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Réforme de l'islam de France:

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1Réforme de l'islam de France: Empty Réforme de l'islam de France: le Mer 23 Jan - 10:07

Josué

Josué
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[size=62]Réforme de l'islam de France: "Si on nous sollicite, nous répondrons"[/size]
Réforme de l'islam de France: PlaceholderGhaleb Bencheikh, président de la Fondation de l'Islam de France (FIF) (MEG)

Alors que se lance le campus numérique crée par la Fondation de l'islam de France, son président se dit prêt à collaborer avec Macron, à certaines conditions.

Par Maria Elena Gottarelli
Publié le 22 janvier 2019 à 16h23




"Sapere aude!" : "Ose savoir !" Voici la devise latine que l'on peut lire sur la page d'accueil du nouveau campus numérique lancé par la Fondation de l'islam de France (FIF) le mois dernier. La référence à Horace et aux lumières kantiennes n'est pas un hasard, puisque le site s'appelle "Campus Lumières d'Islam" et est dédié à la connaissance scientifique de la deuxième religion de France.
Un lancement qui coïncide avec la mise en oeuvre par le gouvernement de la réforme de l'islam de France, annoncée par Emmanuel Macron il y a un an. Le 7 janvier dernier, le chef de l'Etat a reçu à l'Elysée les représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM) pour discuter de l'éventuelle modification de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat.

[size=42]“Le principe fondamental de la loi doit rester tel quel”

“Pour le moment, je n'ai pas encore eu de contacts officiels avec le gouvernement par rapport à cette question. Mais il n'y a aucune raison pour que la Fondation de l'islam de France ne participe pas à ce débat aussi crucial dans notre pays. Si on nous sollicite, nous répondrons”, assure  le président de la FIF Ghaleb Bencheikh, qui a pris le flambeau de Jean-Pierre Chevènement 13 décembre. L'islamologue affirme ne pas être opposé à une révision de la loi de 1905, mais uniquement sur "certains aspects techniques" :"Le principe fondamental de la loi, celui de la séparation des Eglises et de l'Etat, doit rester tel quel. En revanche, certains aspects techniques comme la police des cultes ou les financements sont en effet à revoir. Le toilettage ne nous fait pas peur.""La modification de la loi 1905 ne doit pas viser à réformer l'islam en tant que tel, mais plutôt ses organes, ses associations et ses instances. Une vraie réforme de l'islam, au contraire, dépasserait le pouvoir public français et concernerait la pensée théologique et philosophique islamique en général." 
Selon Ghaleb Bencheikh, débattre d'une refondation de la pensée islamique est malgré tout possible en France. Reste-t-il sans doute pour cela à sortir la deuxième religion de France de sa méconnaissance culturelle et historique. Une zone d'ombre qu'entend éclairer la Fondation, institution laïque reconnue d'utilité publique. D'où le lancement de son campus numérique.

[size=42]Une rubrique appelée "la République en partage"[/size]

Cette "université virtuelle" a un double objectif : informer et former. Islamologie, art, philosophie, musique, architecture et archéologie y sont mis à l'honneur, mais pas seulement. “A cet aspect informatif, on va rajouter une Web TV, avec des cours en ligne et la possibilité de poser des questions en direct”, détaille Ghaleb Bencheikh. Et d'insister :
 "L'idée est de faire en sorte que lorsqu'on aura une question sur l'islam, on n'ira plus chercher la réponse sur Google, avec le résultat très probable de finir sur des sites factieux et peu fiables. On viendra plutôt sur notre campus, où la connaissance produite est rigoureuse, scientifique et sérieuse."
Et si ce campus numérique met également à l'honneur l'histoire des relations entre la France et l'islam, du VIIIe siècle à nos jours, cela ne doit rien au hasard. Il dispose même d'une rubrique appelée "la République en partage", où la question de la laïcité est abordée. "Une histoire qui a des racines très profondes, contrairement à ce que l'on peut croire", conclut le président de la FIF.
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Maria Elena Gottarelli
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2Réforme de l'islam de France: Empty Re: Réforme de l'islam de France: le Ven 25 Jan - 10:00

Mikael

Mikael
MODERATEUR
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Comment réformer une religion qui est basé sur une révélation divine ?

3Réforme de l'islam de France: Empty Re: Réforme de l'islam de France: le Lun 28 Jan - 15:02

chico.

chico.
Mikael a écrit:Comment réformer une religion qui est basé sur une révélation divine ?
Un Islam à la française serait une hérésie pour les puristes musulmans.

4Réforme de l'islam de France: Empty Re: Réforme de l'islam de France: le Lun 11 Fév - 15:34

Josué

Josué
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Édition n° 93


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[size=32]Hakim El Karoui : « Il faut que les musulmans s'organisent contre l'islamisme »

Propos recueillis par Virginie Larousse et Jérémy André - publié le 07/01/2019
C'est l'homme qui parle d'islam à l'oreille du président Macron. Hakim El Karoui a fait de la réforme de l'islam de France son cheval de bataille. Son diagnostic : l'islamisme triomphe. Sa solution : mobiliser les élites musulmanes et contrôler le financement.
Réforme de l'islam de France: 7794_el-karoui-hakim-bd-eric-garault-pour-mdr
© Eric Garault pour Le Monde des Religions

Vous êtes à l'origine de deux ambitieux rapports sur l'islam français réalisés par l'Institut Montaigne (voir À lire). Emmanuel Macron vous a-t-il officieusement commandé ces travaux pour appuyer une réforme ?
L'Institut Montaigne est un think tank dont l'objectif est de contribuer au débat public. J'avais présenté à Emmanuel Macron notre premier rapport, lors d'un déjeuner à Bercy en juillet 2016, comme ce fut le cas auprès d'autres décideurs politiques. Après son élection, les échanges se sont intensifiés, puis un travail plus formel s'est engagé auprès de l'Élysée, avec Emmanuel Macron, mais sur le mode de la proposition d'idées. Je ne suis pas conseiller. Je n'ai aucune assurance que ces idées soient reprises.
 
Dès que l'on parle d'islam pointe le risque d'amalgames avec l'islamisme et le terrorisme. Pour bien les distinguer, comment définissez-vous islam, islamisme et islam radical ?
La définition de l'islam est simple : c'est une religion monothéiste, dont le texte fondateur est le Coran. Mais ce n'est pas un système d'organisation de la société, comme le prétendent les islamistes. L'islamisme est justement une idéologie qui veut imposer une vision de la société et de la relation entre la religion et l'État. Je ne dis pas pour autant que la religion doit être cantonnée à la sphère privée. Les catholiques ou les juifs participent, au nom de leur foi, aux débats de société. Mais les islamistes, eux, veulent imposer leur vision aux musulmans, comme si l'islamisme était l'islam. Enfin, pour ma part, je ne parle pas d'islam radical, mais d'islamisme radical ou de djihadisme. Cette forme d'islamisme veut aussi imposer sa vision de l'islam, mais contrairement à d'autres formes pacifiques, elle considère la violence comme un moyen légitime.
 
La notion d'« islam de France » irrite nombre de musulmans, qui la considèrent en contradiction avec la vocation universelle de l'islam...
Il y a de fait un islam de France, comme il y a un islam de Tunisie ou d'Arabie saoudite. L'islam de France ne se distingue pas seulement par son organisation, il est français par son esprit critique. Il échappe au littéralisme qui triomphe dans d'autres pays. Dans le monde musulman, à part en Tunisie, il est désormais quasi impossible d'avoir une pensée religieuse ou historique qui ne corresponde pas au dogme, et donc de mener une étude critique des textes. J'aimerais que l'islam de France reprenne les Lumières de l'islam, soit universel et rayonne dans le monde musulman. C'était ce que proposaient les islamologues Jacques Berque et Mohammed Arkoun.
 
Quelle est votre relation avec l'islam et pourquoi, compte tenu de votre parcours professionnel qui ne vous y prédestinait pas, vous êtes-vous lancé dans ces travaux ?
Je suis musulman, j'ai été élevé dans la religion musulmane, car mon père musulman est plus pratiquant que ma mère protestante. L'islam est constitutif de mon identité, mon lien avec ma culture d'origine. Longtemps, je craignais de tomber dans le piège de parler de religion, de devenir le « musulman de service ». Puis il y a eu les attentats. Il fallait faire quelque chose. Alors je suis parti de mon expérience dans le monde arabe. J'ai enseigné deux ans en Égypte. Je connais bien le modèle des Frères musulmans.
 
On vous reproche souvent d'appartenir à une élite éloignée de la base musulmane. Que répondez-vous à ces critiques ?
Cela permet à mes détracteurs, qui m'accusent de tous les maux les plus grotesques les uns que les autres, de ne jamais parler de mes travaux. Que répondre ? J'assume ce que je suis et j'entends encore mon père, qui connaît l'Évangile, dire qu'il sera beaucoup demandé à ceux qui ont beaucoup reçu. Chez les chrétiens comme chez les juifs, il y a une forme de responsabilité et de solidarité sociale. C'est exactement ce que les musulmans doivent faire. Une élite musulmane française existe, mais elle laisse les islamistes s'emparer des questions religieuses ! Il faut reconnecter l'élite et le fait religieux. Il faut rassembler des gens très divers, des religieux, des gestionnaires de lieux de cultes, des associatifs, des gens du business islamique, des intellectuels, des membres de la société civile...
 
Votre premier rapport pour l'Institut Montaigne, en 2016, établissait que 28 % des musulmans ont une vision de l'islam « sécessionniste et autoritaire », « de rupture ». Que signifie ce chiffre qui a fait beaucoup parler de lui ?
Nous avons réalisé une enquête d'opinion auprès de 1000 personnes se revendiquant musulmanes, dont les parents étaient musulmans ou non. L'étude montrait qu'une petite moitié, 46 %, adhèrent aux valeurs de la République. Si leur intégration est couronnée de succès, ils restent croyants et pratiquants, ce qui les distingue du reste de la population française, où le fait religieux est en net recul. Un deuxième groupe, qui représente 25 % des musulmans interrogés, où l'on trouve beaucoup d'étrangers et d'immigrants de première génération, est très conservateur, favorable par exemple à la polygamie, mais pas dans une logique de contestation. Enfin, il y a ce dernier groupe, les fameux 28 % « en rupture », ce qui est très important. Ces personnes ont une vision extraordinairement conservatrice et autoritaire de la religion. Ils veulent l'imposer aux autres. 70 % de ce groupe sont favorables à la burqa, et pas juste au voile ! Ceux-là sont contre des règles fondamentales qui régissent la place de la religion dans notre société, en particulier la laïcité. La proportion de jeunes « en rupture », dans la tranche d'âge 15-25 ans, est de près de 50 %. Des travaux du CNRS sur la radicalité, menés par Olivier Galland et Anne Muxel, ont observé la même dynamique : chez ces individus, la religion musulmane est vue comme supérieure à la science et supérieure aux autres religions. La violence est parfois considérée comme un moyen légitime.
 
Cette volonté de rupture est en partie liée à la mémoire de la colonisation, en particulier de l'Algérie. Pourquoi ces traumatismes ne sont-ils pas résolus ?
Ce traumatisme ne sera pas dépassé tant que les musulmans de France, issus des anciennes colonies françaises, n'assumeront pas leur histoire. Pour moi, il faut relever la tête. Je suis un enfant de la colonisation, je n'existerais pas sans elle. L'immigration du Maghreb en France est en majeure partie une conséquence de la colonisation. Mais la colonisation est finie. Des intellectuels français, des hommes blancs de plus de 50 ans comme François Burgat, Edwy Plenel ou Alain Gresh, ne cessent de répéter qu'ad vitam aeternam, les Arabes seront des colonisés, des faibles, des dominés. À cause de leur discours, une grande partie de la communauté musulmane en France a complètement intériorisé cette idée qu'elle était encore colonisée. Il faut s'en affranchir pour passer à autre chose, construire une forme d'émancipation.
 
Beaucoup voient l'islamisme comme une révolte des anciens colonisés. Pourquoi cette vision est-elle, selon vous, totalement dépassée ?
L'islamisme n'est pas le sous-produit de l'Occident comme on le croit trop souvent. Beaucoup de commentateurs en font le résultat des erreurs géopolitiques américaines et de la ségrégation subie par les immigrés nord-africains en France. L'islamisme français, qui est un islamisme d'affirmation, correspond certes à des tendances profondes de la société occidentale : l'affirmation de l'individu et des identités. Mais l'islamisme n'est pas que cela. Il existe par lui-même, en tant que grande idéologie née en portant un discours de modernisation de la religion, avec la Nahda, la renaissance islamique du XIXe siècle. Puis, l'islamisme a muté dans les années 1920 en un discours réactionnaire. À partir des années 60, il a développé une véritable théorisation de la violence, qui aboutira au djihadisme en Afghanistan, dans les années 1970 et 1980. Et il continue aujourd'hui de muter. En France, un aumônier pénitentiaire m'a signalé un livre, De l'Idéologie islamique française, paru en 2009, parce que tous les détenus « intellos » le lisent. Son auteur, qui signe du nom de plume Aïssam Aït-Yahya, a développé les bases théologiques pour faire la critique de l'Occident avec des références occidentales. En résumé, il dit faire de l'occidentalisme comme les Occidentaux font de l'orientalisme ! Sa maison d'édition, Nawa, s'est d'ailleurs félicitée que nous reconnaissions l'autonomie intellectuelle de l'islamisme. Regardez les modes de diffusion islamistes. Ils reprennent le fonctionnement de la science islamique. Dans l'islamisme, il n'y a pas de hiérarchie des émetteurs d'idées. Chaque prédicateur connaît les autres, peut prêcher dans son coin et personne ne vient lui demander de comptes. Cela s'adapte parfaitement bien aux réseaux sociaux.
 
On dénonce souvent les influences étrangères, en particulier celle du wahhabisme saoudien, dans la pénétration de l'islamisme. Mais la France et l'Occident n'ont-ils pas une part de responsabilité par leur politique extérieure ?
Les Saoudiens n'ont jamais ciblé la France. Ils vont en priorité hors d'Europe, en Afrique ou en Asie, là où il y a beaucoup de musulmans et où les États sont faibles. Pour l'Europe, ils ont formé à l'université de Médine quelques centaines d'étudiants et de prédicateurs qui traduisent et diffusent les idées des oulémas, des théologiens. Mais de là à dire qu'ils sont responsables de la montée du salafisme en France, il y a un pas que je ne franchirai pas. Ils ont un rôle d'intermédiaires dans la chaîne de transmission. L'islamisme n'est pas arrivé en Europe par les Saoudiens, mais par les Frères musulmans, dans les années 1980. Et le salafisme, lui, est entré d'une double manière, par les convertis et par les réfugiés algériens dans les années 1990, des gens du FIS (Front islamique du Salut) et du GIA. Quant au désordre apporté par l'Occident au Moyen-Orient, il a certes stimulé un discours antioccidental. Ça n'explique néanmoins pas tout. La force de l'islamisme, c'est sa capacité d'attraction, dans un moment de transformation sociale très profond.
 
Ces dernières années, la Turquie, qui poursuit sa dérive autoritaire, a pris une influence croissante. En termes d'influence étrangère, n'est-ce pas inquiétant ?
Le seul islam consulaire qui marche, c'est l'islam turc. Sur les 300 imams détachés de pays étrangers en France, 151 sont Turcs, alors que ce ne sont que 10 % des musulmans de France. Les Turcs diffusent une véritable propagande religieuse. Les prêches sont écrits à la Diyanet, la présidence des affaires religieuses du cabinet du Premier ministre turc. Erdogan essaie de prendre une sorte de leadership sur l'islamisme dans le monde. Ses relais surfent en particulier sur la thématique de l'islamophobie. Il y a toutefois des limites à cette influence, notamment parce que les Turcs ont colonisé le monde arabe et qu'ils ne sont pas les bienvenus partout.
 
La parution de l'ouvrage collectif Inch'Allah, dirigé par les enquêteurs du MondeFabrice Lhomme et Gérard Davet, a soulevé un très gros débat sur le thème de ce livre, l'islamisation - en l'occurrence de la Seine-Saint-Denis. Est-ce un concept opérant ? N'existe-t-il pas une islamisation d'une partie de la France et de sa population ?
Non. Les islamistes n'ont pas le projet d'islamiser la France. Cela va décevoir Michel Houellebecq [qui l'imagine dans son roman Soumission (Flammarion, 2015), ndlr], mais il n'y aura pas la polygamie pour tous ! S'ils voulaient islamiser la France, il faudrait qu'il y ait une dynamique de conversion. Or il n'y en a pas puisqu'il y a deux fois moins de convertis que de musulmans de culture qui quittent l'islam. Il existe certes des territoires où il y a une majorité de musulmans, comme dans certaines parties de la Seine-Saint-Denis, et où la montée de l'islamisme est très visible. On peut dire la même chose de certaines communes des Yvelines, des quartiers nord de Marseille, ou de certaines banlieues de Strasbourg... Il y a une montée de l'islamisme chez les musulmans de France, non une islamisation de la France.
 
L'islamisme serait donc la cause de la radicalisation violente ?
Personne ne peut l'affirmer, même si tout le monde donne son avis sur cette question. Je ferais remarquer qu'au contraire, il y a des islamistes et des salafistes qui luttent contre la radicalisation violente. Notre prochain rapport, qui sortira dans plus d'un an, va analyser le lien entre islamisme et djihadisme.
 
Que l'État, en France, impulse une réforme ne risque-t-il pas d'engendrer une vive opposition ?
Nous n'avons pas le choix. Ne rien faire serait une impasse. Emmanuel Macron a été élu contre Marine Le Pen. Et il faut que les musulmans s'organisent contre l'islamisme. C'est un problème de sécurité et de cohésion nationale. Le Président a réfléchi, sans tabou. Révision de la loi de 1905, concordat avec l'islam, tout a été regardé. L'intérêt de modifier un article de la loi de 1905 est technique, mais il est surtout politique. Il faut montrer que l'État agit. Pour autant, la loi ne fera pas tout. Ce sont les Français de confession musulmane qui doivent s'emparer du sujet.
 
Comment fait-on pour qu'une nouvelle organisation ne connaisse pas, comme le Conseil français du culte musulman, un défaut de représentativité et de légitimité ?
L'État ne va pas la faire naître à toute force, contrairement au CFCM. Son conseil d'administration sera composé de personnalités sans conflit d'intérêt. Ce conseil d'administration s'appuiera sur un conseil théologique pour définir les besoins en matière de religion. Cette organisation devra lutter contre les discriminations que connaissent les musulmans, pour ne pas laisser cette thématique aux islamistes. Enfin, il faudra absolument mobiliser contre le terrorisme et l'antisémitisme.
 
Que faut-il faire pour améliorer le niveau des imams ?
Avant d'améliorer la formation des imams, il faut les payer convenablement et leur donner une perspective de carrière. Un imam ne connaît jamais la progression de carrière dont peut bénéficier un prêtre, qui peut devenir évêque. C'est un problème pour l'image qu'ils ont dans la communauté. Ensuite, il faut sélectionner les bonnes personnes. Les imams doivent venir du coeur de la communauté et être jeunes. Les imams étrangers, cela fonctionnait avec les travailleurs immigrés de première génération. Maintenant, on en est à la troisième génération. Celle-ci se reconnaît dans les salafistes, parce que ce sont de jeunes Français qui parlent à de jeunes Français ! Enfin, il faut arrêter de dire qu'il est impossible de trouver des formateurs en France. Nos universités regorgent de spécialistes. Et il y a d'excellents théologiens en France.
 
Une réforme institutionnelle peut-elle vraiment endiguer la radicalisation ?
Non. Ce n'est pas l'organisation qui va parler aux jeunes. Il faut aller là où sont les jeunes et leur parler de religion. Il faut incarner le nouveau discours dans des visages, dans des contenus, accessibles. Plus on veut parler aux jeunes, moins il faut être institutionnel. Il faut un réseau de prédicateurs, de théologiens critiques, qui parlent en leur nom. Il ne s'agit pas d'institutionnaliser le discours. Le paradoxe, c'est que pour qu'émerge ce type d'organisation décentralisée, il faut une organisation centrale. C'est elle qui va permettre de récolter un maximum d'argent. Et de financer un contre-discours. 
 
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À lire d'Hakim El Karoui
Un islam français est possible (Institut Montaigne, 2016). 
L'Islam, une religion française (Gallimard, 2018). 
La Fabrique de l'islamisme (Institut Montaigne, 2018).
Hakim El Karoui 
Géographe, il est conseiller en stratégie et Senior Fellow à l'Institut Montaigne, un observatoire indépendant. Il a fondé en 2004 le Club XXIe siècle, qui rassemble des dirigeants issus de la diversité, avant de travailler pour la banque Rothschild et le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger.
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5Réforme de l'islam de France: Empty Re: Réforme de l'islam de France: le Lun 11 Fév - 20:26

Marmhonie

Marmhonie
MODERATEUR
MODERATEUR
Il y a les gilets jaunes qui ont tout bouleversé. Un islam de France n'est plus un sujet d'avenir, est-ce que Macron terminera sa présidence seulement, et quelle révolution violente qui dépasse déjà mai 68, couve ? De plus en plus, on se rapproche d'un nouveau 1789.

Vous devriez en parler, c'est une redistribution totale des cartes qui est en train de se jouer.

6Réforme de l'islam de France: Empty Re: Réforme de l'islam de France: le Dim 17 Fév - 18:27

papy

papy
Je ne vois pas vraiment le rapport avec l'Islam.

7Réforme de l'islam de France: Empty Re: Réforme de l'islam de France: le Mer 20 Fév - 17:57

Josué

Josué
Administrateur

[size=32]Tareq Oubrou : « L'urgence est de constituer une autorité religieuse élue »

Propos recueillis par Virginie Larousse - publié le 07/01/2019
Pour le recteur et imam de la Grande mosquée de Bordeaux, ce n'est pas à l'État qu'il revient de choisir une autorité musulmane instituée, mais à la base, en organisant des élections des imams au niveau local.
Réforme de l'islam de France: 7836_joel-saget-afp
© Joël Saget / AFP

 
À l'approche de la grande réforme annoncée par le président Macron, quels sont les grands défis qui se posent à l'islam en France ?
À mon avis, l'urgence est de constituer en France une autorité religieuse instituée, composée d'imams à la fois docteurs et pasteurs. Le CFCM, qui s'occupe de l'administration du culte, remplit des fonctions administratives et non religieuses à proprement parler. Il faudrait donc créer une autorité religieuse, équivalente au rabbinat de France ou au Conseil des évêques de France. Bien entendu, ce ne serait ni à l'État ni au CFCM de la désigner.
 
Il est question de remanier la loi de 1905. Cela vous pose-t-il un problème que l'État cherche à s'immiscer dans les affaires religieuses, ou trouvez-vous cela acceptable, voire souhaitable ?
Les religions ne sont pas extérieures à la République. L'expression religieuse et la gestion de la religion concernent le droit, la Constitution et la République. Il est normal que le politique et le législateur s'intéressent à ce fait de société qu'est l'islam. Du reste, la loi de 1905 a déjà été modifiée à de nombreuses reprises. Néanmoins, il ne s'agit pas pour l'État de s'immiscer dans les affaires théologiques, mais d'accompagner une installation paisible de l'islam de France. Modifier la loi de 1905 en l'absence d'une instance religieuse musulmane solide n'aurait pas l'effet escompté.
 
Justement, il se murmure que vous seriez pressenti pour devenir le Grand imam de France. Un commentaire ?
Cela me fait sourire ! Ce n'est pas une question de grand imam, de petit imam ou de micro-imam. L'enjeu est de disposer d'une autorité religieuse élue par les pairs et émanant de la base, en organisant des élections des imams au niveau local, régional, jusqu'à un Conseil national des imams de France. Il ne s'agit donc pas de désigner une personne particulière, par un quelconque gallicanisme républicain, antinomique au principe de laïcité. C'est bien aux imams, prédicateurs et canonistes de France qu'il reviendrait de choisir ce conseil, qui devra en outre être indépendant du CFCM - lequel a toujours mis à l'écart les imams ! Rappelons qu'un imam, étymologiquement et canoniquement, est celui qui dirige et guide la communauté. Pourtant, en France, sous prétexte qu'il n'y a pas de clergé en islam, on les relègue au second plan. Méprisés, ils sont subordonnés à des « séculiers » que sont les présidents d'associations et des fédérations. C'est anormal.
 
Tareq Oubrou est recteur et imam de la Grande mosquée de Bordeaux. Il est l'auteur de Ce que vous ne savez pas sur l'islam (Fayard, 2016).
 
Partagez-vous le constat des observateurs qui parlent d'une « islamisation » de certains quartiers ?
Il ne faut pas forcer le trait : il y a également une évangélisation des banlieues, où les Témoins de Jéhovah et les évangéliques, notamment, sont très actifs. Le vrai problème, dans ces territoires, c'est que les questions d'identité viennent se greffer sur ce qu'on appelle l'islam. On a parqué des gens de même origine, de même religion, dans un espace géographique commun, et on s'étonne aujourd'hui qu'il y ait un phénomène de communautarisation. Il existe aussi une communautarisation subie, qui est le fait d'une politique d'urbanisation ne respectant pas la mixité sociale. On parle de l'islamisation des banlieues, mais on ne parle jamais des musulmans qui quittent l'islam.
 
Qu'est-ce qui peut préserver l'islam des dérives fondamentalistes ?
Je pense que ces dérives sont en voie d'extinction : elles ne peuvent résister au phénomène de sécularisation qui travaille en profondeur les musulmans français, malgré des apparences parfois trompeuses. Le rapport des jeunes à l'islam est très superficiel. Je ne m'inquiète pas trop quant à l'essor de la radicalisation, mais je reste prudent, car il y a toujours un risque. La dynamique d'intégration fonctionne, même si le rythme n'est pas assez rapide. L'important, maintenant, c'est de minimiser les dégâts. Un discours d'apaisement est nécessaire, et les imams doivent être vigilants à ne pas accentuer la crise identitaire que traverse notre pays, en évitant les surenchères victimaires. On a besoin d'une théologie de l'altérité et de l'apaisement. 
 
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