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Persécution et résistance des témoins de Jéhovah pendant le régime nazi 1933 - 1945

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Josué

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La persécution des Témoins de Jéhovah (connus jusque dans les années 30 sous la dénomination d’« Etudiants de la Bible ») par l’état national-socialiste fut systématique et impitoyable. Leur refus rigoureux d’adorer le Führer, de travailler dans l’industrie de l’armement et de prendre les armes, en a rapidement fait la cible de la persécution par les autorités nazies. Un grand nombre d’entre eux subirent des brimades, la prison ou l’internement dans les camps de concentration.

Malgré cela, les Témoins de Jéhovah font partie des « victimes oubliées » du fascisme. Que ce soit en RDA - où les Témoins eurent à subir peu de temps après une nouvelle vague de discrimination et d’emprisonnements arbitraires - ou en RFA, les souffrances subies par cette communauté religieuse sous le régime nazi n’ont pas été reconnues. Les recherches à ce sujet n’ont été entreprises que depuis peu, et n’en sont encore qu’à leur début.

Cet ouvrage regroupe les résultats des recherches d’historiens et des rapports de Témoins de Jéhovah, ainsi que des documents inédits. Il donne une vue d’ensemble sur les investigations effectuées jusqu’à présent, ce qui contribuera à éliminer des craintes infondées et permettra aux personnes intéressées de connaître l’histoire d’un groupe de « victimes oubliées ».
Préface

Hans HESSE
Introduction

Partie A

Henry FRIEDLANDER
Catégories de détenus dans les camps de concentration

Christoph DAXELMÜLLER
Solidarité et volonté de survie : Comportement religieux et social des Témoins de Jéhovah dans les camps de concentration

Jürgen HARDER, Hans HESSE
Les détenues Témoins de Jéhovah dans le camp de concentration pour femmes de Moringen : leur contribution à la résistance des femmes au national-socialisme

Kirsten JOHN-STUCKE
Les Témoins de Jéhovah dans le camp de concentration de Wewelsburg

Antje ZEIGER
Les Témoins de Jéhovah dans le camp de concentration de Sachsenhausen

Martin GUSE
« Ce petit ... il a beaucoup souffert... ». Les Témoins de Jéhovah dans le camp de concentration pour jeunes de Moringen

Thomas RAHE
Les Témoins de Jéhovah dans le camp de concentration de Bergen-Belsen

Johannes WROBEL
Le cycle de Buchenwald. Les aquarelles du Témoin de Jéhovah Johannes Steyer

Sybil MILTON
Les Témoins de Jéhovah, victimes oubliées

Sybil MILTON
Les Témoins de Jéhovah dans la documentation historique

Angela NERLICH/Wolfram SLUPINA
Sauvé de l’oubli - Le cas Hans Gärtner

Ursula KRAUSE-SCHMITT
Résistance et persécution des femmes Témoins de Jéhovah

Hubert ROSER
L’association religieuse des Témoins de Jéhovah au Bade-Wurtemberg, 1933-1945

Hans-Hermann DIRKSEN
Les Témoins de Jéhovah en République démocratique d’Allemagne

Göran WESTPHAL
La persécution des Témoins de Jéhovah à Weimar entre 1945 et 1990

Detlef GARBE
Désintérêt de la société, ’désinformation’ de l’État, nouvelle persécution et, à présent, instrumentalisation de l’histoire ?

Wolfram SLUPINA
Persécutés et presque oubliés.

Josué

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voila le livre.



Dernière édition par Josué le Dim 15 Fév - 13:55, édité 1 fois

Josué

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La marche de la mort (Tiré de la Tour de Garde 15 novembre 1980, pages 7-10)
.En avril 1945, les alliés fonçaient sur Berlin à l’ouest, et les Russes à l’est. Les chefs nazis étudièrent alors différents moyens de “liquider” les prisonniers. Mais tuer des centaines de milliers de personnes et se débarrasser des corps en quelques jours, pour ne laisser derrière eux aucune trace de leurs crimes odieux, présentait trop de difficultés pour ces monstres. Ils décidèrent donc de tuer les malades et de conduire les autres, par une marche forcée, au port le plus proche. Là, ils les embarqueraient sur des bateaux qu’ils feraient couler au large, envoyant ainsi les prisonniers au fond de l’eau.
. Nous allions devoir quitter Sachsenhausen pour Lübeck, ce qui représentait une marche de quelque 250 kilomètres. Le départ fut prévu pour la nuit du 20 au 21 avril 1945. On groupa tout d’abord les prisonniers par nationalité. Comme nous avons remercié Jéhovah quand tous les Témoins ont reçu l’ordre de se rassembler dans l’atelier des tailleurs! Nous étions 230 frères originaires de six pays différents. Des Témoins ont même risqué leur vie pour sauver, en les amenant dans l’atelier, leurs frères malades qui se trouvaient à l’infirmerie et qui devaient être tués avant l’évacuation.
.Une confusion indescriptible régnait parmi les autres prisonniers. Beaucoup volaient. Quant à nous, nous avons tenu une “assemblée” et nous nous sommes affermis spirituellement les uns les autres. Bientôt, ce fut à notre tour d’entreprendre la longue marche censée mener vers un camp où nous serions rassemblés, mais qui nous conduisait en fait vers une noyade collective. Par colonnes de 600 détenus, les différents groupes nationaux quittèrent le camp: d’abord les Tchèques, puis les Polonais, et ainsi de suite. En tout, 26 000 prisonniers se mirent en marche. Les Témoins de Jéhovah étaient le dernier groupe à partir. Les SS nous ont donné une charrette à tirer, et j’ai appris plus tard qu’elle contenait une partie du butin qu’ils s’étaient constitué aux dépens des prisonniers. Ils savaient que les Témoins de Jéhovah n’y toucheraient pas. Toutefois, cette charrette s’avéra providentielle, car elle permettait à nos frères malades ou âgés de s’asseoir et de se reposer un peu. Une fois que l’un d’eux avait repris des forces, il descendait et se remettait à marcher. Un autre Témoin trop faible pour continuer prenait sa place, et ainsi de suite durant les deux semaines que dura la “marche de la mort”.
.Ce fut une “marche de la mort” sous tous les points de vue. Non seulement elle nous conduisait à la noyade, mais la mort était tapie tout au long du chemin. Quiconque n’avait plus la force de continuer était abattu sans merci par les SS. Environ 10 700 hommes ont ainsi perdu la vie avant d’arriver au terme de cette longue marche. Cependant, grâce à la solidarité et à l’amour chrétien, pas un seul Témoin ne fut abandonné sur le bord de la route pour être achevé par les soldats.
.Les cinquante premiers kilomètres furent un cauchemar. Les Russes étaient si près de nous que nous pouvions entendre les coups de canon. Nos chefs de corvée avaient tellement peur de tomber entre les mains des Soviétiques que la première étape, de Sachsenhausen à Neuruppin, fut une marche forcée de 36 heures.
Moi qui avais emporté quelques affaires personnelles, je les jetais l’une après l’autre au fur et à mesure que je me fatiguais, et je n’ai gardé qu’une couverture pour m’enrouler dedans pendant la nuit. Nous avons dormi dehors la plupart du temps, en essayant de nous protéger du sol humide avec des feuilles et des brindilles. Un soir, j’ai pu dormir dans une grange. Imaginez ma surprise lorsque j’ai trouvé, caché sous la paille, un exemplaire du livre Justification (édité par la Société Watch Tower)! Le lendemain matin, mes hôtes m’ont donné à manger; mais ce fut une exception. Après cela, pendant plusieurs jours d’affilée, nous n’avons rien eu à manger ni à boire, si ce n’est quelques plantes que nous avons pu ramasser et dont nous faisions des infusions le soir, quand nous nous arrêtions pour dormir. Je me souviens d’avoir vu quelques prisonniers, qui n’étaient pas Témoins, se jeter sur le cadavre d’un cheval tué sur le bord de la route et se mettre à dévorer sa chair malgré les coups de crosse que les SS faisaient pleuvoir sur eux.
.Pendant ce temps, les Russes et les Américains avançaient toujours, chacun de leur côté. Le 25 avril, la confusion était telle que nos gardiens ne savaient plus où étaient les Russes ni où étaient les Américains. Ils donnèrent l’ordre à tous les prisonniers de bivouaquer dans un bois pendant quatre jours. Là, nous avons mangé des orties, des racines et des écorces d’arbres. Ce répit fut vraiment providentiel, car si nous avions dû poursuivre notre marche, nous serions arrivés au port avant l’effondrement du front allemand et nous aurions fini au fond de la baie de Lübeck.
. LA DERNIÈRE NUIT
.Le 29 avril, les SS décidèrent de diriger quand même les prisonniers vers Lübeck. Ils espéraient que nous y arriverions avant que les forces russes et américaines aient opéré leur jonction. Après plusieurs jours de marche, nous sommes arrivés près de Schwerin, à une cinquantaine de kilomètres de Lübeck. Les SS nous ordonnèrent une fois de plus de nous cacher dans les bois. Ce devait être notre dernière nuit de captivité. Mais quelle nuit!
. Les Russes et les Américains encerclaient ce qui restait de l’armée allemande, et les obus sifflaient au-dessus de nos têtes des deux côtés. Un officier SS nous conseilla alors de rejoindre sans escorte les lignes américaines qui se trouvaient environ six kilomètres plus loin. Mais ce conseil ne nous disait rien qui vaille et, après avoir prié Jéhovah pour lui demander sa direction, nous avons finalement décidé de passer la nuit dans le bois. Nous avons appris par la suite que les SS avaient abattu les prisonniers qui avaient accepté l’offre de l’officier et avaient essayé de gagner les lignes américaines. Comme nous étions reconnaissants pour la direction que Jéhovah nous avait accordée!
.Cette dernière nuit dans le bois de Crivitz fut loin d’être paisible. À mesure que les combats se rapprochaient, la panique des SS augmentait. Certains s’évanouirent dans la nuit, tandis que d’autres cachaient leurs armes et leurs uniformes, et revêtaient le costume rayé de prisonniers qui étaient morts. Des détenus reconnurent certains de ces SS et les tuèrent avec les armes que ceux-ci avaient abandonnées. La confusion était à son comble. Les hommes couraient ça et là, sous des volées de balles et d’obus qui sifflaient dans tous les sens. Mais les Témoins sont restés ensemble jusqu’au lendemain matin, attendant la fin des combats sous la main protectrice de Jéhovah.
.Nous avons exprimé notre gratitude à Jéhovah dans une résolution adoptée le 3 mai 1945. Nous venions de parcourir 200 kilomètres en 19 jours. Sur les 26 000 prisonniers qui avaient quitté le camp de concentration de Sachsenhausen, un peu plus de 15 000 seulement avaient survécu à la “marche de la mort”. Cependant, aucun des 230 Témoins qu’il y avait au départ ne succomba à l’épreuve. Quelle merveilleuse délivrance!
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. Coordination des Associations & Particuliers pour la Liberté de Conscience :
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
Par Christian Paturel
janvier 2012
.
http://www.coordiap.com/tribune-libre-paturel-jesus-jehovah-vichnou-8959.htm
.La page d’accueil de Yahoo du 10 février dernier, sous le titre « L’homme qui refusa de faire le salut nazi », évoquait, photo à l’appui, le cas d’August Landmesser un allemand qui refusa de faire le salut nazi au milieu d’une foule enrégimentée et endoctrinée « qui lève le bras à l’unisson ». Bel exemple de courage, de refus d’être mouton de Panurge.
.D’autres personnes ont su dire non, durant cette époque particulièrement dramatique. Il est regrettable que leur évocation échappe constamment aux médias et aux dirigeants politiques. Plongeons, si vous le voulez bien, dans l’histoire des années 1924-1945.
. En 1924, Hitler rédige, avec l’aide d’un prêtre catholique : Bernard Stempfe, son livre Mein Kampf (mon combat). Dès cette époque, Hitler vise les Francs-maçons et les Juifs (le Vatican lui fera ajouter par la suite plusieurs autres catégories d'individus dont lesTémoins de Jéhovah, une église particulièrement dérangeante compte tenu de son attachement au christianisme originel ). Ces minorités seraient responsables des difficultés de l’Allemagne. Cet écrit préconise, pour s’en débarrasser définitivement l’utilisation des gaz asphyxiants.
.Dès son arrivée au pouvoir, en janvier 1933, Hitler exécute son plan et envoie dans les camps de concentration ou d’extermination des groupes entiers d’humains : Juifs, Tziganes, communistes, Témoins de Jéhovah, Francs-maçons, homosexuels…
.Durant cette période, les Témoins de Jéhovah ont collectivement en tant que religion attachée au christianisme, et individuellement affirmé leur authenticité, leur sincérité, leur foi, leur fermeté, leur attachement aux valeurs chrétiennes : respect de la vie, pacifisme, fraternité universelle. Ils poursuivirent avec dignité et endurance leur combat pour ces « valeurs de notre civilisation judéo chrétienne », un thème qui semble revenir au premier plan de l’actualité politique…
.Une résistance collective
.Leur résistance au nazisme, au fascisme, à l’assassinat programmé, au génocide leur valurent de terribles persécutions : arrestations, privations, mauvais traitements, travaux forcés dans le froid, le manque de nourriture, les épidémies, les « expériences médicales » inutiles sous l’égide des « médecins maudits », les « liquidations » brutales (pendaisons, pelotons d’exécution…), la lente agonie.... 10.000 connurent les camps de concentration (certains y passèrent…12 ans, de 1933 à 1945), 2.000 y moururent. Les Témoins de Jéhovah étaient connus dans ces camps de la mort sous le nom des Triangles violets.
.Restant fidèles à leur croyance, la plupart d’entre-eux ont toujours refusé de prendre part à des industries de guerre ce qui leur a valu de mauvais traitements et même la mort (…) L’internement des Témoins de Jéhovah est du à leur refus de servir dans les armées de nazies, de faire le salut d’allégeance à Hitler, de participer à l’effort de guerre. Tous ces hommes, ces femmes et ces enfants ont refusé de s’incliner, d’avaliser l’horreur, de se commettre, de se salir, de capituler.
.Ces actes de courage se comptent par milliers. Les pages manqueraient pour les relater tous. Comment peut-on, en quelques lignes, rendre hommage à ces chrétiens authentiques qui ont su dire NON à un moment dramatique de l’histoire de l’humanité ? Comment rendre hommage à cette multitude de combats individuels dont un grand nombre est resté méconnu ?
.Des Etats ont tenu à immortaliser leur combat en l’inscrivant dans la mémoire collective de leurs peuples.
.Ainsi, les Etats-Unis d’Amérique ont construit un musé de l’Holocauste à Washington afin de perpétuer le souvenir de tous les groupes persécutés par les nazis. Une revue américaine, lors de l’inauguration de ce centre en 1993, a écrit :
Ce musée devrait être d’un intérêt tout particulier pour les Juifs et les Témoins de Jéhovah, américains ou étrangers, groupements religieux particulièrement visés par le génocide décidé par le régime hitlérien »

Telle était l'attitude adoptée par les Témoins de Jéhovah : refus de servir dans les armées nazies, de faire le salut d’allégeance à Hitler, de participer à l’effort de guerre. Tous ces hommes, ces femmes et ces enfants ont refusé de s’incliner, d’avaliser l’horreur, de se commettre, de se salir, de capituler et surtout de renier leurs croyances et leur foi en Jéhovah, le Dieu de la Bible

Josué

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Brève chronologie de la persécution des Témoins de Jéhovah par les nazis (1933-1945)

1933
30 janvier
Hitler arrive au pouvoir.
28 février
Un décret d’exception accorde à Hitler le droit de limiter les libertés publiques.
21, 22 mars
Ouverture des camps de concentration de Dachau et d’Oranienbourg.
23 mars
Hitler obtient les pleins pouvoirs.
10 avril
Les Témoins de Jéhovah sont interdits dans le Meklembourg.
13 avril
Ils sont interdits en Bavière.
18 avril
Ils sont interdits en Saxe.
24 avril
Perquisition de leur siège à Magdebourg.
9 mai
Une circulaire du ministère (...)

Josué

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Un “attachement héroïque aux convictions”
En harmonie avec la position de neutralité qu’ils ont adoptée dans tous les pays en tant que ministres chrétiens, les témoins de Jéhovah allemands n’ont participé à aucune activité politique ou militaire durant la Seconde Guerre mondiale. Les autorités nazies considéraient cette attitude fondée sur la Bible comme une rébellion contre le gouvernement. Elles réagirent en persécutant cruellement ces témoins chrétiens.
À ce propos, le livre L’Allemagne moderne — Son histoire et sa civilisation (angl., 1966) déclare :
“De toutes les Églises chrétiennes, la secte qui fut la plus persécutée et qui fut traitée presque avec la même cruauté que les Juifs fut celle des témoins de Jéhovah (Bibelforscher). On a écrit peu de choses sur ce groupe de réfractaires, mais pour ce qui est de l’attachement héroïque aux convictions, du courage et de la résistance, les Bibelforscher allemands occupent une place particulièrement honorable dans l’histoire du Zivilcourage.” —
P. 513.

chico.

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Un ancien gardien présumé du camp d'Auschwitz arrêté aux Etats-Unis
Publié par Metronews le Jeudi 19 Juin 2014 à 08h53

ETATS-UNIS - Soixante dix ans après la Seconde guerre mondiale, la police américaine a arrêté un homme de 89 ans soupçonné d'avoir aidé et soutenu les crimes du régime nazi en tant que gardien du camp de concentration d'Auschwitz.

Le camp d'Auschwitz-Birkenau de nos jours. 70 ans après la Seconde guerre mondiale la traque aux anciens gardiens continue. Photo : SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA


Josué

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à lire ci
http://www.memoire-tj.org/spip.php?article41

Josué

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Mme Kusserows né le 23 Janvier 1924 à Bochum, en Allemagne. De son adolescence a été consacrée à la diffusion de leurs convictions religieuses en tant que membre des Témoins de Jéhovah. Mme Kusserows nés le 23 Janvier 1924 à Bochum, en Allemagne. De son adolescence a été consacrée à la diffusion de leurs convictions religieuses en tant que membre des Témoins chrétiens de Jéhovah, une confession religieuse à laquelle elle appartient. En 1941, à l'âge de 17 ans, elle a été arrêtée et détenue à la prison pour mineurs jusqu'à 18 ans, pour avoir refusé de prêter son soutien au régime nazi. A plusieurs reprises, le plus récemment dans Ma dernière, lors d'une interview à la Casa Sefarad, à Madrid, Mme Kusserows a dit: "Notre position contre le nazisme n'était pas négociable: obéissance à la loi, mais la fidélité à Dieu seul Il était impensable de. part ou de quelque manière que soutenir une idéologie comme ça brutal, inhumain et gourmand. Au fil du temps, la Gestapo enregistrer notre maison à de nombreuses reprises, et toute la famille, treize au total, y compris mes parents et mes dix enfants, subirait un hersage répression. En 1939, la police a pris mes trois jeunes frères et sœurs à «rééduquer» dans les maisons d'accueil nazis, qui, grâce à la solide éducation chrétienne qu'ils avaient reçu, il est impossible. "En Avril 1941, alors que j'étais en prison, parce de mon refus de soutenir la cause nazie, ils ont dit que je pouvais rentrer chez moi si je signais une déclaration renonçant ma foi. J'ai refusé, et c'est là que j'ai été déporté à Ravensbrück où, l'année suivante, envoyé à ma mère et une de mes sœurs pour la même cause. Je suis convaincu que grâce à la force de nos idéaux chrétiens et bien sûr, l'aide de Dieu, nous avons pu rester ensemble en tant que membres de la même confession, affirmant résolument à l'intérieur et à l'extérieur des camps - ceux régime infâme. "Mme Kusserows Ravensbrück est resté pendant quatre ans. Deux de ses frères ont été exécutés pour leur front de refus du régime nazi, l'un décapité et un autre coup. Magdalena, sa mère et sa sœur ont été libérés en Avril 1945, lors de la 'mars de la mort» qui a commencé de Ravensbrück. Après la guerre, elle est revenue à la maison, où les membres survivants de la famille seraient regrouper progressivement à reprendre avec plus de détermination, si possible, la diffusion de leur foi. L'histoire de cette noble femme et sa famille est réunie dans une variété de sources. En 1991, la Colombie- télévision a montré un documentaire sur les Kusserows sur le facteur humain, sous le titre: Les Triangles pourpres, triangle avec laquelle classé Bibelforscher (les Témoins de Jéhovah allemands) dans le système de camp de concentration nazi Lundi prochain 16 Septembre à 19h30. il y aura un service de prière à la Direction nationale de chrétiens Témoins de Jéhovah à Ajalvir, en présence de membres de la famille Kusserows de l'Allemagne. ----------- presse Contact: prensa@testigosdejehova.esamatos @ tcj.esApdo. 132-28850 Torrejón de Ardoz (Madrid) Téléphone: 918 879 770 à 649 971 014 - See more at: http://theworldnewsmedia.org/Magdalena+Kusserows%2C+death+camp+survivor+of+Ravensbr%C3%BCck%2C+dies+aged+89#sthash.kRHjW1ER.dpuf

Josué

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Serie: 75 Jahre Zweiter WeltkriegBis heute kaum bekannt: So starb der erste NS-Kriegsverweigerer
Dimanche 31.08.2014, 16:03


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Bundesarchiv Bild 152-11-12 / CC-BY-SAUne circulaire secrète permis au début de la Seconde Guerre mondiale, l'exécution Dick Mann et beaucoup plus après que - sans procès.Au lieu des exécutions judiciaires lieu avec l'adoption de la commande SS-Reichsführer Heinrich Himmler (à l'image pour visiter le camp de concentration de Dachau).
Il est le premier, les nazis l'ont exécutés pour refus du service militaire.Août Dickmann a été assassiné il ya 75 ans sur la base d'un décret qui permettait désormais exécutions sans jugement.Mais de Témoins de Jéhovah aujourd'hui largement inconnu.
Son tir a été gravée dans la mémoire des camps de concentration prisonniers.Aux yeux de tous ethaut-parleurégalement transférés au coin le plus éloigné du camp de concentration, Août Dickmann a été exécuté en public le 15 Septembre 1939 à Sachsenhausen, près de Berlin: le premier objecteur de conscience de la Seconde Guerre mondiale.Deux semaines avant la Wehrmacht d'Hitler ont envahi la Pologne et ainsi déclenché la deuxième guerre mondiale dans l'histoire du monde.

Dickmann a été tué il ya 75 ans sur le terrain de parade dans le centre des camps de concentration - à quelques mètres de son être battu avec les détenus frère Heinrich."Qu'est-ce qui lui est arrivé, donc ne se reproduise jamais», le directeur de la Fondation des mémoriaux du Brandebourg, dit Günter Morsch.Exécutions ultérieures menées par les nazis dans la tranchée d'exécution.
La Seconde Guerre mondiale en images
Voulez-vous les principaux événements de la Seconde Guerre mondiale comprendre?discussion en ligne a les paquets plupart des images soigneusement sélectionnés à la guerre dans l'est et compilées en un savoir-Dossier que vous pouvez télécharger.Cliquez ICI pour plus d'informations et pour télécharger!




Secrète processus circulaire sans permis exécutions


Aujourd'hui, un monument commémore l'assassiner de 29 ans qui a refusé de faire son service militaire en tant que témoins des raisons religieuses d'un Jéhovah.Parmi tous ceux qui ont résisté à la dictature nazie, il est l'un des largement inconnu.C'est peut-être parce que son utilisation est apparu historiquement insignifiante.Toutefois, il a payé de sa vie, comme la plupart des quelque 280 objecteurs de conscience dans le Reich hitlérien.La grande majorité d'entre eux ont été religieusement motivée: De plus de 250 Témoins de Jéhovah, certains adventistes, catholiques et protestants ainsi que d'une poignée de motivés politiquement signalé la publication "Histoire de l'objection de conscience".
 

La peine de mort à la place judiciaires était maintenant l'ordre de Himmler


Base de la première exécution - l'exécution Dick - était une circulaire secrète du 3 Septembre.Il a permis à des exécutions en vrac de procédure."C'est la dernière étape dans l'établissement d'un système judiciaire compétent indépendant de la police," a déclaré le directeur des monuments Morsch.En lieu et place de la peine de mort judiciaire, qui est entréla commande SS-Reichsführer Heinrich Himmler.

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Enseigner l’Holocauste au 21e siècle
[size=32]Persécution des témoins de Jéhovah

Jean-Michel Lecomte
Publié le 25 novembre 2013 - Modifié le 14 juillet 2014[/size]

Ce n’est qu’en juillet 1931 que l’appellation Zeugen Jehovas (témoins de Jéhovah) fut adoptée par ceux qui jusqu’alors se dénommaient Bibelforscher (étudiants de la Bible). LaWachtturm (Tour de garde, nom de l’organisation et de son siège à Magdebourg, en référence à l’organisation-mère américaine, la Watch Tower) avait déjà fait l’objet de tracasseries avant 1933, l’Eglise catholique lui étant très hostile – de même que le NSDAP.
Dès 1933, les Bibelforscher, ainsi que les nazis persistèrent à les appeler par habitude propagandiste, firent l’objet d’interdictions locales (Mecklembourg-Schwerin, Bavière, Saxe, Thuringe, Bade...). Ils ripostèrent par des actions judiciaires, des lettres de protestation – des milliers de télégrammes furent adressés à Hitler et aux fonctionnaires de la chancellerie par des témoins de Jéhovah américains et suisses. Après quelques atermoiements, l’interdiction générale survint en juillet 1935.
Pourquoi Hitler et le nazisme, qui ont toléré les Eglises protestante et catholique, n’ont-ils pas adopté la même attitude à l’égard des témoins de Jéhovah ? La première raison est que les grands propriétaires et industriels protestants et catholiques constituaient la clientèle de von Papen, et que le pouvoir avait besoin d’eux. Mais aussi, leurs principes religieux interdisaient aux témoins de Jéhovah de prêter serment à Hitler, d’effectuer le salut hitlérien, d’envoyer leurs enfants à la Hitlerjugend, et surtout de porter les armes. Devant l’évolution nazie qui s’affirmait peu à peu comme une « nouvelle religion » en niant toute transcendance pour exiger une adhésion mystique au Führer, là où les autres Eglises se sont au mieux contentées de protester, les témoins de Jéhovah contestèrent, s’opposèrent, refusèrent. Ils furent donc traités en opposants : écrits brûlés, rassemblements et prosélytisme interdits, appels à dénonciation, contrevenants condamnés et emprisonnés... Mais rien n’y fit, l’Etat totalitaire ne put obtenir qu’ils renient leurs principes et qu’ils se taisent.
Les propagandistes les plus grossiers répandirent alors des allégations selon lesquelles les témoins de Jéhovah étaient l’avant-garde et l’instrument du complot mondial juif, en s’appuyant sur leur référence à l’Ancien Testament et à Jéhovah, et sur l’appartenance d’anciens juifs à la direction de la Watch Tower. De faux écrits et des développements pseudo-scientifiques furent diffusés à grande échelle.
Le processus concentrationnaire devenait alors possible, c’est-à-dire l’internement arbitraire et l’escalade conduisant à la destruction. Il ne s’agit pas d’un génocide, les témoins de Jéhovah ne se revendiquant ni en peuple ni en ethnie, mais comme Eglise ; leur destruction est cependant à l’évidence un crime contre l’humanité. Ils furent une très rare catégorie à avoir eu la possibilité d’échapper individuellement à la concentration et à la destruction : il leur suffisait de renier leur foi et d’épouser la religion hitlérienne. On les y enjoignait régulièrement dans les camps : leur refus, toujours réitéré, leur valait à chaque fois de nouvelles brutalités.
François Bédarida estime le nombre des victimes entre deux et trois mille, sur les dix mille témoins de Jéhovah que comptait l’Allemagne.

Une figure : Carl von Ossietzky


Ce témoin, pacifiste convaincu, intellectuel, rédigea divers ouvrages pour contrer les attaques du parti nazi et dénoncer les brimades subies. Ses livres furent en bonne place dans les autodafés. En 1935, la Ligue allemande des droits de l’homme proposa Ossietzky pour le prix Nobel de la paix. Les luttes d’influence firent que ce prix 1935 ne lui fut décerné qu’en... novembre 1936. Il était alors déjà emprisonné en Allemagne.
« Arrêté dans les tout derniers jours de février, Carl von Ossietzky connaît la prison de Spandau, puis les camps de concentration : Sonnenburg, Esterwegen, Dachau. C’est à Dachau qu’il parachève sa victoire morale en refusant de céder et de renier ses convictions. Le maréchal Goering en personne est venu le voir, lui, le pacifiste, pour lui annoncer la nouvelle : le prix Nobel de la paix lui est attribué. Il lui a proposé d’aller en Suède pour la remise du prix, à condition de ne plus prononcer de critique contre le national-socialisme. Ossietzky a réfléchi et a dit non. Il n’est pas allé en Suède. Il est resté dans le camp. C’était une victoire morale. Sa victoire.
Le discrédit que cette affaire jetait sur l’Allemagne ainsi que les pressions internationales en faveur d’Ossietzky eurent pour effet de le faire sortir des camps. Libération quasi symbolique, car, rongé par la tuberculose, il est conduit à l’hôpital où il meurt le 5 mai 1938 (1). »
1. Guy Canonici, Les témoins de Jéhovah face à Hitler, Albin Michel, Paris, 1998, p. 382-383.

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Josué

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« NUIT ET BROUILLARD » Le devoir de mémoire
fév 1, 2015 by Christian Paturel
Les camps de concentration : exutoires d’une pensée unique
nuit_et_brouillard_1Il y a 70 ANS les survivants des camps de concentration nazis étaient libérés par les troupes alliées. Le nombre de victimes est impossible à chiffrer avec exactitude. En tout état de cause, il est certainement supérieur à 6 millions de femmes, d’enfants et d’hommes.
En réalité, le premier camp est libéré le 24 juillet 1944 par les troupes soviétiques. Il s’agit de Majdanek.
Puis, le 23 novembre 1944, Natzweiler-Struthof… en Alsace. Les autres, aux noms tout aussi dramatiquement connus, révèlent au cours des premiers mois de 1945 les mêmes horreurs : Auschwitz, Gross-Rozen, Buchenwald, Begen-Belsen, Sachsenhausen, Flossenbürg, Dachau, Ravensbrück, Neuengamm, Mauthausen, Theresienstadt, Stutthof… On dénombrera 42500 sites d’internement à la fin de la guerre.
Ces sinistres installations étaient construites, organisées et programmées pour faire souffrir, humilier, détruire, éliminer tous les groupes, ethnies, confessions, individus… considérés comme gênants ou indésirables pour la doctrine nazie. De véritables génocides ont été perpétrés.
Une chanson qui dérange…
« Nuit et brouillard », est le titre de la chanson de Jean Ferrat sortie en 1963. Il fait référence à la directive de Hitler du 7 décembre 1941 « Nacht und Nebel » (« Nuit et Brouillard ») ordonnant la déportation et l’élimination, dans le secret absolu, de toutes les personnes gênantes pour le régime nazi. En 1963, dix huit ans après la fin de la guerre, le sujet des camps d’extermination est entouré d’un silence pudique. Les victimes, du moins celles qui sont revenues, gardent le silence. La société préfère oublier ou se voiler la face en feignant l’indifférence.
La chanson de Jean Ferrat est interdite à la radio et à la télévision car elle nuit à la politique française qui désormais, sous l’impulsion du général de Gaulle, est tournée vers la réconciliation franco-allemande. Jean Ferrat est à contre-courant de la société et la chanson est jugée, par les milieux bien pensants comme « non convenable », « inopportune ». Cette hostilité, cette opposition des milieux dirigeants et l’indifférence d’une partie des Français se retrouvent dans les paroles de cette chanson qui connaitra néanmoins un très grand succès :
« La lune se taisait comme vous vous taisiez » (…)
« On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare »
« Qu’il vaut mieux me chanter que des chansons d’amour (…)
«Je twisterais les mots s’il fallait les twister
Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez »
Ainsi, à l’époque, 18 ans après la fin de la guerre, les jeunes ignorent tout des camps de la mort. Inquiétant, anormal, incroyable !
Comment dès lors s’étonner qu’aujourd’hui:
Tant de personnes ignorent la Shoa et l’assassinat programmé de nombreuses autres catégories de victimes (c’est le cas pour les Témoins de Jéhovah, notamment allemands, qui ont payé un lourd tribut).
Un pourcentage appréciable de la population française est inculte sur le plan historique.
Les actes antisémites se multiplient de façon inquiétante.
La liste des victimes du nazisme fait frémir : Juifs, Slaves, Tziganes, Témoins de Jéhovah, Francs-maçons, homosexuels, prisonniers politiques, résistants, syndicalistes, mendiants, ivrognes, clochards, malades mentaux allemands, chômeurs, récidivistes de la petite délinquance et criminels… Au-delà de leurs origines diverses, leur commun dénominateur était de gêner le régime nazi.
nuit_et_brouillard_2Comme le chantait Jean Ferrat, ils connaissent tous le même enfer :
« Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vishnou
D’autres ne priaient pas mais qu’importe le ciel »
(Voir articles : « Salut Jeannot » et « Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vishnou »).
Aujourd’hui, à l’occasion des commémorations, d’aucuns évoquent la nécessité de maintenir le souvenir, de graver dans la mémoire collective ce drame universel qui de 1933 à 1945 a ensanglanté l’humanité. Et, face à la multiplication des actes discriminatoires en France (les Juifs ne sont pas les seules victimes, nous aurons l’occasion d’en reparler), d’instruire les nouvelles générations.
nuit_et_brouillard_3La volonté politique est noble et généreuse. Le programme annoncé est plein de promesses. Encore faut-il s’entendre sur son contenu et la façon de le dispenser. Les enseignants devront satisfaire certaines exigences, notamment celles d’honnêteté, d’exhaustivité, d’impartialité, de sérieux et de tolérance.
La réussite d’une telle entreprise implique qu’elle soit menée sur trois plans :
1 L’enseignement de l’histoire : la Vraie et non celle destinée à entretenir des mythes voire à falsifier les réalités et à déformer les faits au nom de « la raison d’Etat ».
2 L’enseignement des croyances religieuses : expliquer et comprendre « la religion de l’autre ». Une véritable formation dépouillée de tout préjugé, de tout esprit partisan, de toute tentative discriminatoire. Pas évident ! La France traîne un lourd passé qui ne plaide pas en faveur d’une telle tolérance cultuelle.
3 et, peut être le plus difficile, l’exemple qu’il faut donner aux jeunes générations. Et sur ce plan, la tâche est de taille compte tenu de l’importance et du poids de la xénophobie, du racisme, des haines intercommunautaires… qui polluent les rapports sociaux au sein de la population française.
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Josué

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Une histoire qui force le respect Davy, mai 2015

Publié le 9 mai 2015

Un projet a été mis en place par le Conseil de l’Europe sous le thème « Apprendre et enseigner l’histoire de l’Europe du 20e siècle ». Parmi les principaux objectifs visés, il s’agissait particulièrement « d’intéresser les jeunes à l’histoire récente de notre continent et de les aider à établir des liens entre les racines historiques et les défis auxquels est confrontée l’Europe d’aujourd’hui » ainsi que « de les sensibiliser au fait qu’il est important de comprendre le point de vue de l’autre ». Dans le cadre de ce projet, l’ouvrage Enseigner l’Holocauste au 21e siècle a été publié dans l’intention de fournir aux enseignants des supports pédagogiques pour transmettre ces connaissances aux élèves [1]. La neuvième fiche se consacre spécialement à la persécution des témoins de Jéhovah [2].

On y apprend que les Bibelforscher [3] ont commencé à subir des interdictions locales dès 1931. Malgré leur défense judiciaire et des lettres de protestation, ils ont été officiellement interdits en juillet 1935. Pourquoi des mesures bien plus restrictives visaient cette minorité religieuse et non les autres Églises ? Parce que « leurs principes religieux interdisaient aux témoins de Jéhovah de prêter serment à Hitler, d’effectuer le salut hitlérien, d’envoyer leurs enfants à la Hitlerjugend, et surtout de porter les armes », explique Jean-Michel Lecomte. Face au National-Socialisme qui s’affirmait comme une véritable religion vouée au Führer, « là où les autres Églises se sont au mieux contentées de protester, les témoins de Jéhovah contestèrent, s’opposèrent, refusèrent ». En fait, la tentative d’exterminer ce groupe chrétien relève du crime contre l’humanité et non du génocide, puisqu’ils n’étaient pas persécutés pour ce qu’ils étaient, en tant que peuple, mais pour ce qu’ils refusaient volontairement de faire. En effet, ils « furent une très rare catégorie à avoir eu la possibilité d’échapper individuellement à la concentration et à la destruction : il leur suffisait de renier leur foi et d’épouser la religion hitlérienne ».

Pareillement, un ouvrage didactique a été rédigé par deux historiens à l’université dans le cadre d’un programme éducatif lancé par le gouvernement en Suède, afin de combattre le négationnisme et de mieux informer sur la Shoah. En France, le ministère de l’Éducation nationale a contribué à la diffusion dans les collèges et les lycées publics de la traduction française « Dites-le à vos enfants », Histoire de la Shoah en Europe, 1933-1945. Aux côtés de l’horrible sort réservé aux Juifs par le National-Socialisme, les minorités n’y sont pas oubliées, remarque Le Monde : « Le texte est clair, le vocabulaire assez simple sans toutefois être simpliste et rappelle que Tsiganes, handicapés et arriérés mentaux, homosexuels, témoins de Jéhovah, civils polonais, d’Europe de l’Est et prisonniers de guerre soviétiques furent eux aussi victimes des idéologies nazies [4]. » Le professeur Stéphane Bruchfeld et le philosophe Paul Levine y évoquent le courage des témoins de Jéhovah parmi la résistance civile allemande : « Les témoins de Jéhovah étaient des citoyens qui avaient résolu ouvertement de ne pas soutenir le régime, un choix qui leur valut un châtiment rigoureux. Ils refusèrent de prêter serment d’allégeance à Hitler. Pour eux, il n’y avait qu’un seul Dieu, le leur. Cette résistance est exceptionnelle car il leur aurait suffi de signer un document déclarant leur allégeance pour cesser d’être persécutés. Or, très peu d’entre eux le firent. Sur près de 20 000 témoins de Jéhovah, plusieurs milliers furent envoyés en camp de concentration. On estime que 25% des membres de ce groupe périrent aux mains des nazis [5]. »

Dans une recension de l’ouvrage allemand Zwischen Widerstand und Martyrium : Die Zeugen Jehovas im « Dritten Reich », devenu une référence et basé sur la thèse de doctorat de Detlef Garbe [6], le sociologue Jean Séguy partage l’avis de cet historien évangélique, selon lequel « les Témoins ont été le groupe religieux chrétien le plus férocement et le plus systématiquement persécuté par le IIIe Reich ; on a pu comparer leur sort à celui des Juifs et des Tziganes ; ils figurent d’ailleurs souvent à la suite des précédents dans les circulaires administratives de l’époque concernant les “catégories dangereuses” à éliminer [7] ».

Dans un autre livre traduit en français sous le titre La Terreur nazie. La Gestapo, les Juifs et les Allemands « ordinaires », le professeur Eric Johnson souligne également le courage manifesté par les témoins de Jéhovah face à la barbarie nazie : « S’il est un groupe qui osa se dresser contre le régime nazi plus peut-être que nul autre, c’est celui des Témoins de Jéhovah qui éprouvèrent au plus haut degré la férocité de la terreur nazie, pratiquement à égalité avec les Juifs et les Tsiganes. […] S’ils s’étaient montrés disposés à rechercher des compromis avec le nouvel ordre nazi et s’ils avaient confiné leurs activités à la sphère religieuse, à l’exemple de la plupart des autres minorités, les nazis eussent fort bien pu les considérer comme une nuisance secondaire et les laisser plutôt tranquilles. Mais les Témoins de Jéhovah étaient inflexibles [8]. »

Identifiés dans les camps de concentration par le triangle retourné de couleur mauve ou violet, les Bibelforscher auraient pu être libérés en signant simplement un document de renonciation de leur foi et d’engagement à ne plus pratiquer leurs activités chrétiennes. C’est cette particularité parmi les victimes du nazisme qui a suscité un véritable respect chez nombre de déportés et internés à l’époque et suscite encore ce sentiment chez la plupart des personnes qui étudient leur histoire, quelle que soit leur opinion sur les croyances et les pratiques cultuelles de cette communauté. D’autres ont été impressionnés par la solidarité exemplaire qui les unissait dans ces conditions éprouvantes. Edgar Kupfer-Koberwitz, journaliste interné au camp de Neuengamme en tant que prisonnier politique, rapporte le témoignage très émouvant d’un jeune Juif : « Lorsque nous, les Juifs de Dachau, sommes arrivés dans le bloc, les autres Juifs ont caché ce qu’ils possédaient pour ne pas avoir à le partager avec nous. Tu secoues la tête, mais c’est quand même ainsi. À l’extérieur on s’entraidait. Mais ici, où c’est une question de vie ou de mort, chacun veut d’abord se sauver soi-même, et il oublie les autres. Mais que crois-tu que font les Bibelforscher ? Ils doivent travailler très dur maintenant, réparer une quelconque canalisation. Par ce temps froid, ils sont debout dans de l’eau glacée tout au long du jour. Personne ne comprend comment ils font pour supporter. Ils disent que Jéhovah leur donne la force. Ils ont absolument besoin de leur pain, car ils ont faim tout comme nous. Mais que font-ils ? Ils ramassent tout le pain qu’ils ont, en prennent la moitié pour eux-même, et l’autre moitié, ils la donnent à leurs frères qui ont faim, leurs frères dans la foi, qui viennent d’arriver de Dachau. Ils leur souhaitent la bienvenue, les embrassent. Avant de manger, ils prient, et après, ils sont comme transfigurés, avec des visages heureux. Ils disent qu’ils n’ont plus faim. Vois-tu, c’est alors que je me dis : ce sont là les vrais chrétiens, c’est comme ça que je me les suis toujours représentés. Pourquoi ne pouvons-nous pas être comme eux ? Combien cela aurait été beau si nos frères nous avaient préparé un tel accueil [9] ! »

Hélas, le courage de ces gens ordinaires, hommes et femmes, y compris des enfants, qui ont choisi d’écouter leur conscience en résistant face à l’intolérance cruelle arrivée au pouvoir, est longtemps resté sous silence. Outre que beaucoup de ces victimes s’ouvraient difficilement sur ce passé douloureux, la presse nationale française et même les revues spécialisées ont guère parlé de ces oubliés de l’histoire jusqu’à récemment. Il a fallu diverses initiatives, souvent engagées par des personnes admiratives devant ces chrétiens professant une foi qui n’est pas la leur, pour faire connaître cette forme de résistance pacifique pouvant servir d’exemple aux jeunes générations et faire ressortir des témoignages édifiants de cette sombre période.

Les oubliés de l’histoire

Premier livre français consacré entièrement aux témoins de Jéhovah anciens déportés et internés, Les Bibelforscher et le nazisme (1933-1945) a été publié dans la collection Ces oubliés de l’Histoire afin de « rendre hommage à un peuple torturé, avili, pourchassé, emprisonné, décapité, assassiné, gazé, brûlé dans ces crématoires » et ainsi de leur rendre Justice, autant que faire se peut. Se démarquant d’emblée comme « absolument étrangers » à ce mouvement, Sylvie Graffard et Michel Reynaud ont soigneusement recueilli de nombreux témoignages suivant la méthode décrite dans l’introduction : « Cela ne fut pas facile, même si l’accueil fut chaleureux et bienveillant, et après avoir brisé le carcan de la méfiance, nous nous plongeâmes dans ce monde des Bibelforscher. Certes, avec passion, étonnement, surprise, déception mais en voulant garder farouchement un œil critique, voire un regard des plus objectifs, à la limite annihilant toute émotion… les faits, toujours les faits. Comme nous n’étions ni de près ni de loin, comme nous ne sommes toujours pas aujourd’hui concernés par cette secte, ou plutôt groupe religieux, les faits n’avaient qu’à bien se tenir, seule l’Histoire devint notre guide [10]. »

Parmi les rares comptes-rendus parus sur ce thème inhabituel, Le Déporté a rendu hommage à ce travail remarquable : « Ce livre est d’une lecture passionnante, d’autant qu’il rappelle à tant d’autres déportés l’attitude exemplaire, voire charitable, de “témoins” qui ont appliqué au plus haut point l’“Amour” au sens le plus chrétien du mot [11]. » Saluant le courage nécessaire pour refuser de transiger avec le commandement de Dieu (« Tu ne tueras point ») sous le régime d’Hitler, la revue des associations d’anciens déportés et internés reconnaît qu’il serait difficile de « ne pas être admiratif devant ces “triangles violets” » après la lecture de ces témoignages d’autres déportés. La Revue de l’Histoire des Religions a souligné pareillement la qualité des recherches effectuées : « Les auteurs ont recouru aux méthodes les plus éprouvées de l’histoire orale. Les nombreux témoignages recueillis permettent de suivre l’ampleur et la progression de la persécution de ces pacifistes qui préférèrent subir, souffrir et même mourir plutôt que de se tourner vers une résistance armée. Ils furent certes admirés, mais pas imités [12]. » Et de conclure sur l’intérêt de l’ouvrage : « Il fallait révéler ce pan ignoré de l’histoire de la deuxième guerre mondiale, où la persécution n’est pas justifiée par des considérations pseudo-raciales. »

La parution de ce livre aux Éditions Tirésias était signalée dès janvier 1991 dans Le Monde par un article sur la Shoah et sur la nécessité de transmettre le souvenir du génocide nazi [13]. La sortie de sa sixième édition en 1999 figurait quant à elle dans la rubrique « Histoire » de son confrère Libération [14] . Un premier échelon a ainsi été posé et a contribué à réveiller ce devoir de mémoire collective.

Mémoire de Témoins

Inauguré en 1993 à Washington, le Musée de l’Holocauste a pour mission de « dire l’entière, l’horrible vérité » en relatant simplement les faits, pour ce jour qu’avait pressenti Dwight Eisenhower dès la libération des camps, où d’aucuns prétendraient « que toutes ces “allégations” [sur les camps de concentration] étaient de la propagande ». Parmi l’ensemble des victimes, ce musée a mis en avant le sort subi par les témoins de Jéhovah sous le régime National-Socialiste dans une exposition permanente de divers documents d’archives, d’objets authentiques et de témoignages vidéo de survivants [15]. Un fascicule d’information leur a été dédié en anglais pour servir de support éducatif aux professeurs [16] . Dans l’Encyclopédie Multimédia de la Shoah, deux articles traduits en français sont également consultables en ligne [17].

Le 29 septembre 1994, un colloque s’est tenu au Musée de l’Holocauste pour traiter de l’histoire des témoins de Jéhovah déportés et internés dans les camps de concentration [18]. C’est probablement le déclic qui a encouragé ces victimes à témoigner de leur vécu dans les camps de la mort, ce qu’ils n’avaient pas jugé utile jusque-là. Le 50e anniversaire de la libération des camps de concentration s’est avéré l’occasion concluante pour partager ce patrimoine historique de leur communauté : deux grandes manifestations, organisées les 28 et 30 mars 1995 respectivement à Strasbourg et à Paris, ont donc donné la parole à plusieurs survivants regroupés au sein du Cercle Européen des Témoins de Jéhovah Anciens Déportés et Internés (CETJAD).

Tandis qu’il venait d’éditer un opuscule intitulé Mémoire de Témoins 1933-1945 [19], le CETJAD a organisé une série d’expositions éponymes dans une quarantaine de villes françaises de mai 1995 à mai 1996. La presse régionale a bien rendu compte des informations apportées par les panneaux présentés et des témoignages provenant d’anciens déportés (témoins de Jéhovah ou non) présents à l’inauguration ou durant les heures d’ouverture au public. En revanche, les médias nationaux ont observé un silence total sur ces actions de sensibilisation au martyre subi par les Bibelforscher.

Lors de l’exposition dans l’arrondissement de Toulouse, La Dépêche du Midi a transmis une partie du récit de Louis Piechota, qui a expliqué comment les 230 témoins de Jéhovah ont tous survécu à la « marche de la mort » de 250 kilomètres à la libération des camps [20]. Au Palais des Congrès de Nancy, le président de la Fédération nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP) a témoigné en faveur de ces victimes dont il ne partage pas la foi : « Je n’ai pas connu de catégories de déportés, à l’exception des Juifs, qui aient été aussi ignominieusement traités : battus, humiliés, injuriés, chargés des tâches les plus viles. Sans leur foi, ils n’auraient pu tenir. Je garde pour eux un immense respect, et de l’admiration [21]. »

Pour le passage à Saint-Étienne au cours d’une semaine en octobre 1995, le journal local La Tribune Le Progrès a publié un dossier complet sur cette page d’histoire exposée au Palais des Congrès [22]. En introduction, une citation d’Albert Camus a rappelé toute l’importance de ces récits d’hommes et de femmes relatant la barbarie nazie : « qui répondra en ce monde à la terrible obstination du crime, si ce n’est l’obstination du témoignage ». À cette exposition itinérante, sont affichés « des témoignages toujours très émouvants », des documents ou des lettres à l’appui, des extraits d’ouvrages ou des articles de presse d’époque. En présence d’un adjoint au maire, un ancien déporté de Buchenwald a exprimé quelques souvenirs sur des triangles violets qu’il a personnellement connus. Au Centre des Congrès de Caen, plus de deux mille visiteurs ont pu apprécier les explications d’une enfant déportée, Ruth Danner, qui a été arrêtée avec sa famille à l’âge de 10 ans. Ayant survécu à cette tentative d’extermination de son Église par Hitler, elle souligne aujourd’hui que « ce n’est pas de ma religion dont j’ai été victime, mais du système nazi [23] ».

La semaine suivante, c’était à la ville de Nantes d’accueillir l’exposition dans les Salons du Ranzay [24]. Les paroles d’ouverture ont été préparées par Patrick Cariou, commissaire de l’exposition : « Nous voulons apporter un témoignage supplémentaire pour aider nos contemporains et les jeunes générations à ne pas oublier. Cette exposition ne fait que combler une lacune et réparer les trous de mémoire de l’histoire [25]. » Étaient présents pour témoigner deux anciens déportés. Louis Piechota, encore mineur au début de la guerre, refusait de travailler pour l’armée allemande. Il a donc été interné, puis déporté au camps de Sachsenhausen. Il se souvient particulièrement d’une terrible épreuve surmontée aux côtés d’autres coreligionnaires : « Là, les nazis cherchaient par tous les moyens à briser la résistance des “Bibelforscher”. Seule ma foi a permis de supporter cette épreuve, tout comme les 229 compagnons de mon groupe qui ont survécu à la marche de la mort en 1945 quand les Allemands, projetant d’embarquer les prisonniers sur des bateaux à Lübeck pour les couler au large, forcèrent 26 000 déportés à une marche infernale de deux semaines où, sur 250 km, 10 700 hommes perdront la vie. » Eugène Jung n’avait que dix ans lorsqu’il a été arrêté avec sa famille pour refus d’accomplir le salut hitlérien et d’accrocher la croix gammée à leur fenêtre. Il sera envoyé dans sept camps de Haute-Sibérie. Sa conviction est demeurée ferme et s’est même renforcée : « J’ai été marqué par l’idéal de mon père qui me paraissait juste. J’ai toujours milité pour la neutralité, refusant quelques années plus tard le service militaire, malgré les épreuves endurées. »

Au même moment, d’autres témoignages vivants ont suscité de l’intérêt à Micropolis de Besançon [26]. Dans une interview publiée par le journal régional L’Est Républicain, Simone Arnold (Liebster) a relaté la déportation de ses parents et a décrit toute la pression exercée sur cette jeune fille alsacienne : « J’ai été renvoyée de l’école en 1941 parce que j’avais refusé de faire le salut hitlérien. J’ai été expulsée dans une énorme mise en scène, avec la présence du recteur qui m’a invitée à monter sur l’estrade, soit pour saluer Hitler, soit pour prendre mon acte d’expulsion. À 13 ans, je suis passée au tribunal. On m’a menacée du camp de Ravensbrück et j’ai été mise en placement pénitentiaire à Constance. J’étais passée onze fois devant les autorités qui me demandaient de céder [27]. » Elle s’est retrouvée dans un établissement pénitentiaire avec une quarantaine d’enfants de 6 à 14 ans, vivant en autarcie et sous interdiction de parler, jusqu’à sa libération en avril 1945.

À Valence, plusieurs personnalités extérieures ont répondu favorablement à l’invitation d’inauguration de l’exposition [28]. Si la directrice du musée mémorial des enfants d’Izieu a été retenue par des soucis de santé, le député-maire de Valence a assisté en partie à la soirée. Le président régional de la FNDIRP et un universitaire sont intervenus pour rappeler l’importance de se souvenir de ces événements douloureux. Le commissaire de l’exposition a souligné que l’opposition religieuse a certes existé de manière minoritaire dans les Églises catholiques et protestantes, mais « la résistance des Témoins de Jéhovah de l’époque fut celle d’un groupe tout autant que celle des individus ». Suite à l’exposition d’Annecy-Seynod, Le Dauphiné libéré a résumé l’histoire des Bibelforscher exposée à l’aide de nombreux documents et témoignages : « Dès les débuts du nazisme, en Allemagne, ils ont été soumis aux pressions politiques parce qu’ils faisaient valoir leur conscience contre les théories et les actions du IIIe Reich. […] Individuellement ou collectivement, ils refusaient quelques pratiques du régime et la préparation à la guerre. Dès cette période la communauté des témoins, qui était forte de 20000 membres (autant qu’aux États-Unis), a été l’objet de poursuites, d’internements dans les camps et de sévices aux brutalités multiples. […] Le nombre total des déportés marqués de ce triangle violet dépassa 10000 personnes — hommes, femmes et enfants — 5000 d’entre eux périrent dans ces camps. Jusqu’au bout, ils ont refusé d’abjurer leur foi religieuse [29] ! » Parmi les survivants disposés à partager leur expérience, Max Liebster a expliqué qu’il a d’abord été déporté et interné en tant que Juif dans le camp de Sachsenhausen. Là, il s’est converti à la foi des témoins de Jéhovah. Il a plus tard été transféré à Auschwitz puis à Buchenwald.

Le Palais de la musique et des congrès à Strasbourg a reçu la même manifestation culturelle, où se sont exprimés des rescapés de la terreur nazie originaires d’Alsace-Moselle : Simone Arnold et Joseph Hisiger [30]. Comme l’a évoqué le journal régional Les Dernières Nouvelles d’Alsace, une plaquette rappelle l’exécution du mulhousien Marcel Sutter, pour avoir refusé de participer à la guerre par objection de conscience. Le président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) a souligné lors de l’inauguration « l’abominable persécution des Témoins de Jéhovah avant et pendant la guerre, le courage tranquille avec lequel ils ont accepté l’épreuve ». Quant à l’ancien président de l’Université des sciences humaines de Strasbourg, il a ajouté avec sentiments : « Cela nous concerne et nous émeut ». En décembre 1995, l’exposition a été inaugurée au Palais des expositions de Limoges puis s’est installée pendant cinq jours au musée Michelet à Brive [31]. L’article de La Montagne a cité en conclusion les paroles du psychanalyste Bruno Bettelheim : « Non seulement, ils faisaient preuve d’une dignité et d’un comportement moral exceptionnel, mais ils semblaient protégés contre l’influence du milieu concentrationnaire qui détruisait des personnes que mes amis psychanalystes et moi-même disaient bien intégrées ».

La tournée s’est poursuivie en début d’année 1996 à Angers, à Tours [32], ainsi qu’à Poitiers [33]. Le commissaire de l’exposition a rappelé au Parc des expositions de Rochepinard les différentes raisons déclenchant ces vagues de persécutions : « Les nazis ont envoyé leurs victimes dans les camps de concentration pour ce qu’elles étaient (les Juifs, les Tsiganes…), pour ce qu’elles faisaient (les résistants, les homosexuels…) ou pour ce qu’elles refusaient de faire. Cela a été le cas des Témoins de Jéhovah. » Le journaliste de La Nouvelle République a constaté en particulier que « les témoignages incitent au respect ». Pour son passage dans les Salons de Blossac à Poitiers, le quotidien Centre Presse met en valeur « cette exposition richement documentée » qui aborde la résistance morale et religieuse des Bibelforscher : « En raison de leur idéal religieux et de leur fidélité à Dieu, 10 000 d’entre eux ont été dans les camps de concentration où plus de la moitié ont perdu la vie [34]. » Et d’expliquer comment ils se sont opposés au régime nazi dès 1933 : refus du salut hitlérien et de la participation à l’effort de guerre, poursuite en clandestinité d’activités interdites, telles que les réunions chrétiennes et la diffusion du message évangélique. L’article a salué le courage de ce « petit peuple » : « Des convictions courageuses qui ont conduit les Témoins de Jéhovah à être, avec les Communistes, les premiers “pensionnaires” des camps de la mort. » Sous le titre « La Bible derrière les barbelés », La Nouvelle République a également relevé que de « nombreux témoignages de Témoins de Jéhovah déportés – certains qui en ont miraculeusement réchappé étaient présents hier – enrichissent l’exposition [35] ».

Au Parc de expositions de Troyes, plusieurs personnalités de la ville ont assisté à l’inauguration et des représentants d’associations d’anciens déportés ont apporté leur témoignage [36]. L’un d’entre eux a connu au camp de Buchenwald ces triangles violets, qui « se distinguaient par un comportement exemplaire de partage et de refus d’une responsabilité quelconque dans ce milieu concentrationnaire ». Remerciant le millier de visiteurs, un communiqué mettait en valeur le besoin de se souvenir : « Cette résistance spirituelle et morale au totalitarisme méritait d’être remarquée : elle apporte un éclairage de plus à ce fragment singulier de l’Histoire et avertit, en particulier les jeunes générations, des écueils de l’intolérance et du mépris, évités si souvent trop tard [37]. »

Enfin, l’une des dernières présentations de l’exposition « Mémoire de Témoins », qui a été visitée par 150 000 personnes dans une cinquantaine de villes en France et en Belgique, a été inaugurée à Lorient, en présence de personnalités locales dont l’adjoint à la culture. Selon Le Télégramme, la résistance fut autant collective qu’individuelle : « La résistance du groupe se manifesta par l’envoi de télégrammes de protestation à Hitler (20.000 en octobre 1939), l’adoption et la distribution des résolutions (300.000 exemplaires distribués en décembre 1936), et la distribution d’une lettre ouverte en 1937, mettant en cause Hitler, Hess et Himmler. Quant à la résistance des individus, elle est illustrée de façon émouvante par les courtes biographies qui accompagnent les dizaines de portraits illustrés [38]. » Ruth Danner, déportée à l’âge de 10 ans, et Louis Piéchota, arrêté à 25 ans en raison de son refus de servir l’armée allemande, ont partagé leur douloureux vécu avec les nombreux visiteurs venus les écouter.

Projection nationale d’un film-documentaire

Le 16 octobre 1997, un film consacré à la persécution des témoins de Jéhovah par le régime nazi a été projeté au Palais de l’Europe à Strasbourg [39]. Dans ce documentaire dévoilé en avant-première au camp de concentration de Ravensbrück à la fin de l’année 1996, plus de vingt survivants apportent leur témoignage poignant et une dizaine d’historiens, allemands et français, commentent cette histoire peu connue. Le représentant de la Direction des Droits de l’Homme a déclaré en cette occasion : « À côté d’autres, du peuple juif, des tziganes, des communistes et encore de beaucoup d’autres, les Témoins de Jéhovah ont aussi payé le prix de la haine de la différence. C’est à leurs souffrances et à leur résistance passées que vous allez rendre hommage ce soir, et nous nous associons à cet hommage [40]. »

Sous le thème « La conscience peut-elle résister à la force ? Des chrétiens face au nazisme : l’histoire d’une résistance oubliée », une projection gratuite de cette vidéo intitulée La fermeté des Témoins de Jéhovah face à la persécution nazie a été organisée dans 120 villes de France. L’Est-Éclair a annoncé cette réunion en indiquant qu’elle répondrait aux questions suivantes : Comment des chrétiens ont-ils trouvé la force de ne pas céder à l’antisémitisme ? Comment ont-ils pu refuser le culte du Führer et la guerre ? Comment ont-ils pu endurer l’enfer des camps nazis sans renier la foi chrétienne [41] ? Le Télégramme de Brest a signalé que plus de 2 000 témoins de Jéhovah sont morts en déportation et qu’ils furent les premiers à être internés à Dachau dès 1935 [42].

Selon La Une de Troyes, la motivation du Cercle européen des Témoins de Jéhovah anciens déportés et internés était de montrer comment s’est manifestée « une résistance absolue, non violente, qui a aidé beaucoup d’autres prisonniers : refuser de faire le salut nazi, refuser d’acheter sa liberté dans les camps en signant une lettre de renoncement à sa foi [43] ». Libération Champagne a mis en perspective ce débat avec l’actualité du moment, notamment le procès médiatisé d’un haut fonctionnaire français à Bordeaux pour complicité de crime contre l’humanité : « Sa thématique recoupe des questions qui sont au centre de l’actualité : la conscience peut-elle résister à la force ? En Allemagne, comme à Bordeaux, pouvait-on refuser d’obéir ? L’humain peut-il résister à l’inhumain [44] ? »

Pourquoi la date du 28 février 1998 a-t-elle été spécialement choisie ? Le discours d’ouverture a d’emblée expliqué aux convives que 65 ans plus tôt, c’est-à-dire le 28 février 1933, Hitler faisait promulguer par le président Hindenburg un texte d’exception. Ce « décret pour la protection du peuple et de l’État » allait permettre de limiter des libertés fondamentales pourtant garanties par la Constitution allemande : « Les restrictions à la liberté personnelle, au droit de la libre expression des opinions, y compris la liberté de la presse ; les restrictions sur les droits d’assemblées et d’associations sont autorisées au-delà des limites légales autrement prévues. »

En conclusion, il était rappelé l’importance de tirer leçon de ces erreurs du passé, pour éviter qu’elles ne se reproduisent. Ces réflexions s’avèrent de plus en plus appropriées aux difficultés de notre époque : « L’Allemagne des années 30 avait besoin d’ordre et de sécurité. Il y avait près de 6 millions de chômeurs à ce moment-là. La violence gagnait le pays. L’instabilité politique faisait craindre une révolution générale. C’est dans ce contexte de désarroi qu’Hitler obtint tous les pouvoirs. À partir d’un décret d’exception, les choses se sont enclenchées de façon irréversibles, conduisant à la Seconde Guerre mondiale. Le système hitlérien porta l’intolérance et la persécution à leur paroxysme. Des millions perdirent la vie dans les camps de concentration et d’extermination. Le passé est mort. Mais il y a eu d’autres totalitarismes et d’autres génocides. La mise en garde demeure utile car l’avenir n’est pas exempt de menaces. Le Cercle européen des Témoins de Jéhovah anciens déportés et internés souhaite que leurs contemporains et les jeunes générations en particulier méditent sur son message qui se résume en trois mots : conscience, résistance et foi. »

L’auteur d’un article paru dans Le Déporté, publié conjointement par l’UNADIF et la FNDIR, a assisté à la séance organisée à Avignon, où étaient présentes plus de 600 personnes. Il a souligné l’utilité de ce documentaire vidéo : « un très bon montage de documents de l’époque, de témoignages de rescapés, du récit que fait Geneviève de Gaulle de ses rencontres avec “ces femmes exceptionnelles” ». D’où son assurance à destination de « ceux d’entre nous à la recherche de la réalité nazie, comme s’il en était encore besoin, que ce film est l’un des mieux fait et des plus vrais [45] ».

« Un martyrologe méconnu »

Au même moment le grand éditeur Albin Michel publiait un livre sous le titre Les témoins de Jéhovah face à Hitler. À la différence du précédent ouvrage des Éditions Tirésias, qui s’est efforcé de recueillir quantités de témoignages auprès des victimes elles-mêmes ou de ceux qui les ont côtoyées dans les camps, Guy Canonici a compilé et analysé de nombreux documents, y compris des archives fédérales allemandes, associés aux témoignages de survivants et aux travaux de spécialistes en Allemagne et ailleurs. L’historien François Bédarida, spécialisé dans l’histoire contemporaine de la Seconde guerre mondiale et notamment sur le nazisme, a souligné tout l’intérêt de ce livre dans la préface qu’il a accordée à l’auteur : « Voici un livre bienvenu. Non seulement parce qu’il comble une lacune, mais parce qu’il arrive à son heure. En effet, tandis que les études et les publications se sont multipliées au cours des années récentes sur les diverses catégories de victimes du nazisme — Juifs, Tziganes, Slaves, déportes politiques, malades mentaux, homosexuels —, qui, à part les spécialistes, connaît le destin des témoins de Jéhovah sous le IIIe Reich ? Pourtant, tout au long des douze années du régime, la persécution s’est abattue sur eux avec un acharnement constant et avec une violence implacable. Eux aussi ont connu l’horreur de l’univers concentrationnaire. Eux aussi ont payé un lourd tribut à la fidélité à leurs convictions. Pourquoi ces chrétiens sont-ils les oubliés de l’histoire [46] ? »

La presse, autant nationale [47] que locale [48], a offert une plus large publicité à cette nouvelle parution. En particulier, le journal La Croix a publié dans sa section culturelle un article élogieux sur cette révélation du sort subi par les Bibelforscher sous le régime nazi. Jacques Nobécourt expliquait qu’ils furent « les seuls à être emprisonnés dans les camps nazis pour appartenance religieuse [49] ». Il regrettait surtout l’attitude des responsables des églises catholiques et protestantes, qui encourageaient souvent la persécution, bien que des pasteurs et prêtres aient exceptionnellement protesté. Une conclusion encourageante est offerte aux lecteurs : « Sur leur histoire méconnue, Guy Canonici a rassemblé une masse de témoignages qui laissent sans voix devant la force de caractère qu’inspirait une foi traduite dans les mots les plus simples et, jusqu’à la fin, inébranlable, même chez les enfants. Cette commémoration doit venir en toile de fond des actuelles polémiques sur l’appartenance chrétienne des Témoins de Jéhovah. »

Dans Le Monde diplomatique, Yohann Abiven a noté dans un commentaire bibliographique : « La résistance spirituelle que ces quelque 20 000 adeptes opposèrent en Allemagne aux logiques totalitaires fut finalement payée au prix fort, laissant à penser que “8 000 à 10 000 d’entre eux ont disparu d’une manière ou d’une autre”. […] En un mot, l’obstination pacifique des fidèles de Jéhovah mettait en échec le phénomène totalitaire [50]. » D’où la suggestion adressée aux historiens d’approfondir le sujet : « Sans doute le temps est-il venu pour les spécialistes de la répression concentrationnaire de se mettre en éveil, afin d’orienter leurs recherches sur le sacrifice d’une population mal connue, celle des témoins de Jéhovah. » Pour ce qui est du magazine Notre Histoire, il rassure sur les visées de cette démarche d’information : « Ce livre, rigoureux et bien écrit, avec de nombreuses notations sur la structure des organisations nazies, ne saurait figurer ici une propagande en faveur des Témoins de Jéhovah d’aujourd’hui. Ce livre d’histoire est, avant tout, un martyrologe [51]. »

En amont, les revues spécialisées avaient déjà attiré l’attention sur ces travaux inédits en français, qui dévoilent une histoire qui mérite d’être connue. Le bulletin trimestriel de l’Amicale des déportés et familles de Mauthausen a relevé dans ce livre « bien documenté » les raisons de l’inévitable opposition entre les témoins de Jéhovah et le nazisme : Hitler tentait d’imposer une nouvelle religion, dont il se proclamait le messie, avec la promesse d’un « Reich » de mille ans de paix (le millénium), un culte idolâtrique voué au « führer » (ou « guide ») auto-proclamé et Mein Kampf pour livre de référence. L’auteur a exprimé en toute franchise son appréciation de l’attitude de cette minorité chrétienne : « On peut penser ce qu’on veut de ce groupe religieux mais nous avons là un bel exemple de courage [52]. » À destination des bibliothèques, les Notes bibliographiques ont signalé cette parution d’un grand intérêt : « Le livre de Guy Canonici rassemble de nombreux témoignages montrant le courage et la dignité de ces hommes et de ces femmes qui n’ont jamais accepté de compromis. Il leur rend justice et comble une lacune dans l’histoire de la déportation [53]. » Dans la revue Actualité Juive, il était souligné que la préface de François Bédarida a estimé « à juste titre que le destin tourmenté des Témoins de Jéhovah demeure quasiment ignoré » et que l’auteur « restitue leur passé et montre que ces chrétiens furent pourchassés et payèrent leur tribut dans les camps nazis [54] ». Aussi la note emploie-t-elle l’expression de « martyrologe méconnu ».

Le Journal des Combattants a consacré un article complet au travail de Guy Canonici, qui « retrace avec minutie la chronologie et surtout le cheminement de pensées qui ont mené à la persécution des Témoins de Jéhovah emportés dans un tourbillon de folie meurtrière entre “la haine des Juifs et la peur des communistes” [55] ». Il a cité spécialement le témoignage de Paul Tillard au sujet des triangles violets dans un opuscule consacré à Mauthausen : « Je pense qu’aucun déporté ne pourra me contredire si j’affirme qu’ils étaient admirables. Je connus très bien l’un d’eux, du nom de Fistera. Il avait subi les pires outrages. Pendant plusieurs mois, au début de son incarcération qui remontait à 1937, il était obligé de se tenir au garde-à-vous des heures entières chaque jour, tandis que les SS le giflaient en se relayant. L’intention des autorités allemandes était de l’amener à signer un engagement dans l’armée. Il refusa toujours. Pour résister si longtemps, il fallait une solide force, tant physique que morale. C’était en effet un superbe athlète et sa présence dans un groupe de détenus était toujours une protection. Il était craint, par sa vigueur, de nos persécuteurs et sa valeur morale n’était pas sans les intimider. » Pour sa part, Le Patriote résistant l’a présenté comme « un ouvrage de référence sur une catégorie de victimes du système concentrationnaire dont il est peu parlé [56] », à propos desquels Hitler avait affirmé avec fureur : « Cette engeance sera exterminée en Allemagne ». Quant à la revue Le Déporté, elle a confirmé également la nécessité de la publication de telles recherches historiques : « il est temps qu’après les multiples études sur toutes les formes de déportation soit enfin étudié, en France notamment, le destin des Témoins de Jéhovah sous le IIIe Reich », car « peu de gens savent qu’ils furent les premiers persécutés pour leur foi par Hitler [57] ».

Évidemment, ceux qui ont étudié en profondeur l’histoire des témoins de Jéhovah ont eux aussi commenté cet ouvrage. Outre qu’il a expliqué fort à propos que les « longues pages […] consacrées aux martyrs dans les camps de concentration » ne se résument pas mais qu’« il faut les lire », l’historien Bernard Blandre évoque dans l’hebdomadaire protestant Le Christianisme une autre raison de s’y intéresser : « Pour ceux qui savent ce qu’ont enduré les juifs, les gitans ou les résistants, ces textes peuvent ne paraître que comme des détails supplémentaires de ce que l’on sait déjà. Peut-être pas : les informations publiées dans “L’Âge d’or” et “Consolation” prouvent que dès avant la guerre, des renseignements sur les camps avaient déjà franchi l’Atlantique. Personne ne pourra plus dire qu’on ne pouvait pas savoir [58]. » Auteur d’une thèse sur les témoins de Jéhovah soutenue en 1979 et maître de conférence des universités, Régis Dericquebourg a rapproché du contexte actuel l’accusation à l’époque d’être « une secte dangereuse » dans les Archives de sciences sociales des religions [59]. On y apprend entre autres l’existence de « directives pour l’étude des sectes » émises le 18 juin 1937 par l’organe central de la S. S., qui donnait les caractéristiques établissant leur hostilité à l’État et permettant d’y inclure les Bibelforscher.

Enfin, la revue protestante Réforme a trouvé que le principal intérêt de cette « étude exhaustive » réside dans « une analyse approfondie et originale de la manière dont le nazisme s’est progressivement institué comme une nouvelle religion prétendant se substituer à terme à toutes les autres ». En conclusion, il est reconnu qu’« il était juste de rappeler qu’à côté des juifs, des Tsiganes et des Églises confessantes (et avant elles) les “Étudiants de la Bible” avaient été eux aussi persécutés par les nazis pour la seule raison qu’ils entendaient rester eux-mêmes et fidèles à leur foi [60] ».

Un souvenir restitué

Progressivement, la presse nationale a commencé à parler plus amplement de l’histoire des témoins de Jéhovah sous le régime national-socialiste, alors que jusque-là les journalistes se contentaient au mieux de les évoquer brièvement dans une liste de victimes. C’est ainsi qu’un article complet est paru dans le supplément littéraire Le Monde des Livres à l’occasion de la publication remarquée d’une traduction anglaise du livre Les Bibelforscher et le nazisme. Ce qui amène le journal à poser la question : « Quelle place faire à une persécution oubliée, celle des Témoins de Jéhovah par les nazis [61] ? » L’auteur y explique que ces « triangles mauves », dont Hitler avait violemment réclamé leur « extermination », s’apparentaient en quelque sorte à des « prisonniers volontaires » dans la mesure où il leur suffisait de se soumettre aux usages nazis et d’abjurer leur foi pour échapper aux camps de concentration. Principal point qui ressort de ces recherches désormais disponibles aux États-Unis : « Allant à la mort en chantant des cantiques, les Bibleforscher sont donc des martyrs plutôt que des victimes et c’est ce que souligne la presse américaine, soucieuse de discriminer ceux qui eurent le choix de ceux qui ne l’eurent pas. Mais, dans l’optique du croyant, l’alternative a-t-elle un sens ? »

Plus tard, un professeur a traité la résistance spirituelle de ces chrétiennes parmi d’autres femmes dans la revue spécialisée Historia : « Dans la communauté singulièrement persécutée des témoins de Jéhovah, qui refusent de se plier pour des raisons religieuses aux injonctions du régime (pas de salut hitlérien, pas de participation aux organisations et aux services obligatoires, refus de porter les armes et de travailler pour la guerre), le rôle des femmes dans la résistance au nazisme est particulièrement important. […] Les femmes prennent une part très active dans la fabrication et la diffusion du bulletin “Réveillez-vous” (Der Wachtturm) et des tracts protestant contre le traitement infligé à leurs coreligionnaires. De 1935 à 1945, la proportion des femmes “Témoins” condamnées par le régime ne cesse de grandir pour atteindre les deux tiers. […] Dans les camps, ces femmes se signalent par la fidélité à leur foi, par une dignité, une inflexibilité et une solidarité qui leur attirent l’admiration de leurs codétenues, voire l’estime des SS [62]. »

Les revues d’associations d’anciens déportés ou de résistants ont également consacré des dossiers fournis sur la persécution des témoins de Jéhovah durant la seconde guerre mondiale. Aussi la FNDIRP a-t-elle offert dans son bulletin Le Patriote Résistant une série d’articles examinant différents points de ce thème singulier [63]. De même, dans le numéro d’avril 2008 de Mémoire Vivante, le bulletin de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, le sort de minorités persécutées par le régime nazi et en particulier des Bibelforscher a été largement développé à partir d’une solide documentation [64]. Diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (ÉHÉSS) et attaché de recherche à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme à Paris, Jacky Tronel a rédigé un article dans l’e-magazine Dernière Guerre Mondiale de février 2013 [65]. Sous le titre « Ils refusaient de saluer “Heil Hitler” », il a rapporté l’histoire de trois réfractaires au salut hitlérien : August Landmesser, un « triangle violet » anonyme et August Dickmann. Parlant d’une forme de résistance méconnue, l’auteur a conclu que de telles personnes méritent le respect après avoir repris les propos de l’historienne Annette Viewiorka : « Quelle que soit l’appréciation que l’on porte sur les Témoins de Jéhovah (secte ? Église ? fanatiques ?), quel que soit encore l’agacement que nous éprouvons quand elles et ils frappent à notre porte pour tenter avec insistance de nous convertir, il faut bien admettre qu’ils se comportèrent dans les camps nazis comme les martyrs du début du christianisme. »

Aujourd’hui, des hommages sont même rendus par la presse française à ces figures d’intégrité morale et de foi chrétienne. Ainsi La Dépêche à Louviers a-t-elle consacré un article biographique à Ruth Danner, une « résistante déportée » décédée en mars 2012 : « Le souvenir de Ruth Danner reste vif chez ceux qui l’ont connue et qui ont suivi le parcours atypique de cette femme à la fois discrète et résolue [66]. » Dans la même période, L’Observateur du Douaisis a transmis le « témoignage poignant » de Louis Piechota, en soulignant la nécessité du devoir de mémoire [67]. Annonçant son décès en janvier 2014 à l’âge de 96 ans, La Dépêche du Midi s’est souvenu de « Louis Piechota, résistant déporté, membre fondateur et secrétaire du Cercle européen des Témoins de Jéhovah anciens déportés (CETJAD) » et de son parcours éprouvant à travers plusieurs prisons françaises et belges, ainsi que différents camps de concentration [68].

Les agences de presse AFP et Reuters ont également publié des dépêches à la suite du décès à l’âge de 107 ans de l’autrichien Leopold Engleitner, qui représentait l’un des plus vieux survivants des camps [69]. En tant que témoin de Jéhovah, il avait refusé de servir dans la Wehrmacht et s’est ainsi retrouvé pendant quatre ans dans les camps de Buchenwald, Niederhagen et Ravensbrück. Il ne pesait plus que 28 kilogrammes lorsqu’il a été libéré de ces camps de concentration en 1943, en échange de travaux forcés à vie dans une ferme. La radio RFI a aussi proposé un court portrait à cet objecteur de conscience, persécuté en raison de sa religion en Autriche et emprisonné pour son refus du service militaire dès les années 1930 [70].

Plusieurs personnalités autrichiennes avaient déjà rendu hommage à son courage face au national-socialisme, en particulier les deux présidents successifs de la République fédérale d’Autriche (respectivement en 2003 et en 2004) : Dr Thomas Klestil et Dr Heinz Fischer. Le second a volontiers exprimé l’intérêt de la biographie de Leopold Engleitner dans l’avant-propos du livre Une Volonté de fer : « Cet objecteur de conscience, né à Salzbourg, n’a renoncé, ni à ses convictions religieuses, ni à ses principes, malgré les traitements cruels et indignes qui lui ont été infligés dans les prisons et les camps de concentration. […] C’est un ouvrage marquant sur les horreurs du national-socialisme, vécues et relatées par un homme d’exception. […] Ce livre nous révèle non seulement les horreurs dont les hommes sont capables envers leur prochain, mais aussi qu’il est possible de refuser de se soumettre à un régime injuste, grâce à une âme bien trempée [71]. »

Professeur à l’université de Vienne, le politologue Dr Manoschek a souligné le rôle que le travail de l’auteur Bernhard Rammerstorfer a joué dans la réhabilitation de Leopold Engleitner : « Grâce à cet ouvrage, nous avons un récit détaillé de la vie et du destin d’un Témoin de Jéhovah en Autriche. Au cours des recherches sur le national-socialisme, ce groupe religieux a été largement ignoré. Dès le départ, Rammerstorfer se heurte à des préventions : aucune maison d’édition ne s’intéresse à son manuscrit. Il décide de le publier à ses propres frais. […] Il considère comme son devoir de faire connaître à autant de personnes que possible la vie exceptionnelle de cet homme courageux et fidèle à ses convictions. Comme il l’exprime, il veut ainsi “contribuer à la réhabilitation personnelle et sociale d’Engleitner, et permettre à la société de tirer leçon de la volonté de fer d’un homme ordinaire.” […] Parallèlement à ce livre, Rammerstorfer a produit un film documentaire primé à plusieurs reprises et sorti également en anglais et en italien [72]. »

Aussi a-t-il été décoré en 2007 de la Médaille d’or de l’Ordre du Mérite autrichien et de la Croix de chevalier de l’Ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne.

Hélas, peu sensibles à la souffrance déjà subie par ces témoins de Jéhovah fidèles à leurs convictions religieuses jusqu’au martyre, certains de leurs détracteurs les plus virulents tentent de salir à nouveau leur honorabilité. Ils utilisent sans aucun scrupule des sources douteuses pour prétendre que ces Bibelforscher auraient cherché à pactiser avec Hitler, alors que l’histoire a démontré que c’est justement leur insoumission au nazisme qui a provoqué leur persécution et qu’il leur aurait suffi de signer un document de renonciation de leur foi pour être libérés des camps de concentration.

Josué

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L’ouvrage de référence Droit français des religions, publié sous la direction de Francis Messner, de Pierre-Henri Prélot et de Jean-Marie Woehrling, propose ainsi un bilan de la reconnaissance progressive du statut cultuel des Témoins de Jéhovah en France :

« Les conditions fixées par l’avis du Conseil d’État du 24 octobre 1997 à la reconnaissance du statut d’association cultuelle étant très restrictives, seuls les Témoins de Jéhovah [parmi les mouvements dits “sectaires”] se sont vu reconnaître le statut d’association cultuelle par deux décisions précitées du Conseil d’État du 23 juin 2000 relatives à une demande d’exonération de la taxe foncière sur le fondement de l’article 1382-4 du Code général des impôts. Rompant avec la jurisprudence issue de la décision d’assemblée précitée du 1er février 1985, le Conseil d’État a confirmé l’arrêt de la cour administrative d’appel de Lyon qui avait relevé que les associations locales des Témoins de Jéhovah en cause n’avaient “fait l’objet ni de poursuites ni d’une dissolution de la part des autorités administratives et judiciaires et n’avaient pas incité leurs membres à commettre des délits, en particulier celui de non-assistance à personne en danger” pour en conclure que “leurs activités ne portent pas atteinte à l’ordre public” et admettre, par suite, leur “caractère cultuel” » (Messner, 2013 :161).

Josué

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Martyre des « triangle mauve » Philippe-Jean CATINCHI, Le Monde, 30 novembre 2001

Publié le 16 juin 2016

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Quelle place faire à une persécution oubliée, celle des Témoins de Jéhovah par les nazis ?

Le lecteur américain attentif de Nazie Terror de Johnson a pu être surpris par l’accueil réservé par The New York Review of Books, en date du 31 mai, à la publication de The Jehovah’s Witnesses and the Nazis. Persecution, Deportation, und Murder 1933-1945 (Cooper Square Press, traduction, par James A. Moorhouse), d’un ouvrage français, paru en 1990. Dès son titre le livre gagnait, certes, en intelligibilité. L’original (éd. Tirésias) livrait mal son propos, puisque le travail de Sylvie Graffard et Léo Tristan (pseudonyme de l’éditeur Michel Reynaud, abandonné dans l’édition américaine) s’intitulait Les Bibelforscher et le nazisme (1933-1945) et s’inscrivait, comme s’il était vain d’espérer conjurer l’amnésie dont le sort des Témoins de Jéhovah en Allemagne sous le IIIe Reich semblait frappé, dans la collection « Ces oubliés de l’Histoire ».

Préfacé par Michael Berenbaum, auteur d’A Mosaic of Victims : Non-Jews Persecuted and Murderer et président honoraire de la Survivors of the Shoah Visual History Foundation, le travail des deux Français est présenté comme une « première » salutaire, la presse new-yorkaise le considérant même comme le « mieux informé » des travaux parus sur une persécution « oubliée ». C’est négliger un peu vite la somme de Detlev Garbe, Zwischen Widerstand und Martyrium : Die Zeugen Jehovahs im « Dritten Reich » (1994), synthèse très documentée dont Johnson, lui, ne méconnaît pas l’intérêt.

Déplacé aux Etats-Unis, l’argument de la primeur pouvait jouer sur le marché français, même si François Bédarida semblait ignorer l’existence du livre de Graffard et Tristan, lorsqu’il préfaça le volume militant de Guy Canonici, Les Témoins de Jéhovah face à Hitler (Albin Michel, 1998), qu’il qualifie de « livre bienvenu » -« non seulement parce qu’il comble une lacune, mais parce qu’il arrive à son heure ». On ne reviendra pas sur le différend juridique qui opposa alors les deux maisons d’édition, le soupçon de plagiat n’interférant pas sur la réception américaine du travail de Graffard et Reynaud.

Pour comprendre la soudaine publicité faite au sort des Témoins de Jéhovah sous le Reich nazi, il faut rappeler que le mouvement religieux fut lancé par l’homme d’affaires américain Charles T. Russell au début des années 1870 - la Watch Tower Bible and Tract Society, née en 1884, installe sa première filiale en Allemagne en 1903, reconnue comme association légale sous Weimar en 1921. Hostiles à toute forme de violence avec une intransigeance qui les vouait au martyr, les 20 000 à 30 000 Bibleforscher vivent l’avènement d’Hitler comme la réalisation de leur projet eschatologique : attendue comme imminente, la fin des temps annoncée dans la Bible devait débuter par un temps d’Apocalypse. Refusant ouvertement les usages nazis - et d’abord le salut au Führer -, les « fervents étudiants de la Bible » ne renoncent pas à leurs campagnes de prosélytisme, qui les désignent à la vindicte de l’idéologue Alfred Rosenberg, et d’Adolf Hitler surtout, qui réclame leur « extermination ». D’autres dignitaires ont plus d’indulgence pour ces « triangle mauve », « prisonniers volontaires » des camps de concentration puisqu’il ne dépend que de leur soumission de quitter l’enfer.

N’essayant pas d’échapper à leur sort, dociles face aux bourreaux pour accomplir leur Salut, les Témoins furent même employés par leurs oppresseurs, qui n’hésitent pas à confier leur gorge au rasoir de ces barbiers non violents. Allant à la mort en chantant des cantiques, les Bibleforscher sont donc des martyrs plutôt que des victimes et c’est ce que souligne la presse américaine, soucieuse de discriminer ceux qui eurent le choix de ceux qui ne l’eurent pas. Mais, dans l’optique du croyant, l’alternative a-t-elle un sens ?

Ph.-J. C.

Josué

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https://www.ushmm.org/wlc/fr/article.php?ModuleId=153

Josué

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J'ai visité ce camp de concentration et d'extermination en Alsace.
http://visite-virtuelle.struthof.fr/

jc21


Josué a écrit:J'ai visité ce camp de concentration et d'extermination en Alsace.
http://visite-virtuelle.struthof.fr/

J'ai été voir le lien et malgré la beauté du paysage, je ne peux dire qu'une chose, quelle horreur !

Quand on voit ça, on a hâte que Jéhovah intervienne pour supprimer toute la méchanceté qu'il y a dans ce monde.

samuel

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Que veux tu l'homme est un loup pour l'homme.

Josué

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Dans ce camp il y avait aussi quelque témoins de Jéhovah.

Josué

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Les Témoins de Jéhovah sont mis à l’honneur lors de la commémoration de la libération de Brandebourg

SELTERS, Allemagne. Le 24 avril 2016, les Témoins de Jéhovah ont été mis à l’honneur à l’occasion du 71e anniversaire de la libération de la prison de Brandebourg-Görden.


Daniela Trochowski, secrétaire d’état aux finances de Brandebourg, prononce un discours lors de la commémoration.
L’évènement, organisé par la Fondation des mémoriaux de Brandebourg (Stiftung Brandenburgische Gedenkstätten), s’est tenu sur le site de la prison de Brandebourg-sur-la-Havel (photo ci-dessus), situé à environ 90 kilomètres à l’ouest de Berlin. Plus de 200 invités ont assisté à la cérémonie. Daniela Trochowski, secrétaire d’état aux finances de Brandebourg, a été invitée à prononcer un discours. Elle a expliqué : « Des Témoins de Jéhovah ont été mis à mort ici [...] parce qu’ils refusaient de faire le salut hitlérien en raison de leurs croyances religieuses, parce qu’ils ne voulaient ni participer aux évènements nationaux ni soutenir les organismes d’état, et parce qu’ils refusaient d’accomplir le service militaire. »


Sigurd Speidel a été un des Témoins exécutés par les Nazis dans la prison de Brandebourg-Görden.
Pendant le régime nazi, le chancelier d’Allemagne, Adolf Hitler, a qualifié les Témoins de Jéhovah d’« engeance à exterminer ». Entre 1940 et 1945, près de 2000 personnes, dont 127 Témoins, ont été exécutées dans la prison de Brandebourg-Görden (comme on l’appelait sous le régime nazi). Dans cette prison, sur l’ensemble des groupes ciblés, c’est parmi les Témoins de Jéhovah qu’on a compté le plus de victimes.

Lors de la commémoration du 24 avril 2016, Jochen Feßenbecker, un représentant du siège allemand des Témoins de Jéhovah, a interviewé Werner Speidel. Le frère aîné de M. Speidel, Sigurd, fait partie des Témoins exécutés dans la prison de Brandebourg-Görden. Le 27 janvier 1943, moins de trois mois après avoir été condamné par la cour martiale, Sigurd, alors âgé de 19 ans, a été décapité. Pendant l’interview, M. Feßenbecker a lu la lettre d’adieu que Sigurd avait écrite quelques heures avant son exécution. M. Speidel a raconté comment sa famille a réagi en lisant les dernières paroles de Sigurd : « En lisant cette lettre, nous n’avons pas été envahis par la crainte. Au contraire, nous étions fiers que Sigurd ait gardé sa foi face à la mort. »


Lettre d’adieu de Sigurd Speidel à sa famille. On peut lire dans l’extrait sélectionné : « J’ai tout supporté et à tous égards, je suis resté ferme comme un roc. »
Contacts presse :

International : David Semonian, service d’information, tél. : +1 718 560 5000

Allemagne : Wolfram Slupina, tél. : +49 6483 41 3110

France : Guy Canonici, tél. : +33 2 32 25 55 55

Josué

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Le portail volé au camp de concentration de Dachau retrouvé en Norvège

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 02/12/2016 à 16:49
Le nouvel élément du portail avec inscrit "Arbeit macht frei" (le travail rend libre), installé par des ouvriers, à l'entrée du camp de concentration nazi de Dachau, dans le sud de l'Allemagne, le 29 avril 2015.Le nouvel élément du portail avec inscrit "Arbeit macht frei" (le travail rend libre), installé par des ouvriers, à l'entrée du camp de concentration nazi de Dachau, dans le sud de l'Allemagne, le 29 avril 2015. afp.com/CHRISTOF STACHE
Grâce à un signalement, les autorités norvégiennes auraient retrouvé sur leur sol le portail "Arbeit macht frei" de l'ancien camp de Dachau, dérobé deux ans plus tôt.

Dérobé fin 2014, le portail du sinistre camp de concentration nazi de Dachau se trouvait donc en Norvège. Cette structure en fer forgé, portant l'inscription "Arbeit macht frei" - le travail rend libre -, vient "très probablement" d'être retrouvé en Norvège.

"Alertée par un renseignement anonyme, la police de Bergen a trouvé et saisi une porte en fer forgé avec cette inscription connue", a indiqué ce vendredi la police allemande, photo à l'appui, sans évoquer d'éventuels suspects.

LIRE AUSSI >> Auschwitz, Buchenwald, Dachau... Et le monde découvrit l'enfer

Au vu des clichés transmis par les enquêteurs norvégiens, la police allemande estime qu'il s'agit bien du portail de Dachau dérobé par des inconnus dans la nuit du 1er au 2 novembre 2014, un acte alors qualifié "d'abominable" par la chancelière Angela Merkel. "Les circonstances de la découverte sont en train d'être établies par la police des deux pays", a indiqué la police bavaroise.
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/le-portail-vole-au-camp-de-concentration-de-dachau-retrouve-en-norvege_1856552.html?PMSRC_CAMPAIGN=20161204_48_edi_xpr-monde-portail-vole-camp-concentration-retrouve_5841aad88b4467d4557b23c6&xtor=EPR-5012-[20161204_48_edi_xpr_monde_portail_vole_camp_concentration_retrouve_5841aad88b4467d4557b23c6_001SY4]-20161204-[_0048VHS]-[RB2D106H0014YABA]-20161204100200#PMID=YWxhaW4ubWVkaWNvQHdhbmFkb28uZnI=

Mikael

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Qui peut voler un tel portail à part des néo- nazis?

Josué

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Un livre à lire.

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Gumz FAMILLE
Gumz Emma (1899 -?)

Rescue histoire
Gumz, Emma

Le Gumzes exploitait une petite buanderie à Berlin, pas très loin de l' endroit où la famille Deutschkron déplacé en 1933. Dès le début, le mari, un adepte de la secte messianique nazie persécutés, les Témoins de Jéhovah, a développé une haine pour Hitler et a fait aucun secret. Après le déclenchement de la guerre, les Gumzes fournis Inge Deutschkron et sa mère, Ella, ainsi que d' autres Juifs à Berlin, avec des articles et des denrées alimentaires qui avaient été interdites à eux comme juifs. Par exemple, ils leur ont donné des fruits et légumes, les invités à écouter avec eux à des émissions de radio étrangères, lave leur linge, et ainsi de suite. Après les nazis ont commencé à déporter les Juifs de Berlin en Octobre 1941, Emma Gumz (b. 1899) a fait la mère lui promettre qu'elle ne serait pas aller de pair avec la déportation comme les autres Juifs. Elle a entrepris de les aider quand le temps est venu. En effet, le 15 Janvier 1943, lorsque le Deutschkrons finalement allé "illégale", leur premier lieu de refuge était au Gumzes ». Ils cachaient là pour jusqu'à six semaines dans une petite pièce, jusqu'à ce que les voisins ont commencé à parler, et ils ont dû déménager ailleurs. Comme ils sont partis, Emma Gumz pleura amèrement, se faire des reproches qu'elle avait pas fait plus pour eux. Elle a continué à soutenir les Deutschkrons tout au long de la guerre avec les denrées alimentaires et a offert un emploi Inge dans la buanderie.
Le 7 Septembre 1971, Yad Vashem a reconnu Emma Gumz comme Justes parmi les Nations.
http://db.yadvashem.org/righteous/family.html?language=en&itemId=4015154

Josué

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un lien sur l'holocauste.
https://twitter.com/HolocaustMuseum

https://twitter.com/HolocaustMuseum?ref_src=twsrc%5Etfw

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Pour en finir avec les camps : Logique et mécanismes de l’intolérance
Serge CHATELAIN

Publié le 25 septembre 2017 - Modifié le 26 septembre 2017

Mot de l’éditeur

Avec en toile de fond la commémoration officielle de la libération des camps nazis s’est tenu à Strasbourg, Besançon et Nancy un triple colloque intitulé « Pour en finir avec les camps. Logique et mécanismes de l’intolérance. 1945-2005 ». Au centre des débats, le thème de l’intolérance, dont les camps nazis sont sans doute le visage le plus hideux.

Mais « la fin des camps » en 1945 a-t-elle annoncé le retour de la tolérance ? Par quelles voies l’intolérance s’infiltre-t-elle ? Comment expliquer la mise à l’index de groupes sociaux entiers ? Comment en vient-on aux camps de l’Allemagne nazie, mais aussi à ceux du bloc communiste ? Fil rouge des intervenants, un groupe minoritaire persécuté par les deux systèmes idéologiques : les Témoins de Jéhovah.

La France n’ayant pas toujours été exempte de reproches, il fallait aussi se pencher sur les moyens légaux et juridiques que l’intolérance s’est donnée sous Vichy. Et puis, il convenait de s’interroger sur la Loi de Séparation des Églises et de l’État, regardée par beaucoup comme un vecteur de tolérance.

Universitaire, Serge CHATELAIN a enseigné la microbiologie. Il écarte comme non scientifique le contenu biologique des théories raciales qui ont marqué les XIXe et XXe siècles. Il s’entoure ici d’historiens, de juristes, d’hommes de lettres pour porter un regard croisé sur les multiples visages de l’intolérance.

Les auteurs

Serge CHATELAIN, Maître de conférence honoraire en biologie

Elizabeth PASTWA, Conservateur du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon

Daniel VARGA, Agrégé d’histoire, docteur ès lettres

Yolande CHENGWOUOH, Docteur en Droit

Philippe BARBEY, Diplômé de Sciences des Religions de l’École pratique des Hautes Études, Membre de l’Association Française de Sciences Sociales des Religions, Membre du Centre National d’Étude de la Résistance et de la Déportation – Fraternité Edmond Michelet

Carine BEAURAIN, Docteur en Philosophie

Estelle RICHARD, Professeur d’Histoire

Jean-Paul PILORGET, Agrégé de lettres modernes, Docteur ès lettres

Francis LAURENT, Professeur de Philosophie

Jacques ROBERT Président honoraire de l’Université de Panthéon-Assas (Paris II), Ancien Membre du Conseil Constitutionnel, Président du Centre français de droit comparé

Josué

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[size=32]Exposition à Tel-Aviv : les Témoins de Jéhovah face au nazisme[/size]

TEL-AVIV. L’exposition publique organisée du 26 novembre au 2 décembre 2017 par les Témoins de Jéhovah dans le complexe historique appelé « Ha Tachana » a attiré quelque 1 700 visiteurs. Cette exposition avait pour objectif de faire mieux connaître les persécutions infligées aux Témoins de Jéhovah sous le régime nazi.
Les visiteurs ont pu découvrir des photos d’époque et des séquences vidéo. Ils pouvaient aussi voir la veste qu’un Témoin, survivant des camps de concentration, a confectionnée à la main sur le modèle des uniformes portés dans les camps de concentration. Les reproductions des 27 aquarelles formant « Le cycle de Buchenwald », une œuvre de Johannes Steyer (1908-1998), constituaient la pièce maîtresse de l’exposition. M. Steyer, un Témoin de Jéhovah, a survécu à dix ans de persécution nazie ; il a notamment été interné dans les camps de concentration tristement célèbres de Buchenwald, Mauthausen, Sachsenburg et Sachsenhausen. Dans les années 1970, il a achevé sa série d’aquarelles inspirées de photographies et de souvenirs encore très clairs de ses années d’emprisonnement.


Une dame visitant l’exposition regarde la veste qu’un Témoin, survivant des camps de concentration, a confectionnée à la main sur le modèle des uniformes portés dans les camps de concentration.




Le professeur émérite Yair Auron


S’exprimant sur l’importance d’organiser des expositions de ce genre à Tel-Aviv, Yair Auron, historien israélien et professeur émérite à l’université de Tel-Aviv, a déclaré : « Je pense qu’il est important que les lycéens aillent voir cette exposition parce que, malheureusement, les gens ne connaissent que très peu les Témoins de Jéhovah. La plupart des Israéliens ignorent tout des Témoins et de leur histoire durant la période nazie. »
Mauro Trapanese, un porte-parole des Témoins de Jéhovah en Israël, a expliqué : « Nous souhaitions que cette exposition fasse connaître non seulement les souffrances subies par les Témoins sous le régime nazi, mais aussi ce qui a rendu leur expérience incomparable. Par exemple, nous avons constaté que de nombreux visiteurs ignoraient que les Témoins de Jéhovah, contrairement aux autres prisonniers, pouvaient être relâchés des camps de concentration s’ils reniaient leur religion. Dévoiler ces faits peu connus mais significatifs a contribué à la réussite de cette exposition. »


Le professeur Gideon Greif


« Les Témoins de Jéhovah font partie de ces gens honnêtes qui ont payé très cher leur refus de transiger avec leurs croyances et leur conscience », a déclaré le professeur Gideon Greif, un historien spécialiste d’Auschwitz.


M[size=11]me 
Batya Brutin


Pour résumer sa visite, Batya Brutin, historienne de l’art lié à l’Holocauste, a déclaré : « Je pense que l’histoire des Témoins de Jéhovah durant l’époque nazie peut promouvoir des valeurs qui pourraient nous permettre de rendre ce monde meilleur. »
L’exposition n’était que temporaire, mais des représentants de plusieurs institutions d’enseignement supérieur qui l’ont visitée ont demandé des informations supplémentaires sur l’histoire des Témoins de Jéhovah.
Contacts presse :
International : David Semonian, service d’information, tél. : +1 845 524 3000[/size]

chico.

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[size=33]Qu’est-​il arrivé aux Témoins de Jéhovah sous le régime nazi ?[/size]

Sur les 35 000 Témoins de Jéhovah qui vivaient en Allemagne et dans les pays occupés par les nazis, environ 1 500 sont morts durant le génocide. La cause de leur décès n’est pas toujours connue. Comme les recherches sont toujours en cours, les chiffres et d’autres informations sont susceptibles d’être mis à jour.

  •  Comment sont-​ils morts ?
  •  Pourquoi ont-​ils été persécutés ?
  •  Où sont-​ils morts ?
  •  Quelques Témoins exécutés
  • La suite ici.
  • https://www.jw.org/fr/temoins-de-jehovah/faq/tj-regime-nazi-faits-camps-de-concentration/

Josué

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[size=33]Commémoration au camp de concentration de Dachau : Max Eckert sort de l’anonymat[/size]

Le 7 mai 2018, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au mémorial du camp de concentration de Dachau devant un auditoire d’environ 200 personnes, une plaque commémorative dédiée à frère Max Eckert a été dévoilée. Il avait été emprisonné à Dachau pendant plus de deux ans avant d’être transféré dans le camp de concentration tristement célèbre de Mauthausen, en Autriche. Il n’est jamais rentré chez lui. Bien que sa mort ait été peu remarquée, frère Eckert est désormais publiquement reconnu comme un homme à la foi inébranlable.
https://www.jw.org/fr/actualites/jw/region/allemagne/memorial-camp-concentration-dachau-max-eckert/

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