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condamnation à mort d'Asia Bibi, mère de famille catholique,

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Josué

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La Haute Cour de Lahore, au Pakistan, a confirmé la condamnation à mort d'Asia Bibi, mère de famille catholique, accusée de blasphème envers Mahomet. Emprisonnée depuis cinq ans, son seul espoir réside désormais dans la décision de la Cour suprême, ultime instance judiciaire du Pakistan.


En juin 2009, Asia Bibi est arrêtée dans son village du Penjab, province orientale du Pakistan. Répondant à des femmes la traitant d' « impure », elle aurait rétorqué qu'elle était fière d'être chrétienne, car Jésus était mort sur la croix, à la différence de Mahomet. Cela suffit pour tomber sous le coup de la loi sur le blasphème, une peine de prison pour toute offense envers Mahomet inscrite dans le Code pénal pakistanais en 1986 par le régime islamiste du général Zia ul-Haq.
A l'époque, le prétexte était de moderniser les lois coloniales britanniques, qui punissaient les outrages envers les différentes religions pour préserver la paix civile. Depuis, un millier de personnes ont été concernées par des accusations de blasphème dans le pays : dans la moitié des cas des non-musulmans, chrétiens ou hindous, qui représentent 3 % de la population pakistanaise.
Depuis le début des années 2000, les islamistes ont fait de la loi sur le blasphème une arme contre les minorités non-musulmanes. Le cas d'Asia Bibi intervient alors que le gouvernement central pakistanais est affaibli, confronté à l'insurrection des Talibans. Il déchaîne les passions identitaires d'une société qui se définit comme exclusivement islamique, face à l'Inde hindoue. Alors qu'aucune peine martiale n'avait été prononcée depuis 2008, Asia Bibi est condamnée à mort par pendaison en novembre 2010. Défendue par un avocat chrétien, elle fait alors appel. Le tribunal de Lahore vient donc, quatre ans plus tard, de confirmer sa décision.
Pendant ces quatre années d'attente, Asia Bibi est emprisonnée dans des conditions exécrables, privées de tout contact avec sa famille. Le gouverneur de la province du Penjab, Salman Taseer, prend sa défense et la visite en prison. Le ministre des minorités religieuse, le catholique Shahbaz Bhatti, qui se bat contre la loi sur le blasphème depuis 1986, se démène pour la libérer. Les deux hommes politiques sont assassinés, en janvier et en mars 2011, par des islamistes. Ces derniers accentuent leur pression sur le gouvernement, en faisant défiler des milliers de personnes pour le maintien de la loi.
Devant l'inaction des autorités pakistanaises, la famille d'Asia Bibi a fait appel à l'Eglise. Le Pape Benoît XVI a appelé la communauté internationale à la faire libérer. Le gouvernement français s'est déclaré prêt en 2011 à lui offrir l'asile politique. Puis, le silence est retombé sur la prisonnière chrétienne.
Au lendemain de Noël 2013, Asia Bibi écrit une lettre au pape François, dans laquelle elle le remercie pour son soutien, et évoque ses conditions de détention : « J'ignore combien de temps je pourrai tenir. Si je suis encore en vie, c'est grâce à la force que vos prières me donnent. (…) Aujourd'hui, je veux simplement me confier à la miséricorde de Dieu, qui peut tout. Lui seul peut me libérer. »
Le verdict des juges de Lahore a été accueilli avec effarement par les soutiens d'Asia Bibi. Le dernier espoir pour sa libération réside désormais dans une décision de la Cour suprême pakistanaise, ou dans une grâce présidentielle. Mais le prix payé par Salman Taseer et Shahbaz Bhatti risque fort de dissuader la classe politique pakistanaise.

Josué

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L'interminable procès d'Asia Bibi


LAURENCE DESJOYAUX 
CRÉÉ LE 18/11/2014 / MODIFIÉ LE 19/11/2014 À 12H33


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© MARTIN BUREAU / AFP
La mobilisation pour sauver cette chrétienne condamnée à mort pour blasphème en 2010 prend de l’ampleur en France.


L’affaire commence en 2009 lors de ce qui semble être une dispute de voisinage autour d’un verre d’eau. Asia Bibi, 47 ans, est accusée par deux autres femmes de son village d’avoir insulté le prophète Mahomet.
L’enquête est bâclée. La mère de cinq enfants est jetée en prison, puis condamnée à mort pour blasphème en 2010. Une première pour une femme. Dans le même temps, sa tête est mise à prix par un groupe islamiste. Deux personnalités politiques qui ont pris sa défense, Salman Taseer, gouverneur du Penjab, puis Shahbaz Bhatti, ministre des Minorités religieuses, sont assassinés en 2011. La pression des groupes islamistes est telle que le procès s’éternise. L’appel est sans cesse repoussé.
Quand il a finalement lieu, le 16 octobre, la Haute Cour de Lahore (Pendjab) l’expédie en quatre heures. Asia Bibi « perd espoir », témoigne son mari Ashiq Masih à l’AFP le 31 octobre. Signe de la tension ambiante, un couple de chrétiens accusés de blasphème a été brûlé vif par une foule le 4 novembre, quelques jours après le verdict.

Des perspectives incertaines


« La défense dispose maintenant de 30 jours pour faire appel devant la Cour suprême, non pas depuis la date du jugement, le 16 octobre, comme beaucoup l’on cru au départ, mais depuis la date de sa publication, le 5 novembre», explique Emmanuel Derville, journaliste en Inde et au Pakistan depuis 2009, en contact avec l’avocat d’Asia Bibi, Naeem Shakir.
Christine Laroque confirme l’information : « La date limite du dépôt de pourvoi d’Asia Bibi devant la Cour suprême est fixée au 4 décembre, l’imminence d’une exécution dans les trois jours est clairement à écarter. » Paul Bhatti, directeur de l’Alliance des minorités du Pakistan (Apma), mise sur cet ultime recours : « Il y a des chances qu’elle soit libérée par la Cour suprême, car, hors des pressions de la rue et des religieux fondamentalistes, les juges pourront se prononcer plus sereinement », indiquait récemment à l’agence Apic l’ancien ministre de l’Harmonie nationale au Pakistan, frère de Shahbaz Bhatti.
Un « optimisme » que ne partage pas la journaliste Anne-Isabelle Tollet, qui a recueilli le témoignage de la chrétienne dans Blasphème (Oh Éditions, 2011) et qui est en contact avec sa famille : « Si la Cour suprême accepte l’appel, et ce n’est pas gagné, il peut se passer trois ans avant qu’elle soit rejugée. Ensuite, les juges prendront difficilement le risque de l’innocenter, car ils risqueraient leur peau. »

Une bombe politique


Le ­Pakistan a signé en 2008 un moratoire sur la peine de mort. « Depuis, une seule personne a été exécutée, précise Christine Laroque, et au Pakistan, jamais personne, jusqu’à présent, n’a été exécuté pour blasphème. » En revanche, selon l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), au moins 226 ont été condamnées à mort en 2013 et plus de 8 500 se trouvent actuellement dans le couloir de la mort. Elles pourrissent dans des geôles où le recours à la torture est récurrent. C’est donc là que pourrait se retrouver la Pakistanaise si la Cour suprême rejette son appel.
« Il y a effectivement un moratoire sur la peine de mort, mais le cas d’Asia Bibi est unique donc il n’y a pas de règles », estime Anne-­Isabelle ­Tollet, qui a récemment rencontré la garde des Sceaux ­Christiane Taubira pour évoquer sa situation.
Faut-il lancer une grande mobilisation occidentale pour faire bouger les autorités pakistanaises ? C’est la question que se sont posée nombre d’ONG et d’acteurs du dossier. « Le cas Asia Bibi est une bombe politique au Pakistan. Il semble impossible que les autorités pakistanaises l’exécutent vu la pression internationale, mais, en même temps, la médiatisation les empêchent de la libérer car la pression interne est trop forte. Du coup, depuis quelque temps, les procès sont sans cesse repoussés, souligne Clémence Martin, attachée de presse pour l’ONG Portes ouvertes. Nous préférons donc ne pas trop en parler et agir plus discrètement par le biais de la diplomatie auprès des instances internationales. »
Paul Bhatti estime même que la mobilisation ­occidentale est ­contre-productive : « Il faut rallier à nous les mollahs et les imams réputés, les persuader de plaider l’innocence d’Asia Bibi en déplaçant l’argumentaire sur le terrain de la charia. Mais c’est la méthode inverse qui est appliquée. La mobilisation occidentale renforce les préjugés des islamistes. Pour eux, les chrétiens pakistanais sont des agents de l’Occident qu’ils accusent d’être en guerre contre l’islam », confiait-il à Emmanuel Derville dans le Figaro du 22 octobre.

Une loi instrumentalisée


Pour Christine Laroque, l’élan international est au contraire crucial. « Asia Bibi est devenue emblématique de cette loi sur le blasphème. À travers elle, nous nous battons pour les centaines de musulmans victimes de cette loi qui est instrumentalisée à des fins de corruption ou de règlements de comptes », insiste-t-elle. « La discrétion a assez duré, ajoute Anne-Isabelle Tollet. C’est le moment de faire du bruit. Notre seule chance qu’elle ne meure pas à petit feu ou qu’elle ne soit pas un jour pendue réside dans la grâce présidentielle. »
En France, des politiques de tous bords ont lancé des appels et Anne Hidalgo, maire de Paris, a promis d’accueillir Asia Bibi quand elle sera libérée. Du fond de sa prison, celle-ci a confié à son mari sa peur d’être oubliée : « Vous êtes ma seule chance de ne pas mourir au fond de ce cachot. S’il vous plaît, ne me laissez pas tomber. Je n’ai pas blasphémé. » (Figarovox, 17 novembre).

chico.

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Le pays doit avoir peur des retombées internationale et il fait traîner en longueur .

Josué

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[size=44]La Cour suprême du Pakistan, dernière chance d’Asia Bibi[/size]
 Agnès Pinard Legry | 08 octobre 2018

MARTIN BUREAU / AFP

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La Cour suprême du Pakistan examine à partir de ce 8 octobre un recours déposé par Asia Bibi, une chrétienne emprisonnée depuis neuf ans au Pakistan pour blasphème.

Nouveau rebondissement dans l’affaire Asia Bibi. La Cour suprême du Pakistan devait se pencher ce lundi sur un recours déposé par la jeune pakistanaise, chrétienne et mère de famille, condamnée à la peine capitale et emprisonnée depuis neuf ans pour blasphème. À l’issue d’une audience de près de trois heures, l’institution a annoncé qu’elle différait son jugement. « Nous réservons le jugement pour le moment », a ainsi déclaré le juge Saqib Nisar.

Condamnée à mort en novembre 2010

C’est en juin 2009 que la vie d’Asia Bibi, mère de cinq enfants, a basculé. Alors qu’elle travaillait aux champs, une dispute a éclaté entre des ouvrières agricoles musulmanes et Asia Bibi, de confession chrétienne, au sujet d’un verre d’eau. Celle-ci a été arrêtée et accusée d’avoir insulté le prophète Mahomet. Elle a été condamnée à la peine de mort par pendaison en novembre 2010 en application des lois sur le blasphème.
 
Lire aussi :
Le pape François invité à se rendre au Pakistan

À la suite de la condamnation à mort d’Asia Bibi en 2010, le président de la République de l’époque avait annoncé qu’il pourrait la gracier, provoquant ainsi de vives réactions au sein de la population. Il était par la suite revenu sur ses propos, déclarant attendre la décision de la Haute cour de Lahore.
Cette affaire a cristallisé les tensions au sein même du pays concernant la loi interdisant le blasphème, et suscité de vives tensions entre les islamistes et les autorités. Un gouverneur et un ministre ont été assassinés pour avoir publiquement défendu Asia Bibi. Sensible à son histoire, le pape Benoît XVI avait envoyé fin 2010 le Cardinal Tauran au Pakistan pour demander sa libération. Le pape François a quant à lui reçu la famille d’Asia Bibi au Vatican en février 2018.
 
Lire aussi :
« Aie pitié de moi, Seigneur », répète Asia Bibi du fond de sa cellule

La Cour suprême n’a pas précisé quand la décision pourrait être rendue. En 2016, une précédente audition devant l’instance judiciaire la plus élevée au Pakistan avait été annulée suite au désistement au dernier moment de l’un des trois magistrats appelés à se prononcer. Si la Cour suprême devait valider la sentence, Asia Bibi pourrait en dernier recours solliciter la grâce du président pakistanais.

samuel

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Depuis 2009 elle se trouve en prison,c'est quand même long.

Josué

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Dans son édito international du 11 octobre, le journaliste Vincent Hervouet est revenu sur le cas d’Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort au Pakistan. Lundi 8 octobre, la Cour suprême du Pakistan a différé sine die le jugement du dernier recours d’Asia Bibi.


« Asia Bibi attend depuis dix ans le couloir de la mort. Parler de couloir est abusif, c’est un cagibi sans fenêtres. Sans contact avec les autres détenus. En comparaison, les moines à la trappe vivent au Club Med. » C’est avec ces mots que le journaliste Vincent Hervouet a commencé son édito international ce 11 octobre sur Europe 1. Son crime ? Avoir bu l’eau du puits dans la timbale d’une musulmane qui s’est dite souillée. « Le lendemain, le mufti l’a accusée de blasphème. Une vendetta de village, on dirait du Maupassant », décrit le journaliste.

Josué

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[size=44]Les proches d’Asia Bibi dans l’attente de son jugement[/size]
 Agnès Pinard Legry | 15 octobre 2018

Ben STANSALL I AFP

Ashiq et Eisham Ashiq, le mari et la fille d'Asia Bibi.

Pakistanaise chrétienne condamnée à la peine de mort pour blasphème en 2010, Asia Bibi se trouve actuellement dans l’attente du jugement de la Cour suprême du Pakistan.


Quel futur pour Asia Bibi ? Emprisonnée depuis 2009 et condamnée à mort pour blasphème en 2010, la vie de la chrétienne pakistanaise Asia Bibi est suspendue au jugement de la Cour suprême du Pakistan. L’institution a annoncé lundi 8 octobre qu’elle différait son jugement mais plusieurs observateurs estiment que ce dernier devrait être connu très prochainement. Au Pakistan, la situation est explosive. Le mot a été donné aux médias nationaux de ne pas commenter l’affaire. Ce week-end, les islamistes radicaux du parti Tehreek-e-Labbail ont appelé à manifester pour réclamer la mort d’Asia Bibi et intimider les juges de la Cour suprême.
 
Lire aussi :
Asia Bibi : le coup de gueule de Vincent Hervouet sur Europe 1
Accueilli en Grande-Bretagne par l’association de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), le mari d’Asia Bibi, Ashiq Masih, accompagné de sa fille Esham, a affirmé qu’en cas d’acquittement, elle devra quitter le Pakistan. « Quand je leur ai posé la question de l’avenir d’Asia Bibi, son mari et sa fille avaient l’air confiant », explique Marc Fromager, directeur de l’AED. « Plusieurs options existent : soit l’issue est favorable et elle est en train ou va être exfiltrée hors du Pakistan, soit elle va être pendue prochainement, soit l’affaire peut encore durer un ou deux ans. Mais je pense, en tout cas j’espère, que l’annonce de ce délai dans le jugement est un signal positif ».

Un risque d’émeutes violentes important


« Quel que soit le verdict, il risque d’y avoir de grands manifestations au Pakistan dans les prochains jours », prévient le directeur de l’AED. En cas de condamnation les membres du parti Tehreek-e-Labbail vont très certainement laisser exploser leur joie et en cas de libération « il risque d’y avoir des représailles et des violences envers les minorités chrétiennes ».

Josué

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La Cour suprême du Pakistan a acquitté ce mercredi la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010. Elle devrait être libérée "immédiatement".


Son cas avait suscité l’indignation dans le monde entier. Mais Asia Bibi « a été acquittée de toutes les accusations » qui pesait sur elle a indiqué mercredi le juge Saqib Nisar lors de l’énoncé du verdict à la Cour suprême. Asia Bibi qui se trouve actuellement incarcérée dans une prison à Multan va être libérée « immédiatement » a-t-il précisé. Cette décision pourrait susciter l’ire des fondamentalistes musulmans qui appelaient de longue date à son exécution et dont des membres menaçaient ouvertement les juges statuant sur cette affaire.

Mikael

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Je pense que l'histoire n'est pas fini dans ce pays.
En tout cas c'est très bien pour cette personne, qui va sûrement quitter son pays car elle risque sa vie.

Josué

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Anne-Isabelle Tollet, journaliste spécialiste du Pakistan, voit dans la libération d’Asia Bibi l’espoir d’une nouvelle jurisprudence, qui mettrait fin aux effets tyranniques de la loi anti-blasphème.
Anne-Isabelle Tollet ancienne chef du bureau de France 24 à Islamabad et actuelle rédactrice en chef sur la chaîne CNews, réagit à la libération d’Asia Bibi. Elle a consacré à cette femme le livre La mort n’est pas une solution (Éditions du Rocher, 2015).

Aleteia : Comment l’affaire Asia Bibi est-elle devenue une affaire d’État… Et même une affaire internationale ?
Anne-Isabelle Tollet : Le cas d’Asia Bibi n’est à l’origine qu’un simple problème de jalousie. Deux femmes, qui avaient un contentieux avec Asia Bibi, ont monté de toutes pièces cette affaire. En décrivant cela je n’interprète rien, mais cite le rapport que la Cour Suprême vient de rendre. Malheureusement, c’est presque une histoire banale au Pakistan. On peut accuser de blasphème un propriétaire indélicat, ou un voisin avec lequel on a un litige. Dans le cas d’Asia Bibi, elle a été carrément condamnée à mort, et l’intervention du pape Benoît XVI a fait connaître sa situation au monde entier. Mais il y a actuellement près de 2.000 Pakistanais qui croupissent en prison à cause de cette loi.

Mikael

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Le long calvaire, ou plutôt le lent martyre d’Asia Bibi s’arrête enfin au terme d’une procédure judiciaire qui aura duré neuf ans. Non, rien ne prouve qu’elle ait proféré quelque blasphème contre le « Prophète », le 14 juin 2009, et donc, elle ne mérite pas les rigueurs de la loi pakistanaise, qui est une loi de charia. L’arrêt de la Cour suprême du Pakistan a invalidé mercredi matin les décisions des juridictions inférieures et ordonné la libération immédiate de cette mère de famille chrétienne. Son exfiltration vers un pays chrétien est désormais la toute première urgence, car des manifestations protestant contre la décision de la Cour ont déjà paralysé plusieurs grandes villes du pays, et d’autres acquittés de ce type de crime ont déjà été lynchés par la foule en colère contre de semblables décisions, par le passé. L’analyse de la décision elle-même révèle cependant la dureté et l’emprise de la charia au Pakistan.
 
Neuf ans de détention dans une petite cellule sordide, sous la menace de ses codétenues musulmanes, le harcèlement des gardes qui lui répétaient qu’elle méritait d’être pendue, la séparation d’avec son mari et ses enfants : Asia Bibi a souffert pour sa foi et dans une certaine indifférence de la communauté internationale qui, sans être totale, l’a laissée dans la soumission vis-à-vis de juges qui n’auraient pas eu d’états d’âme à confirmer sa condamnation à mort s’ils avaient jugé que les faits étaient établis.
 

Asia Bibi acquittée : la Cour suprême du Pakistan a pris une décision courageuse
 
La lecture du jugement de 56 pages se révèle du plus haut intérêt. On peut en retenir plusieurs points essentiels.
 
Premièrement, la Cour suprême justifie sans réserve la dureté de la punition réservée au blasphème par la loi pakistanaise : la peine de mort éventuellement remplacée par une détention à perpétuité, nécessairement assortie d’une amende qui pour les plus pauvres peut être remplacée par une peine de prison. La perspective est intégralement islamique ; de fait, la décision cite abondamment le Coran, les hadiths, la littérature islamique. Cette section du jugement s’étend sur 10 pages et s’achève par le rappel d’une résolution présentée en mars 2009 par le gouvernement du Pakistan devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies demandant que la condamnation de la « diffamation de la religion » soit considérée comme une violation des droits de l’homme, et exigeant que les pays du monde entier formulent des lois contre la « diffamation de la religion ». Résolution adoptée le 26 mars 2009.
 
On peut y lire comment Facebook a était bloqué au Pakistan tant que le réseau social n’a pas interdit l’accès à une page qui invitait les internautes à « dessiner Mahomet », et comment le gouvernement surveille assidûment l’ensemble des grands moteurs de recherche et réseaux sociaux pour traquer les contenus « offensants » à l’égard des musulmans. En juin 2010, 17 sites avaient même été fermés.
 
Pourquoi toutes ces explications ? On devine une certaine nervosité des juges qui s’efforcent d’établir qu’ils sont eux-mêmes hostiles au blasphème et prêts à le condamner. Il est vrai que dans le dossier Asia Bibi, deux personnes ont déjà été tuées : le gouverneur de la province du Pendjab, Salman Taseer, et le ministre pour les affaires des minorités, le catholique Shahbaz Batti, tous deux étés assassinés pour avoir parlé en faveur de la jeune femme et pour avoir demandé une réforme des lois contre le blasphème, qui punissent de mort la moindre déclaration ou insinuation négative sur Mahomet.
 

Analyse d’une décision qui fait la part belle à la charia
 
Mais de là à croire qu’il s’agit de protestations de rigueur islamique de pure forme de la part des juges, il y a un pas. Le deuxième élément remarquable du jugement est le fait qu’il ne laisse planer aucun doute : si Asia Bibi avaient effectivement tenu les propos que lui attribuaient ses accusateurs, elle aurait bien mérité la mort.
 
Troisième élément remarquable : l’étrange mélange de langage juridique occidental anglais, avec notamment les notions de charge de la preuve et de la présomption d’innocence, et de raisonnements correspondant à la charia, de longs développements sur la crédibilité des témoins, le tout saupoudré à l’occasion d’expression très familières. On s’interroge à perte de vue sur des propos anodins tenus ou non tenus, avec une possible exécution au bout du chemin, mais avec cette certitude : « Personne ne doit pouvoir porter atteinte au nom du Saint Prophète Mahomet (صلى الله عليه وسلم) et rester impuni. »
 
Pour acquitter Asia Bibi, les trois juges de la Cour suprême ont cherché en réalité à démontrer que la jeune femme avait été victime d’une accusation malveillante qui lui attribuait un blasphème qu’elle n’a pas prononcé. D’ailleurs, un important développement de la décision concerne ce type d’accusation frauduleuse qui tire profit de la loi sur le blasphème pour permettre à certains de faire avancer leurs propres intérêts ou d’assouvir une vengeance personnelle. Il est assorti d’une dénonciation de la tentation de se faire justice à soi-même, rappelant que depuis 1990, 62 personnes ont été lynchées et assassinées alors qu’elles étaient sous le coup d’accusations de blasphème avant même d’avoir pu être jugées par un tribunal au moyen d’une procédure équitable. Encore cette nervosité ?

Josué

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[size=20]La Cour suprême du Pakistan a acquitté mercredi 31 octobre en appel la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010, et dont le cas avait suscité l’indignation à l’étranger.
Gilles Boquerat (1), spécialiste du sous-continent indien, livre une lecture politique de cette décision, alors que le Pakistan, menacé de cession de paiement, cherche de nouveaux financements, et doit par conséquent se montrer présentable notamment aux yeux des Occidentaux.

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Alain Juppé, maire de Bordeaux, après avoir dévoilé un affiche en soutien à Asia Bibi, le 19 mars 2015.  / Nicolas Tucat/AFP

La Croix : Comment comprendre la décision de la Cour suprême ?
Gilles Boquerat : En amont de l’acquittement, la famille d’Asia Bibi a été mise en sécurité à Londres. Cela laisse penser que la décision avait été préparée. C’est pourquoi il convient de replacer ce jugement dans un contexte politique. Le gouvernement en place depuis août dernier au Pakistan doit soigner son image à l’international. D’autant que le premier ministre Imran Khan est régulièrement accusé de complaisance vis-à-vis de l’extrémisme religieux. Fin juin, juste avant les élections législatives, le Pakistan a été placé sur la « liste grise » des pays considérés comme finançant le terrorisme.

Or, l’exécutif se retrouve à la tête d’un État à la limite de la cessation de paiement, qui doit trouver 12 milliards de dollars pour rembourser ses prêts. L’exécutif se tourne vers la Chine, mais a aussi fait appel au Fonds monétaire international (FMI) pour sortir de l’impasse. L’acquittement d’Asia Bibi peut donc être perçu comme une façon de se montrer présentable, notamment vis-à-vis des États-Unis, plus grand contributeur du FMI.

chico.

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La Cour suprême du Pakistan a annoncé avoir acquitté Asia Bibi en appel. La chrétienne mère de cinq enfants, est donc enfin libre. Son cas a particulièrement mis en lumière, ces dernières années, la loi interdisant le blasphème au Pakistan, où le radicalisme religieux gangrène la société et a éteint toute velléité de réforme.

Josué

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Le sort de la chrétienne Asia Bibi, en prison depuis 2009 pour blasphème et symbole national de la lutte contre l'intolérance religieuse, reste incertain malgré son acquittement par la Cour suprême. Un accord conclu vendredi entre le gouvernement et les islamistes compromet sa libération. Son avocat, craignant pour sa vie, a quitté le pays ce samedi.
Alors que la libération d'Asia Bibi semblait imminente, voilà qu'un accord controversé conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre le gouvernement et les islamistes vient tout remettre en cause.
Les manifestants islamistes radicaux qui bloquaient le pays depuis trois jours ont obtenu que le gouvernement s'engage à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement déposée jeudi dernier à Lahore par un religieux.
Non seulement le gouvernement ne s’oppose pas au dépôt d’une requête en révision du jugement, mais en plus, contrairement à ce qui avait d’abord été assuré, la chrétienne ne pourra plus partir si elle le souhaite. Une procédure d’interdiction de quitter le territoire va ainsi être lancée. Et tant pis pour la crédibilité du Premier ministre Imran Khan, qui avait prononcé un discours de fermeté à l'égard des islamistes mercredi soir.
Cela signifie qu'Asia Bibi, actuellement incarcérée à Multan, dans le centre du pays, devra soit rester en prison soit dans un autre endroit sûr, en attendant que la requête soit examinée, a estimé son avocat, Saif-ul-Malook, interrogé samedi par l'AFP.

Son avocat quitte le pays

Lechercheur


Je pense que l'histoire n'est pas vraiment fini dans ce pays.

Josué

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Au Pakistan, un accord passé avec les islamistes remet en cause le sort d’Asia Bibi

Les manifestants islamistes qui paralysaient le Pakistan depuis trois jours pour protester contre l’acquittement de la chrétienne Asia Bibi ont annoncé vendredi soir la levée du blocus après un accord avec le gouvernement.

Rassemblement des militants du parti islamiste Jamiat Ulema Islam (JUI), à Islamabad vendredi 2 novembre, pour protester contre l’acquittement d’Asia Bibi, une chrétienne pakistanaise condamnée à mort

Le devenir d’Asia Bibi, cette chrétienne pakistanaise condamnée à mort pour blasphème puis finalement acquittée à la grande fureur de quelques groupes islamistes influents, n’est pas encore écrit. Mercredi 31 octobre, à l’annonce de son acquittement, on pouvait la croire déjà libre, prête à rejoindre sa famille à Londres. Mais vendredi 2 novembre, l’annonce d’un accord passé entre le gouvernement et les manifestants hostiles à la libération d’Asia Bibi, remettait en cause cette perspective.

Un accord pour qu’Asia Bibi ne puisse sortir du pays
En effet, après trois jours de protestations et de blocus, le porte-parole du parti Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP) à l’origine des appels à manifester, a appelé à la levée des barrages. Le ministre des Affaires religieuses Noor-Ul-Haq Qadri a confirmé peu après à la chaîne GEO que les négociations avaient abouti et qu’un accord avait été signé.

Selon un exemplaire vu par l’AFP, l’accord passé entre les deux parties est composé de cinq points. Il prévoit principalement que le gouvernement ne s’opposera pas au dépôt d’une requête en révision du jugement de la Cour suprême au sujet d’Asia Bibi et par ailleurs qu’il lancera une procédure visant à inscrire son nom sur une liste de personnes empêchées de quitter le territoire.

Acquittement d’Asia Bibi : « le nouveau gouvernement du Pakistan soigne son image »
On voit mal, dans ces conditions, comment Asia Bibi pourrait seulement sortir de prison. D’autant que son avocat, Saif-ul-Mulook, a dû quitter le pays pour échapper aux menaces de mort proférées contre lui par les mouvements islamistes. Il a néanmoins déclaré qu’il continuerait de défendre Asia Bibi qui est en détention depuis déjà huit ans.

Le premier ministre pakistanais, Imran Khan, avait, mercredi 31 octobre, vivement critiqué les extrémistes, en les prévenant que l’État ne « tolérerait pas le sabotage ».

L’armée ne veut pas être impliquée
De nombreux Pakistanais avaient salué ce ton de fermeté tout en s’inquiétant de voir le chaos s’installer. En effet, l’un des chefs de file des manifestants avait appelé ces dernières heures au meurtre des juges de la Cour suprême et à la mutinerie dans l’armée, poussant cette dernière à entrer dans le jeu vendredi.

« Il s’agit d’une affaire judiciaire et l’armée n’a rien à voir avec cela. (…) Ne nous entraînez pas dans ce genre d’affaires, avait rétorqué le porte-parole de l’armée Asif Ghafoor. Nous tolérons des remarques contre nous, mais des actions peuvent être prises conformément à la loi et à la Constitution. »


Pas encore

Acquittement d’Asia Bibi : « le nouveau gouvernement du Pakistan soigne son image »

Editos
Après Asia Bibi

Le mari et la fille d’Asia Bibi, lors d’un entretien avec l’AFP, à Londres, le 12 octobre dernier. (Photo by Ben STANSALL / AFP)
Moyen-Orient
La Cour suprême pakistanaise acquitte Asia Bibi et annonce sa libération

Monde
VIDEO - Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort au Pakistan

Escorte policière pour Saif-ul-Mulook, avocat d’Asia Bibi, quittant la Cour suprême après l'audience finale tenue à Islamabad le 8 octobre 2018.
Monde
Au Pakistan, le jugement sur « l’affaire Asia Bibi » est différé


Des islamistes pakistanais s’opposent à la nomination d'un membre de la minorité ahmadi comme conseiller du gouvernement, à Lahore, le 7 septembre 2018 .
Islam
Au Pakistan, le gouvernement renonce à nommer un conseiller ahmadi

Diplômé d’Oxford, Imran Khan s’est lancé dans la politique en 1996 en fondant son propre parti, le Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI).
Asie-Océanie
Les militaires pakistanais dans l’ombre d’Imran Khan

Josué

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[size=33]La Pakistanaise chrétienne Asia Bibi va-t-elle être accueillie en France? Anne Hidalgo et Laurent Wauquiez pour[/size]

ASILE Malgré son acquittement, Asia Bibi et ses proches craignent pour leur vie au Pakistan…

20 Minutes avec AFP
 
Publié le 05/11/18 à 22h12 — Mis à jour le 05/11/18 à 22h12


« Maintenant qu’elle est acquittée, je suis prête à l’accueillir à Paris (…) et l’accompagner elle et les membres de sa famille pour qu’ils puissent s’intégrer durablement en France », a assuré Anne Hidalgo. De son côté, Laurent Wauquiez a appelé Emmanuel Macron à « tout mettre en œuvre pour sauver la vie » d’Asia Bibi « et faire en sorte qu’elle puisse être accueillie et protégée par la France ».
La Cour suprême du Pakistan a décidé la semaine dernière d’acquitter Asia Bibi, une ouvrière agricole chrétienne âgée d’une cinquantaine d’années, qui avait été condamnée à mort en 2010 pour « blasphème », après avoir été dénoncée par un imam. Cette décision a provoqué la fureur d’islamistes, qui ont bloqué les principaux axes du pays pendant trois jours. Les manifestations ne se sont arrêtées qu’après la signature d’un accord controversé avec les manifestants. Le gouvernement s’y engage à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d’acquittement.

« Sa situation reste particulièrement précaire »


« L’acquittement d’Asia Bibi par la Cour suprême du Pakistan a été un véritable soulagement pour toutes celles et tous ceux qui, comme moi, lui avaient apporté un soutien et avaient appelé à sa libération ces dernières années », a déclaré la maire socialiste en marge d’un déplacement à Lille, où elle assistait à l’Assemblée générale des maires francophones. « Mais sa situation reste particulièrement précaire, puisqu’elle est toujours emprisonnée et qu’elle et ses proches font l’objet de très nombreuses menaces de mort », a-t-elle ajouté.
En 2014, la Mairie de Paris avait attribué à Asia Bibi la citoyenneté d’honneur « pour contribuer à la protéger ». « Il y a urgence. Si la France et la communauté internationale ne se mobilisent pas avec volontarisme, nous pouvons craindre le pire pour Asia Bibi. N’attendons pas qu’un drame survienne. C’est maintenant qu’il faut agir », a-t-elle encore plaidé.

« Faire en sorte qu’elle puisse être accueillie et protégée par la France »


De son côté, Laurent Wauquiez a appelé Emmanuel Macron à « tout mettre en œuvre pour sauver la vie » d’Asia Bibi « et faire en sorte qu’elle puisse être accueillie et protégée par la France ».
Dans un message publié lundi soir sur les réseaux sociaux à l’adresse du chef de l’État, le président des Républicains estime qu'« aujourd’hui, une femme a besoin de la France ». « La parole de la France ne peut pas rester silencieuse », exhorte Laurent Wauquiez. « La France doit faire pression sur le gouvernement pakistanais pour qu’Asia Bibi soit remise en liberté et qu’elle puisse quitter avec sa famille le Pakistan, où sa vie est en danger », poursuit-il, en estimant que « c’est l’honneur du président de la République et de la France que d’offrir dans des moments comme ceux-ci sa protection ». « Il en va de la vie d’une femme, mais il en va aussi de notre conception de la civilisation face à la barbarie islamiste », estime encore le patron de LR.

Josué

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Pour Asia Bibi, le cauchemar continue
Publié le 06/11/2018 à 15h44 - Modifié le 06/11/2018 à 18h52Laurence Desjoyaux

©️ AAMIR QURESHIAFP

Acquittée le 31 octobre par la Cour suprême du Pakistan, la chrétienne, condamnée à mort pour blasphème en 2010, n’est pas libre pour autant.


  • [url=https://twitter.com/intent/tweet?text=Pour Asia Bibi, le cauchemar][/url]

Elle est innocente, elle est libre, mais elle est en prison. Voilà le sort tragique que connaît Asia Bibi, une mère chrétienne de cinq enfants condamnée pour blasphème en 2010 et qui croupit depuis 2011 dans une cellule du centre pénitentiaire de Multan, au centre du Pakistan. En l’espace de deux jours, elle s’est d’abord vue libérée, avant de comprendre que son calvaire n’était pas encore terminé. Le 31 octobre, Asia Bibi a été acquittée par la Cour suprême du Pakistan. Sa famille a alors laissé éclater sa joie, tout comme son avocat, Saïf ul-Malook, qui s’est félicité de cette décision : « Le verdict montre que les pauvres, les minorités et la fraction la plus modeste de la société peuvent obtenir justice dans ce pays, en dépit de ses défauts. » 
Signe de leur fermeté, les trois juges de la Cour suprême avaient pris soin de préciser dans leur rapport : « Ce n’est pas aux individus ou à des foules de manifestants de décider si un acte passible de poursuite au nom de l’article 295-C (sur le blasphème, ndlr) a été commis ou non. C’est à la Cour d’en décider. » Et pourtant, comme depuis le début de cette affaire de blasphème, c’est bien la rue qui a le destin de la chrétienne entre ses mains. Asia Bibi elle-même, jointe par l’AFP au moment de l’annonce de sa libération, avait du mal à y croire « Je vais sortir ? Ils vont vraiment me laisser sortir ? », s’était-elle interrogée. Sidération ou prémonition ?

Le Pakistan s’est mis à tourner au ralenti


En effet, dès l’annonce de sa libération, des milliers d’islamistes fanatiques aiguillonnés par divers partis extrémistes, dont le TLP (Tehreek-e-Labbaik), sont descendus dans les rues pour contester le jugement. Dès le 31 octobre, l’inquiétude se faisait sentir chez les chrétiens : « Les manifestants ont commencé à bloquer les rues de Lahore, où j’habite, nous confiait ainsi le prêtre dominicain James Channan, directeur du Peace Center de Lahore, qui promeut le dialogue entre chrétiens et musulmans. Nous avons déjà vécu cela dans les années passées : des attaques d’églises, des attentats… » Les écoles et les bureaux ont été fermés, les rues, bloquées, des heurts ont éclaté en divers endroits et, en quelques heures, le Pakistan s’est mis à tourner au ralenti. 
La loi contre le blasphème empoisonne le Pakistan
Le Premier ministre, Imran Khan, qui s’est lui-même appuyé sur les islamistes en promettant de ne pas toucher à la loi sur le blasphème pour remporter les élections législatives de juillet dernier, a dû monter au créneau. Dans une courte vidéo, il demande aux manifestants de respecter la décision de la Cour suprême. Un appel au calme d’une inefficacité telle que, dès le lendemain, le gouvernement commençait à négocier avec les partis les plus radicaux pour trouver une issue à la crise.
Je suis atterrée, j’ai beau savoir que ce pays est imprévisible, je ne m’attendais pas à un tel revirement ; ils espèrent qu’elle meure dans sa cellule ! 
- Anne-Isabelle Tollet

Dans le même temps, le combat des islamistes contre Asia Bibi a pris un tour juridique

Josué

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Acquittée la semaine dernière, elle était encore incarcérée. Elle se trouve désormais dans un "endroit sûr" mais toujours dans le pays.
La chrétienne Asia Bibi a été libérée dans la nuit de mercredi à jeudi plus d’une semaine après l’annonce de son acquittement par la Cour suprême du pays. Condamnée à mort pour blasphème, cette mère de famille croupissait depuis huit ans dans la prison de Multan, dans le centre du pays. « Elle a été libérée » avait annoncé son avocat auprès de l’Agence France Presse, indiquant qu’elle se trouvait alors dans un avion sans savoir où celui-ci devait atterrir. « Elle est toujours au Pakistan », a indiqué pour sa part un porte-parole du ministère des Affaires étrangères alors que certains médias avaient fait état d’un départ dans la nuit pour l’étranger. L’information de sa libération a été salué par le président du Parlement européen Antonio Tajani, ajoutant l’attendre « dès que possible avec son mari et sa famille » à Bruxelles.

Josué

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Le long calvaire, ou plutôt le lent martyre d’Asia Bibi s’arrête enfin au terme d’une procédure judiciaire qui aura duré neuf ans. Non, rien ne prouve qu’elle ait proféré quelque blasphème contre le « Prophète », le 14 juin 2009, et donc, elle ne mérite pas les rigueurs de la loi pakistanaise, qui est une loi de charia. L’arrêt de la Cour suprême du Pakistan a invalidé mercredi matin les décisions des juridictions inférieures et ordonné la libération immédiate de cette mère de famille chrétienne. Son exfiltration vers un pays chrétien est désormais la toute première urgence, car des manifestations protestant contre la décision de la Cour ont déjà paralysé plusieurs grandes villes du pays, et d’autres acquittés de ce type de crime ont déjà été lynchés par la foule en colère contre de semblables décisions, par le passé. L’analyse de la décision elle-même révèle cependant la dureté et l’emprise de la charia au Pakistan.
 
Neuf ans de détention dans une petite cellule sordide, sous la menace de ses codétenues musulmanes, le harcèlement des gardes qui lui répétaient qu’elle méritait d’être pendue, la séparation d’avec son mari et ses enfants : Asia Bibi a souffert pour sa foi et dans une certaine indifférence de la communauté internationale qui, sans être totale, l’a laissée dans la soumission vis-à-vis de juges qui n’auraient pas eu d’états d’âme à confirmer sa condamnation à mort s’ils avaient jugé que les faits étaient établis.
 

Asia Bibi acquittée : la Cour suprême du Pakistan a pris une décision courageuse
 
La lecture du jugement de 56 pages se révèle du plus haut intérêt. On peut en retenir plusieurs points essentiels.
 
Premièrement, la Cour suprême justifie sans réserve la dureté de la punition réservée au blasphème par la loi pakistanaise : la peine de mort éventuellement remplacée par une détention à perpétuité, nécessairement assortie d’une amende qui pour les plus pauvres peut être remplacée par une peine de prison. La perspective est intégralement islamique ; de fait, la décision cite abondamment le Coran, les hadiths, la littérature islamique. Cette section du jugement s’étend sur 10 pages et s’achève par le rappel d’une résolution présentée en mars 2009 par le gouvernement du Pakistan devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies demandant que la condamnation de la « diffamation de la religion » soit considérée comme une violation des droits de l’homme, et exigeant que les pays du monde entier formulent des lois contre la « diffamation de la religion ». Résolution adoptée le 26 mars 2009.
 
On peut y lire comment Facebook a était bloqué au Pakistan tant que le réseau social n’a pas interdit l’accès à une page qui invitait les internautes à « dessiner Mahomet », et comment le gouvernement surveille assidûment l’ensemble des grands moteurs de recherche et réseaux sociaux pour traquer les contenus « offensants » à l’égard des musulmans. En juin 2010, 17 sites avaient même été fermés.
 
Pourquoi toutes ces explications ? On devine une certaine nervosité des juges qui s’efforcent d’établir qu’ils sont eux-mêmes hostiles au blasphème et prêts à le condamner. Il est vrai que dans le dossier Asia Bibi, deux personnes ont déjà été tuées : le gouverneur de la province du Pendjab, Salman Taseer, et le ministre pour les affaires des minorités, le catholique Shahbaz Batti, tous deux étés assassinés pour avoir parlé en faveur de la jeune femme et pour avoir demandé une réforme des lois contre le blasphème, qui punissent de mort la moindre déclaration ou insinuation négative sur Mahomet.
 

Analyse d’une décision qui fait la part belle à la charia
 
Mais de là à croire qu’il s’agit de protestations de rigueur islamique de pure forme de la part des juges, il y a un pas. Le deuxième élément remarquable du jugement est le fait qu’il ne laisse planer aucun doute : si Asia Bibi avaient effectivement tenu les propos que lui attribuaient ses accusateurs, elle aurait bien mérité la mort.
 
Troisième élément remarquable : l’étrange mélange de langage juridique occidental anglais, avec notamment les notions de charge de la preuve et de la présomption d’innocence, et de raisonnements correspondant à la charia, de longs développements sur la crédibilité des témoins, le tout saupoudré à l’occasion d’expression très familières. On s’interroge à perte de vue sur des propos anodins tenus ou non tenus, avec une possible exécution au bout du chemin, mais avec cette certitude : « Personne ne doit pouvoir porter atteinte au nom du Saint Prophète Mahomet (صلى الله عليه وسلم) et rester impuni. »
 
Pour acquitter Asia Bibi, les trois juges de la Cour suprême ont cherché en réalité à démontrer que la jeune femme avait été victime d’une accusation malveillante qui lui attribuait un blasphème qu’elle n’a pas prononcé. D’ailleurs, un important développement de la décision concerne ce type d’accusation frauduleuse qui tire profit de la loi sur le blasphème pour permettre à certains de faire avancer leurs propres intérêts ou d’assouvir une vengeance personnelle. Il est assorti d’une dénonciation de la tentation de se faire justice à soi-même, rappelant que depuis 1990, 62 personnes ont été lynchées et assassinées alors qu’elles étaient sous le coup d’accusations de blasphème avant même d’avoir pu être jugées par un tribunal au moyen d’une procédure équitable. Encore cette nervosité ?
 

Asia Bibi a proposé de l’eau à ses compagnes musulmanes par 45° de chaleur
 
Le récit des faits mérite d’être rappelé. Pour autant que l’on puisse en juger d’après la décision de la Cour suprême et alors que les récits divergent l’affaire n’est pas née du fait qu’Asia Bibi se serait permise de boire dans un puits réservé aux musulmans ou en puisant avec sa tasse dans l’eau qu’elle rapportait à ses compagnes de labeur, une petite cinquantaine de femmes qui travaillaient à la récolte de baies Falsa par 45° de chaleur dans un champ appartenant à un certain Muhammad Idrees, l’un des témoins à l’origine des poursuites. Il semblerait au contraire qu’elle soit allée chercher de l’eau et qu’elle en ait proposé aux autres femmes travaillant là, qui l’ont repoussée en protestant qu’elles ne buvaient jamais d’eau de la main d’un chrétien. Une vive dispute s’ensuivit, au cours de laquelle Asia Bibi est accusée d’avoir tenu des propos insultants à propos du « Prophète ». L’allégation d’un crime aussi « abominable », note la Cour suprême, avait naturellement provoqué la « tristesse et la colère au sein de la population ».
 
Mais Asia Bibi affirme avoir simplement demandé : « Jésus est mort sur la croix pour les péchés de l’humanité, qu’a fait votre prophète Mahomet pour l’humanité ? » On pourrait parler d’un « dialogue interreligieux » un peu plus franc que la moyenne.
 
D’après l’un des juges de la Cour suprême, Asif Saeed Khan Khosa Jr., précision introuvable ailleurs, les accusateurs d’Asia Bibi soutiennent que celle-ci avait affirmé que Mahomet « était tombé malade et était resté couché pendant un mois avant sa mort, et que des insectes étaient sortis de sa bouche et d’une de ses oreilles », et qu’il « s’était marié avec Hazrat Khadija avec l’intention de la spolier de ses richesses, et qu’une fois cela fait, il l’avait quittée ». Asia Bibi était également accusée d’avoir dit que le Coran n’était pas un livre divin.
 
De son côté, Asia Bibi, n’a cessé d’affirmer qu’elle n’avait aucune connaissance de la pensée islamique.
 

Asia Bibi acquittée en raison des contradictions des plaignants
 
Pour acquitter la mère de famille, les juges ont retenu plusieurs éléments. D’abord, ils ont noté que la plainte avait été faite par plusieurs personnes entre les mains d’un sous-inspecteur, alors que dans une affaire de blasphème seul un surintendant (« Superintendent ») est compétent. Surtout, ils ont souligné que la plainte n’a été déposée que cinq jours après les faits allégués, alors que la jurisprudence exige un délai beaucoup plus court et que les récits de sa constitution, comme de la réunion qui devait aboutir à de supposés aveux de la part d’Asia Bibi, étaient changeants, contradictoires et émanaient surtout de personnes qui avaient des liens de famille : le propriétaire du champ, Muhammad Idrees et deux sœurs musulmanes, Mafia Bibi et Asma Bibi, elles-mêmes jadis instruites dans la « doctrine » de l’islam par l’épouse du quatrième plaignant, Qari Muhammad Salaam.
 
Les juges s’interrogent ensuite sur la tenue d’une réunion à l’initiative de ce dernier, qui a fait venir Asia Bibi chez lui le 19 juin en présence de « deux cents », « 1.000 », voire « 2.000 » personnes selon les récits que rien ne permet de confirmer, à pied ou en mobylette, on ne sait trop, pour la mettre en accusation. C’est à cette occasion qu’elle aurait « avoué » son forfait et c’est notamment cet aveu qui a été retenu par les juridictions inférieures pour justifier sa condamnation à mort.
 
Les juges ont souligné les contradictions évidentes dans ses récits et leur absence de vérification, tout comme l’existence d’une provocation qui a consisté en des paroles infamantes à l’encontre de la religion chrétienne d’Asia Bibi pour affirmer soit que le délit de blasphème n’avait pas du tout existé de sa part, soit qu’il était, comme le soutient l’un des trois juges, consécutif à une provocation confinant elle-même au blasphème à l’égard de Jésus-Christ. Ils ont aussi dénoncé le fait que les plaignants n’avaient pas fait mention de la dispute entre Asia Bibi et ses compagnes, et ce délibérément selon leur jugement.
 

Eisham, la fille d’Asia, raconte comment celle-ci a été frappée pour n’avoir pas voulu renier le Christ
 
Ils ne parlent pas de ce dont témoigne aujourd’hui sa fille Eisham, 18 ans aujourd’hui : Asia Bibi a été attaquée par une foule de voisins qui ont craché sur elle et les ont battues, elle et sa fille. C’est le lendemain – sans doute lors de la réunion du 19 évoquée par les plaignants – qu’elle a été traînée au milieu de la foule, appelée à se convertir à l’islam par un mollah du village, puis battue jusqu’à en perdre conscience avant d’être arrêtée, puis condamnée à mort 17 mois plus tard, a raconté la jeune fille, actuellement réfugiée à Londres avec sa famille, au Telegraph.
 
Le jugement, à cet égard, semble décidément hors sol. 56 pages pour en arriver là… Des pages des pages de découpage de cheveux en quatre sans que le principe de la peine de mort pour de telles broutilles soit une seule fois remis en cause, sans que l’affreuse persécution dont Asia Bibi a été victime ne soit convenablement dénoncée, sans qu’il soit question ne serait-ce que de lui signifier des regrets face à une injustice aussi flagrante qui a volé neuf ans de sa vie.
 
Si les juges ont adopté ce ton par crainte des représailles de la rue, on peut les comprendre, mais non sans en tirer des leçons de taille sur la réalité de l’islam…
 
On ne peut d’ailleurs que se réjouir de cet acquittement, même s’il arrive neuf ans trop tard.
 
Mais le hasard a voulu que le ministre fédéral de la justice, le Dr Farogh Naseem, reçoive lundi une délégation de l’Union européenne pour plaider pour de plus grandes aides européennes pour le Pakistan. A Islamabad, il a expliqué que certes la peine de mort n’avait jamais été abolie au Pakistan, mais qu’il y avait un moratoire sur les exécutions et que ce type de peine était réservé aux cas les plus épouvantables comme le massacre de l’APS ou l’assassinat de la petite Zainab, 6 ans (son meurtrier a été pendu cette année). « La peine de mort est réservée aux cas les plus rares des plus rares », ceux qui déclenchent la colère publique, a-t-il expliqué. Il suffira de se montrer « indulgent » avec le Pakistan sur ce chapitre pour que son niveau d’éducation et de prospérité s’améliore, entraînant du même coup un meilleur respect des droits de l’homme, a-t-il ajouté.
 
L’histoire ne dit pas si ces pointilleux délégués européens ont protesté en évoquant l’affaire Asia Bibi…

samuel

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C'est difficile de savoir exactement où ce trouve actuellement cette jeune femme,car il y des infos contradictoires sur elle.

Josué

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[size=45]Asia Bibi, à nouveau libre et en famille[/size]

Pierre Cochez , le 08/11/2018 à 16h25 
Mis à jour le 09/11/2018 à 10h03



 

 




[size=20]Après huit ans de détention, la chrétienne pakistanaise accusée de blasphème est sortie de prison dans la nuit du 7 au 8 novembre.
Sa famille devait la rejoindre dans un lieu tenu secret par le gouvernement pakistanais pour des raisons de sécurité, avant un possible départ vers l’Europe.

ZOOM 
 Asia Bibi. / HANDOUT/AFP


Asia Bibi a été libérée dans la nuit de mercredi 7 à jeudi 8 novembre de la prison de Multan, dans la province du Pendjab. Les autorités pakistanaises, qui ont confirmé cette information, ont précisé que l’ouvrière agricole chrétienne se trouvait dans un lieu qui reste secret, afin d’assurer sa sécurité. Cela fait huit ans que cette mère de trois filles a été condamnée à mort pour blasphème, à la suite d’une dispute avec des villageoises au sujet d’un verre d’eau pris à une fontaine supposément réservée aux seules musulmanes.

Un accord trouvé par le gouvernement avec les radicaux du TLP


« Ces jours-ci, l’avocat d’Asia Bibi était confiant, malgré la reculade des autorités pakistanaises », livrait jeudi 8 novembre Marc Fromager, directeur de l’aide à l’Église en détresse (AED), en référence aux derniers rebondissements, depuis le mercredi 31 octobre. Ce jour-là, les juges de la Cour suprême pakistanaise proclamaient Asia Bibi « acquittée de toutes les accusations » qui la visaient, provoquant les manifestations de colère des islamistes radicaux du mouvement Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), et finalement l’engagement du gouvernement pakistanais à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d’acquittement.

« Pas une seule goutte de sang n’a été versée pendant ces trois jours, et le sit-in s’est achevé par des négociations pacifiques », s’est alors félicité le secrétaire d’État à l’Intérieur.

Des menaces de mort


« Ce qui est douloureux, c’est la réponse du gouvernement. Ils ne peuvent même pas faire appliquer un jugement de la plus haute cour du pays », déplorait Saif-ul-Mulook, l’avocat d’Asia Bibi, privé de protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente. On apprenait lundi 5 novembre qu’il avait quitté Karachi deux jours plus tôt pour La Haye, aux Pays Bas. « J’ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi », affirmait-il. Prendre la défense d’Asia Bibi peut en effet coûter la vie, comme ce fut le cas pour l’ex-gouverneur de la province pakistanaise du Pendjab, assassiné en 2011 par l’un de ses propres gardes du corps.

Jeudi 8 novembre, le monde bruissait de rumeurs sur le futur proche d’Asia Bibi. Il semblait assuré que son mari et ses trois filles allaient la rejoindre là où elle se trouvait en sécurité, au Pakistan. Certains attendaient déjà la famille à Amsterdam, d’où elle partirait, assurait-on, pour un autre pays d’accueil. Le gouvernement d’Islamabad, de son côté, certifiait jeudi qu’elle était toujours dans le pays, tandis que les radicaux du TLP étudiaient leur riposte à cette libération…

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Quels sont les enjeux de la libération d’Asia Bibi ?




Modifier la loi sur le blasphème


Représentant du Claas, une ONG en lien avec Caritas, qui milite depuis Londres pour la modification de la loi sur le blasphème, Nasir Saeed se dit inquiet. « Ce ne serait pas une bonne chose qu’elle quitte maintenant le Pakistan, estime-t-il. Ce serait dangereux pour les chrétiens et pour la paix dans le pays, étant donné les assurances qu’avait données le gouvernement aux radicaux. »

Et de rappeler que la minorité chrétienne au Pakistan, 3 % de la population, bénéficie de la liberté de culte. Ce que confirme Marc Fromager. « Les chrétiens ne font pas l’objet de discriminations dans la loi pakistanaise, même s’ils sont en bas de l’échelle sociale et n’ont pas la possibilité d’avoir des postes de responsabilités. » L’Aide à l’Église en détresse a travaillé en lien étroit avec la commission Justice et Paix de la conférence épiscopale du Pakistan sur le cas d’Asia Bibi. « La forte mobilisation internationale en 2009 l’a sauvée, poursuit Marc Fromager. Mais ensuite, l’Église au Pakistan nous a conseillé de ne plus en parler, par peur de la réaction de la rue. C’est ce que nous avons fait ».

Une fois Asia Bibi et sa famille en sécurité, le combat d’après, pour Nasir Saeed, reste de changer cette loi sur le blasphème, créée en 1880 par le colonisateur britannique pour protéger les musulmans dans l’Empire indien de la majorité hindoue. Une loi redoutée aussi bien par les chrétiens que par certains musulmans. « Aujourd’hui, elle est utilisée par des extrémistes religieux ou par des particuliers qui règlent ainsi des problèmes n’ayant rien à voir avec la religion, comme des intérêts fonciers, explique-t-il. Il suffit d’un témoignage faisant état d’une insulte à l’Islam pour se voir condamner. »

À lire aussi


L’utilisation abusive de la loi sur le blasphème




********************

Accueil européen à la famille d’Asia Bibi


Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a déclaré attendre Asia Bibi « dès que possible avec son mari et sa famille » à Bruxelles.

Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a tweeté qu’il ferait « tout ce qui est humainement possible pour garantir un avenir à cette femme ».

La France est «prête» à accueillir la Pakistanaise Asia Bibi, a déclaré jeudi 8 novembre le ministère français des Affaires étrangères, « si cela correspondait au souhait de l’intéressée et de sa famille ». La maire de Paris Anne Hidalgo s’était dite également prête à accueillir Asia Bibi et sa famille.

L’époux de cette dernière a demandé l’asile pour sa famille et des proches en Grande-Bretagne, au Canada et aux États-Unis.

Pierre Cochez[/size]

Josué

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[size=44]Pakistan : Asia Bibi a été libérée et se trouve dans un « endroit sûr »[/size]





Acquittée la semaine dernière, elle était encore incarcérée. Elle se trouve désormais dans un "endroit sûr" mais toujours dans le pays.


La chrétienne Asia Bibi a été libérée dans la nuit de mercredi à jeudi plus d’une semaine après l’annonce de son acquittement par la Cour suprême du pays. Condamnée à mort pour blasphème, cette mère de famille croupissait depuis huit ans dans la prison de Multan, dans le centre du pays. « Elle a été libérée » avait annoncé son avocat auprès de l’Agence France Presse, indiquant qu’elle se trouvait alors dans un avion sans savoir où celui-ci devait atterrir. « Elle est toujours au Pakistan », a indiqué pour sa part un porte-parole du ministère des Affaires étrangères alors que certains médias avaient fait état d’un départ dans la nuit pour l’étranger.  L’information de sa libération a été salué par le président du Parlement européen Antonio Tajani, ajoutant l’attendre « dès que possible avec son mari et sa famille » à Bruxelles.







 
Lire aussi :
Asia Bibi acquittée, le Pakistan en suspens

Un ordre de libération serait parvenu dans la journée dans la prison où elle se trouve. Toujours d’après l’Agence France Presse, un petit avion immatriculé au Pakistan se serait posé à l’aéroport de Multan avec à son bord « quelques étrangers et quelques Pakistanais ». L’aéronef devait prendre la direction Islamabad.
L’annonce de la sortie de prison de Mme Bibi a immédiatement suscité la colère du Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), un petit parti radical qui avait bloqué trois jours durant les principaux axes du pays la semaine dernière pour protester contre son acquittement, poussant le gouvernement à signer un accord dans lequel il s’engageait à lancer une procédure pour interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d’acquittement.
Le sort d’Asia Bibi avait ému de nombreuses personnalités de la communauté internationale, aux Etats-Unis, en Angleterre et en France. Le mari d’Asia Bibi avait réclamé samedi l’asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, devant le trop grand danger à rester au Pakistan. L’avocat d’Asia Bibi avait quitté le pays pour les mêmes raisons. Lundi la maire de Paris Anne Hidalgo s’était dite « prête à l’accueillir » la chrétienne avec sa famille dans la capitale française tandis que Laurent Wauquiez réclamait du gouvernement qu’il lui offre l’asile. Ce mercredi, Marlène Schiappa assurait que la France étudiait sous quelle forme elle pourrait aider ou accueillir la Pakistanaise.

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