classique, il y a la présomption d’innocence tant que le cas est ouvert. Il a fait un recours, et le cas est ouvert », a commenté le pape, interrogé par un journaliste français sur sa décision.
« Quand le second tribunal délivrera une sentence, on verra ce qui se passera », a poursuivi le pape en s’opposant à « une condamnation médiatique superficielle ».
« Peut-être n’est-il pas innocent, mais il faut présumer qu’il l’est. »
Le cardinal Barbarin « a préféré, honnêtement, dire je me retire, je prends un congé volontaire et je laisse le vicaire général gérer le diocèse jusqu’à la fin du procès », a expliqué le pape.
LIRE AUSSI > Le pape refuse la démission de Barbarin : « l’erreur de trop » pour les victimes de pédophilie
Réputé proche de Mgr Barbarin, le pape argentin a longtemps pris personnellement la défense du cardinal français. Lorsque l’affaire avait éclaté en 2016, il avait déjà rejeté une démission du prélat, jugeant qu’elle serait « un contresens, une imprudence », avant l’issue de son procès.
Le scandale pédophile et Mgr Barbarin - Page 3 7671416414966
L'Obs avec AFP
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Josué

Josué
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[size=33]« Au Vatican, les prêtres draguent activement – comme tout le monde »[/size]


[size=33]Frédéric Martel, l'auteur de « Sodoma » qui a révélé l'ampleur de l'homosexualité dans l'Église, répond à ses critiques et fustige l'hypocrisie des vaticanistes.[/size]


Par Frédéric Martel
Modifié le 29/05/2019 à 08:14 - Publié le 28/05/2019 à 14:49 | Le Point.fr


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Frédéric Martel.
:copyright: Leonardo Cendamo/Leemag
C'est un best-seller explosif auquel Le Point avait consacré sa couverture en février. Révélant l'ampleur de l'homosexualité au sein de l'Église catholique et l'hypocrisie du Vatican sur la question, Sodoma (Robert Laffont) s'est déjà vendu à plus de 300 000 exemplaires dans le monde. L'enquête de Frédéric Martel a globalement été bien reçue chez les fidèles. Il a aussi prouvé qu'en France on pouvait critiquer toutes les religions. Plusieurs ambassadeurs ont ainsi convié l'auteur – y compris dans les pays arabes –, car c'est pour eux un bon argument pour montrer que notre pays traite toutes...

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